MARCHÉ INS­TI­TU­TION MÉ­DIAS:

L’un des an­ciens di­rec­teurs de la ga­le­rie White Cube à Londres, Tim Mar­low a été nom­mé l’an der­nier di­rec­teur des pro­grammes ar­tis­tiques de la Royal Aca­de­my. À l’oc­ca­sion du lan­ce­ment de sa pro­gram­ma­tion avec l’ex­po­si­tion Ai Wei­wei (19 sep­tembre- 13 dé­cem

Art Press - - LA UNE - T. MAR­LOW

Fon­dée en 1768 par des ar­tistes et pour des ar­tistes, la Royal Aca­de­my re­groupe des salles d’ex­po­si­tions et une école d’art. Cette ins­ti­tu­tion lon­do­nienne au mo­dèle ori­gi­nal n’est pas fi­nan­cée par l’État et de­meure au­jourd’hui en­core in­dé­pen­dante. Elle a eu long­temps une image à la fois conser­va­trice et désuète, qui s’est re­nou­ve­lée à par­tir de la fin des an­nées 1990. Beau­coup de ses membres sont au­jourd’hui des ar­tistes in­ter­na­tio­na­le­ment re­con­nus : Ta­ci­ta Dean, Sean Scul­ly, Wolf­gang Till­mans, Ga­ry Hume, Gray­son Per­ry, An­to­ny Gorm­ley, Anish Ka­poor, Ron Arad, Za­ha Ha­did. En 2018, pour son 250e an­ni­ver­saire, ses deux ailes se­ront re­liées par un nou­veau bâ­ti­ment construit par l’ar­chi­tecte Da­vid Chip­per­field ; ce­la per­met­tra d’y ac­cueillir no­tam­ment un plus grand nombre d’ex­po­si­tions d’art contemporain. Tim Mar­low, son nou­veau di­rec­teur, a évo­qué avec nous son par­cours aty­pique et les nou­velles fron­tières du monde de l’art.

Com­ment la Royal Aca­de­my se po­si­tionne-t-elle par rap­port au monde de l’art

ac­tuel ? Jo­shua Rey­nolds et les autres membres fon­da­teurs de la Royal Aca­de­my vou­laient éle­ver l’art bri­tan­nique à un sta­tut in­ter­na­tio­nal en sui­vant le mo­dèle fran­çais de l’Aca­dé­mie des beaux-arts. On dit qu’Hen­ry Moore, dans les an­nées 1950, chan­geait de trot­toir pour évi­ter de pas­ser de­vant la Royal Aca­de­my que l’on ap­pe­lait « la pute de Pi­ca­dilly ». L’ins­ti­tu­tion avait des re­la­tions très conflic­tuelles avec les avant-gardes, mais à par­tir des an­nées 1970, ce­la a chan­gé. Nous vi­vons à pré­sent dans un monde plu­riel, dont on trouve le re­flet dans la Royal Aca­de­my. Il y a en­core beau­coup d’ar­tistes im­por­tants qui ne sont pas membres, comme Da­mien Hirst par exemple, et il a fal­lu at­tendre long­temps pour qu’An­tho­ny Ca­ro nous re­joigne, mais Ta­ci­ta Dean, Tra­cey Emin ou Ga­ry Hume sont membres, et beau­coup d’autres as­pirent à le de­ve­nir. Dans notre monde post­mo­derne, il est dif­fi­cile de par­ler de re­cherche de pointe en art contemporain. La Royal Aca­de­my, contre la­quelle le 20e siècle a été tel­le­ment en op­po­si­tion, fait au­jourd’hui par­tie du monde de l’art, au lieu d’en être l’en­ne­mi. Dans une in­ter­view au Guar­dian l’an­née der­nière, j’ai dit que la Royal Aca­de­my était « lé­gè­re­ment in­com­prise, lé­gè­re­ment sous-es­ti­mée, et lé­gè­re­ment an­ti-es­ta­blish­ment ». Beau­coup de gens se sont ré­criés : « Com­ment peut-elle être an­ti-es­ta­blish­ment, puis­qu’il y a « royal » dans son nom! » Ce­la est dû au fait que nous n’avons pas de fi­nan­ce­ment pu­blic et, s’il y a un cô­té es­ta­blish­ment à la Royal Aca­de­my, alors croyez-moi, il y a aus­si un cô­té an­ti-es­ta

blish­ment car c’est une ins­ti­tu­tion saine dans la­quelle le dé­bat est fré­quent !

Que si­gni­fie, pour des ar­tistes an­glais, d’être aca­dé­mi­ciens ? Qu’est-ce que ce­la

leur ap­porte? D’abord, ils mettent le titre RA après leur nom! Des ar­tistes ont fon­dé la Royal Aca­de­my et la di­rigent ; c’est leur ins­ti­tu­tion. Ils siègent au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion et dans des co­mi­tés. Ils peuvent mon­trer le tra­vail d’autres ar­tistes à la tra­di­tion­nelle Sum­mer Ex­hi­bi­tion (1) qui ac­cueille les can­di­da­tures libres. Leur propre tra­vail est ex­po­sé. Ce­la les as­so­cie à une cer­taine his­toire et les rap­proche d’une com­mu­nau­té d’ar­tistes mais aus­si d’ar­chi­tectes – un groupe pa­ral­lèle très in­té­res­sant

bien qu’un peu né­gli­gé, et qui va bien­tôt avoir un rôle nou­veau en rai­son des tra­vaux pré­vus pour re­lier les deux ailes du bâ­ti­ment. Ces ar­chi­tectes ont moins de pré­ju­gés sur la ques­tion des avant-gardes, et moins d’états d’âme à de­ve­nir membre, no­tam­ment parce que beau­coup d’entre eux sont heu­reux d’être consi­dé­rés comme des ar­tistes.

Vous par­lez d’avant-garde. Il est éton­nant de pen­ser que c’est ici même que s’est te­nue Sen­sa­tion (1997), des Young Bri­tish Ar­tists. La Royal Aca­de­my est-elle en­core

un lieu poin­tu ? Cette ex­pres­sion est vrai­ment dé­pas­sée. Et puis Sen­sa­tion n’était pas une ex­po­si­tion si poin­tue que ce­la. Elle a été très im­por­tante mais elle est ar­ri­vée à la fin d’une dé­cen­nie au cours de la­quelle ces ar­tistes, qui d’ailleurs ne for­maient pas vrai­ment un groupe, avaient tous ac­quis une ré­pu­ta­tion in­ter­na­tio­nale. Ce­la les a fait connaître à un plus large pu­blic bri­tan­nique, ce qui a été très im­por­tant. Mais c’était une ex­po­si­tion op­por­tu­niste : la Royal Aca­de­my avait un vide dans son pro­gramme d’ex­po­si­tions, et ils de­vaient une fa­veur à Charles Saat­chi qui avait sou­te­nu l’ins­ti­tu­tion. J’aime beau­coup Nor­man Ro­sen­thal (2), à l’époque di­rec­teur de la Royal Aca­de­my et com­mis­saire de l’ex­po­si­tion, et je me consi­dère même comme l’un de ses pro­té­gés, mais il faut se rendre compte qu’il n’a pas été vi­sion­naire au sens où il au­rait sou­dain dé­ci­dé de mon­trer l’art contemporain bri­tan­nique, il a eu l’in­tel­li­gence de sai­sir l’oc­ca­sion quand elle s’est pré­sen­tée. Ce­la a aus­si ai­dé à chan­ger l’at­ti­tude du pu­blic en­vers la Royal Aca­de­my, à fa­vo­ri­ser l’idée que les ar­tistes pour­raient avoir en­vie de re­joindre ce lieu. Je mets le terme d’avant-garde entre guillemets. À la fin du 19e siècle, l’Aca­de­my était consi­dé­rée comme ce contre quoi se bat­tait l’« avant­garde », un mo­dèle du 20e siècle. Au­jourd’hui nous ne croyons plus à l’avant-garde. Ici, il n’y a pas une mais quinze avant-gardes. Il n’y au­rait au­cun in­té­rêt à es­sayer de re­faire

Sen­sa­tion. Avec toutes les bien­nales, le monde de l’art fait le point sur lui-même tous les deux mois. Chaque ex­po­si­tion d’en­ver­gure in­ter­na­tio­nale tente d’iden­ti­fier une ten­dance. Il n’y au­rait pas de plus en­nuyeux gâ­chis de ces beaux es­paces de la Royal Aca­de­my que d’es­sayer d’y faire une ex­po­si­tion dé­ci­sive sur un as­pect de l’art contemporain. Je veux tra­vailler avec les ar­tistes d’une autre ma­nière. Jen­ny Saville vient par exemple d’être com­mis­saire d’une salle dans une ex­po­si­tion sur Ru­bens. Je veux aus­si que nous tra­vail­lions avec des col­lec­tions d’ar­tistes.

L’idée qu’il n’y a plus d’avant-gardes me fait pen­ser à ce goût très ac­tuel pour les re­dé­cou­vertes de fi­gures his­to­riques. Or la Royal Aca­de­my est jus­te­ment très an­crée

dans son his­toire. La Royal Aca­de­my n’est pas plus ob­sé­dée par son his­toire que n’im­porte quelle ins­ti­tu­tion. Quand elle a été fon­dée ou même il y a soixante-dix ans, per­sonne n’au­rait pu dire où nous en sommes au­jourd’hui, sauf à ex­pri­mer l’es­poir qu’elle soit tou­jours gou­ver­née par des ar­tistes et des ar­chi­tectes. Et c’est la même chose pour l’école et les 57 étu­diants ; la Royal Aca­de­my est un en­droit où l’art se fait, au­tant qu’il se montre et qu’il est dis­cu­té. Nous avons tou­jours mon­tré de l’art contemporain – même si ce n’a pas tou­jours été le plus in­té­res­sant. En 2018, pour le 250e an­ni­ver­saire de la Royal Aca­de­my, je m’in­té­res­se­rai à ce qui a été mon­tré ici. Et puis aus­si bien sûr à l’ave­nir. Cette an­née c’est Mi­chael Craig-Mar­tin qui est le « chef ac­cro­cheur » ( chief-han­ger) de la

Sum­mer Ex­hi­bi­tion. Il est un mer­veilleux com­mis­saire d’ex­po­si­tion et a joué un grand rôle dans la ma­nière dont l’art contemporain bri­tan­nique a évo­lué au cours des vingt der­nières an­nées. Il est aus­si un ar­tiste sous-es­ti­mé. Il au­ra tout de même à tra­vailler avec les can­di­dats libres ; il y au­ra comme chaque an­née de folles pein­tures de chats, des aqua­relles d’ama­teurs, et des cé­lé­bri­tés qui en­voient des dos­siers sous un faux nom. Mais la qua­li­té des can­di­da­tures qu’il a sé­lec­tion­nées ren­dra l’ex­po­si­tion in­té­res­sante.

Et qu’en est-il des col­lec­tions et des ac­qui

si­tions ? Quand un ar­tiste est élu aca­dé­mi­cien, il donne une oeuvre. Il y a aus­si quelques ac­qui­si­tions et do­na­tions : de mer­veilleuses es­quisses à l’huile de Constable ont par exemple été ache­tées. Nous avons re­çu le don d’un très beau tondo deMi­chel Ange; nous avons la seule sculp­ture de lui au Royaume Uni, ain­si que la meilleure co­pie de la Cène de Léo­nard de Vin­ci par Gian­pie­tri­no, l’un de ses col­la­bo­ra­teurs– elle nous a été don­née parce que nous sommes une école. Nous avons aus­si des archives im­por­tantes et une bi­blio­thèque. C’est une col­lec­tion sous-es­ti­mée, très liée à l’his­toire du lieu. Au­jourd’hui, il n’y a pas de bud­get pour des ac­qui­si­tions.

Je suis tou­jours sur­prise de la pré­sence de la Pace Gal­le­ry à l’ar­rière de la Royal Aca

de­my. Ce­la s’est dé­ci­dé avant mon ar­ri­vée. Pace Gal­le­ry est une ga­le­rie très in­té­res­sante, ils ont une his­toire et tra­vaillent avec beau­coup d’ins­ti­tu­tions. Nous sommes une struc­ture pri­vée; ce bâ­ti­ment à l’ar­rière a été très cher à ac­qué­rir; c’est un mor­ceau du fu­tur cam­pus que nous al­lons développer. Ac­tuel­le­ment, ils ont une très bonne ex­po­si­tion de Robert Fra­ser, et ils ont ins­tal­lé une sculp­ture de Du­buf­fet à l’ex­té­rieur – Du­buf­fet était un­membre ho­no­raire. Ce qu’ils montrent ne fait pas par­tie du pro­gramme de la Royal Aca­de­my, mais c’est un mo­dèle in­té­res­sant. Ce sys­tème, dans le­quel la Royal Aca­de­my loue ses es­paces à une ga­le­rie com­mer­ciale, ne pour­ra pro­ba­ble­ment pas du­rer, mais ce­la a été jus­qu’à main­te­nant une bonne col­la­bo­ra­tion et une bonne chose pour nos vi­si­teurs.

ENTRE LE MARCHÉ ET L’INS­TI­TU­TION Il y a au­jourd’hui des ga­le­ries et des col­lec­tion­neurs stars, qui sont si puis­sants qu’ils « font » le marché. Pen­sez-vous que les mu­sées et les bien­nales puissent en­core

être pres­crip­teurs? C’est une ques­tion très com­pli­quée. La ma­nière dont le goût se forme évolue en per­ma­nence. Mais par rap­port au siècle der­nier, la si­tua­tion n’est pas si dif­fé­rente de ce que l’on croit: Charles 1er a uti­li­sé des agents à Ve­nise pour ache­ter des oeuvres; Ru­bens s’est com­por­té en homme d’af­faires et im­pre­sa­rio; le jeune ga­le­riste Paul Du­rand-Ruel a sou­te­nu à lui seul le mou­ve­ment im­pres­sion­niste… Mais c’est une bonne ques­tion qui mé­rite une meilleure ré­ponse. Les bien­nales et les mu­sées dé­pendent trop sou­vent du sou­tien fi­nan­cier des grandes ga­le­ries. Ce n’est pas un ju­ge­ment mo­ral, c’est que je m’en in­quiète. Ce­la vau­drait la peine d’es­sayer de mettre en place du mé­cé­nat, une chose dans la­quelle je crois en tant que com­mis­saire d’ex­po­si­tion. En même temps, le marché de l’art se re­nou­velle en per­ma­nence et il existe aus­si des ar­tistes qui ne font pas par­tie de ces über ga­le­ries. Cu­rieu­se­ment, elles re­pré­sentent beau­coup d’ar­tistes qui peuvent eux­mêmes très bien me­ner leur car­rière tout seuls. J’ai un im­mense res­pect pour Lar­ry Ga­go­sian qui a ou­vert qua­torze es­paces fan­tas­tiques pour ses ar­tistes (3), mais je ne suis pas sûr que ce mo­dèle soit viable dans le temps. Si j’étais un ar­tiste ma­jeur, je ne vou­drais pas être re­pré­sen­té par une ga­le­rie, mais que plu­sieurs ga­le­ristes tra­vaillent pour moi – comme Jeff Koons et Da­mien Hirst.

Il n’y a pas une seule ré­ponse à votre ques­tion. Cer­tains col­lec­tion­neurs mènent la danse et per­sonne ne peut contrô­ler l’émer­gence constante et vi­tale de nou­veaux ta­lents – pas for­cé­ment des jeunes d’ailleurs. Les in­di­ca­teurs éco­no­miques pré­voyaient que le marché al­lait s’ef­fon­drer ; ce se­ra peut-être le cas, mais ce ne se­ra pas propre au marché de l’art, plu­tôt une ques­tion de ca­pi­ta­lisme de marché tardif. Il n’y a pas un mais plu­sieurs mar­chés de l’art. En pé­riode de ré­ces­sion, c’est le centre qui est tou­ché; la par­tie haute peut s’of­frir d’être pa­tiente et la par­tie émer­gente y trouve en gé­né­ral un grand élan.

Les ga­le­ries ont-elles se­lon vous un rôle

d’édu­ca­tion ? Je me ré­jouis que les ga­le­ries or­ga­nisent des confé­rences. Per­sonne ne fait comme si c’était par al­truisme ; c’est un mo­dèle éco­no­mique pour at­ti­rer les meilleurs ar­tistes et avoir un plus fort en­ga­ge­ment avec le pu­blic. Par ailleurs, je trouve que les foires ressemblent de plus en plus aux bien­nales, et les bien­nales aux foires parce qu’elles dé­pendent des ga­le­ries pour leur fi­nan­ce­ment.

MÉ­DIA ET INS­TI­TU­TION

Vous avez aus­si pra­ti­qué le jour­na­lisme et par­fois la cri­tique d’art. Est-il na­tu­rel en An­gle­terre de faire par­tie en même temps ou suc­ces­si­ve­ment des mé­dias, du mar

ché et de l’ins­ti­tu­tion ? … di­sons plu­tôt com­men­ta­teur. Le rôle d’un cri­tique d’art est d’être cri­tique. C’est une chose im­por­tante, pure, et qui re­lève par­fois même de la vo­ca­tion pour les meilleurs d’entre eux. Or je ne me suis ja­mais vu dans ce rôle. Je suis his­to­rien de l’art de for­ma­tion, j’ai en­sei­gné, j’ai tra­vaillé avec des ar­tistes, et il ne me semble pas in­con­gru que ma car­rière ait pris dif­fé­rentes di­rec­tions. Pour au­tant, il n’est pas très ty­pique de faire des al­lers et re­tour­sentre le marché et l’ins­ti­tu­tion. J’ai fon­dé le ma­ga­zine de la Tate en 1993. En­suite, j’ai tra­vaillé avec Jay Jo­pling à White Cube. Et je re­viens au­jourd’hui à l’ins­ti­tu­tion. Il y a d’autres gens à qui c’est ar­ri­vé : Em­ma Dex­ter qui était conser­va­trice à la Tate avant de de­ve­nir di­rec­trice de la ga­le­rie Ti­mo­thy Tay­lor, et qui est main­te­nant chef des arts vi­suels au Bri­tish Coun­cil. Mark Fran­cis, John El­der­field, John Ri­chard­son aus­si, et ils ont gar­dé leur in­dé­pen­dance. Ce se­ra plus souple à l’ave­nir.

Ci-des­sous / be­low: Ga­le­rie n°3 de la « Sum­mer Ex­hi­bi­tion » 2015. (© D. Par­ry, Royal Aca­de­my of Arts). Gal­le­ry III of the Sum­mer Ex­hi­bi­tion 2015 Page de droite / page right: Vue de la salle de lec­ture. (Ph. J. Bod­kin, Daw­kins Co­lour © Royal Aca­de­my of Arts). View of the Lec­ture Room

Tim Mar­low. (Ph. J. Shand Kydd)

Tra­cey Emin CBE RA. « Rab­bit ». 2015. Gra­vure po­ly­mère. 20 x 15 cm. Ed de 50 (© T. Emin. All rights re­ser­ved, DACS 2015).

(Les deux images Court. A. Cris­tea Gal­le­ry)

De haut en bas/ from top: Ian Da­ven­port. « Du­plex Et­ching: Grey, La­ven­der From Du­plex Et­chings ». 2014. Pa­pier : 116 x 112,5 cm Image: 98,5 x 96,5 cm. (Court. Ian Da­ven­port et A. Cris­tea Gal­le­ry). 4 et­chings with chine col­lé on Hah­nemühle Bright White 300 gsm pa­per Mi­chael Craig-Mar­tin. « So­fa ». From: « Light ». 2013. 6 cais­sons lu­mi­neux LED, images di­gi­tales im­pri­mées sur acry­lique. 60 x 60 cm. 6 LED light­boxes with images di­gi­tal­ly printed on acry­lic

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