Glenn Brown

Art Press - - REVIEWS - Phi­lippe Pi­guet

Ga­le­rie Max Hetz­ler / 5 sep­tembre - 10 oc­tobre 2015 À pre­mière vue, les des­sins de Glenn Brown s’offrent à voir dans un im­bro­glio de traits et de touches qui n’en rendent pas vrai­ment fa­cile la lec­ture. À l’ins­tar de ses ta­bleaux, dont les su­jets sont vo­lon­tiers brouillés dans la ma­tière mag­ma­tique de la pein­ture. Ce fai­sant, Brown nous in­vite à por­ter un re­gard ap­puyé à ses des­sins, à leur don­ner du temps. Aus­si, on y dis­cerne des in­dices per­met­tant de dé­ce­ler cer­tains élé­ments fi­gu­rés comme des yeux, un nez, une bouche... L’art de Glenn Brown est re­quis par l’hu­main, et le des­sin est l’oc­ca­sion de ten­ter d’en dire une pré­sence en se ré­fé­rant aux oeuvres ma­gis­trales de cer­tains de ses aî­nés qui le fas­cinent. Il em­prunte ici un pied à Men­zel, là une fi­gure fou­gueuse à De­la­croix, là en­core un vi­sage tout à la fois à Greuze et à Jor­daens pour en su­per­po­ser les traits dans un la­cis im­pro­bable. Comme il em­ploie le plus sou­vent des feuilles de po­ly­pro­py­lène qui sont par na­ture trans­pa­rentes, Brown se com­plaît à y des­si­ner des deux cô­tés, ex­cé­dant de la sorte le prin­cipe de su­per­po­si­tion des images, cher à Pi­ca­bia. Le mou­ve­ment presque agi­té de son trait, sa ner­vo­si­té et son ap­pa­rente ra­pi­di­té d’exé­cu­tion ren­voient à l’es­thé­tique de Hans Bell­mer, d’au­tant qu’il y va d’une ur­gence, voire d’une pa­nique, comme si Glenn Brown quê­tait dans cet exer­cice gra­phique quelque chose d’es­sen­tiel, une vi­ta­li­té de l’être. Quelque chose d’exis­ten­tiel, peut-être ? At first sight Glenn Brown’s dra­wings seem to be an en­tan­gle­ment of lines and strokes. They are not ea­sy to read. Like his pain­tings, whose sub­jects are de­li­be­ra­te­ly blurred by the mag­ma­tic paint. In this way he in­vites us to look more clo­se­ly, to give them more time. We find clues that al­low us to make out fi­gu­ral ele- ments such as eyes, a nose and a mouth. Brown pays at­ten­tion to hu­man de­tails, and in ma­king that hu­man pre­sence felt his dra­wings in­voke mas­ter­works by pre­vious pain­ters who fas­ci­nate him. He can bor­row a foot from Men­zel, a li­ve­ly fi­gure from De­la­croix, a face re­cal­ling Greuze and Jor­daens si­mul­ta­neous­ly. These traits are su­per­im­po­sed to form an im­pro­bable lat­ti­ce­work. He likes to draw on both sides of the na­tu­ral­ly trans­parent sheets of po­ly­pro­py­lene he of­ten uses, out­doing Pi­ca­bia in the trans­po­si­tion of images. The restless mo­ve­ment of his line, its jer­ki­ness and the ap­pa­rent ra­pi­di­ty of the exe­cu­tion bring to mind the aes­the­tics of Hans Bell­mer, es­pe­cial­ly in terms of a sense of ur­gen­cy and even pa­nic, as if for Brown this gra­phic exer­cise re­pre­sen­ted a quest for es­sence, a vi­ta­li­ty of being— so­me­thing exis­ten­tial?

Translation, L-S Tor­goff

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