Alexandre Maubert

Art Press - - REVIEWS - Ju­lie Crenn

Ga­le­rie Es­cou­gnou-Ce­tra­ro / 19 sep­tembre - 31 oc­tobre 2015 Quand les images prennent po­si­tion. Le titre de l’ou­vrage de Georges Di­di-Hu­ber­man pour­rait syn­thé­ti­ser la ré­flexion d’Alexandre Maubert qui vit et tra­vaille en France et au Ja­pon. Il pré­sente une pre­mière ex­po­si­tion mo­no­gra­phique dont le titre est em­prun­té à Jean-Luc Go­dard, To Go to­wards the light and shine it on our night. Un apho­risme qui ré­sonne comme un prin­cipe fon­da­teur du ci­né­ma qu’Alexandre Maubert ap­plique à son champ de re­cherche. La lu­mière et la nuit consti­tuent la trame du par­cours ryth­mé par un en­semble de pho­to­gra­phies en noir et blanc, de pein­tures aux cou­leurs irradiantes et de vo­lumes. Au Ja­pon, l’ar­tiste ré­flé­chit à tout ce qui fa­çonne une iden­ti­té cultu­relle et une his­toire com­mune. Pour ce­la, il ana­lyse les mé­ca­nismes et les pro­ces­sus non seule­ment de l’écri­ture de l’his­toire, mais aus­si ses modes de trans­mis­sion. Il prend le pouls po­li­tique des images et s’en­gage vers les creux du ré­cit. Il pho­to­gra­phie des lieux, des sites té­moins d’évé­ne­ments com­plexes et trau­ma­tiques : la fo­rêt d’Ao­ki­ga­ha­ra au pied du mont Fu­ji où, de­puis les an­nées 1950, les sui­cides se mul­ti­plient ; le mo­nu­ment aux mères (les femmes qui se sont sui­ci­dées à la suite du­dé­cès de leur ma­ri pen­dant et après la Se­conde Guerre mon­diale) ; la com­mé­mo­ra­tion de la bombe ato­mique ou en­core le sanc­tuaire shin­to de Ya­su­ku­ni à To­kyo, où les cri­mi­nels de la Se­conde Guerre ont été di­vi­ni­sés. Ain­si, les oeuvres at­testent de non­dits, d’his­toires à com­plé­ter, à re­dé­fi­nir et à trans­mettre. “When images take a po­si­tion” is the title of a work by Georges Di­diHu­ber­man that could sum up the ideas of Alexandre Maubert, who lives and works in France and Ja­pan. That said, the title of his first so­lo show, To Go to­wards the light and shine it on our night, is ta­ken from Jean-Luc Go­dard. The apho­rism evokes the foun­ding prin­ciple of ci­ne­ma, which Maubert ap­plies to his own ar­tis­tic re­search. Light and dark­ness struc­ture this se­quence with its black-and-white pho­to­graphs, ra­diant­ly co­lo­red pain­tings and three-di­men­sio­nal forms. In Ja­pan, Maubert is in­ter­es­ted in all the things that sculpt a cultu­ral iden­ti­ty and sha­red sense of his­to­ry. He stu­dies not on­ly the wri­ting of his­to­ry but al­so the way it is sha­red. He takes the po­li­ti­cal pulse of images and probes the emp­ty spots of nar­ra­tive, pho­to­gra­phing places and sites where complex or trau­ma­tic events oc­cur­red: the Ao­ki­ga­ha­ra Fo­rest at the foot of Mount Fu­ji, scene of gro­wing num­bers of sui­cides since the 1950s; the mo­thers me­mo­rial (to wo­men who killed them­selves when their hus­bands died in World War II); the commemoration of the atomic bomb; and the Ya­su­ku­ni Shin­to sh­rine in To­kyo, where the cri­mi­nals of World War II were dei­fied. These works speak of the uns­po­ken, of un­fi­ni­shed sto­ries that must be re­de­fi­ned and pas­sed on.

Trans­la­tion, C. Pen­war­den

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