LE NOIR EST UNE COU­LEUR

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quoi il touche au réel avec une im­pres­sion­nante ef­fi­ca­ci­té, en quoi il aide à la com­pré­hen­sion du pire quand l’homme en est la proie, comme vic­time, ou comme bour­reau. der­nier pré­sident du con­seil juif de The­re­siens­tadt. Comme les membres des Son­der­kom­man­do, il fut un de ces juifs qui furent contraints par la force de co­opé­rer avec les na­zis. Sa chance, en même temps que sa tra­gé­die, fut qu’il a été le seul de sa com­mu­nau­té à res­ter en vie. Ce fut donc, une fois de plus, à une des formes du pire que s’af­fron­tait Claude Lanz­mann, celle d’un homme qui eut à por­ter la ter­rible ac­cu­sa­tion d’avoir été un col­la­bo­ra­teur des na­zis dans leur mise en oeuvre de la so­lu­tion fi­nale. Ce n’est donc pas sans cou­rage que Claude Lanz­mann en­tre­prit d’en dé­fendre la mé­moire. Le Der­nier des in­justes est à l’ori­gine du livre qu’il vient de pu­blier, où sont réunis le scé­na­rio du film et un grand nombre de pho­to­grammes. À si­gna­ler la pa­ru­tion d’un vo­lu­mi­neux ca­ta­logue, Re­tour sur l’abîme, sous-ti­tré l’Art à l’épreuve du gé­no­cide (édi­tions Mare & Martin), qui ac­com­pagne une ex­po­si­tion co­pro­duite par le centre ré­gio­nal d’art contem­po­rain de Mont­bé­liard et les Mu­sées de Bel­fort. On y trouve des textes de Jean-Ch­ris­tophe Bailly, Pierre Wat, Hé­lène Cixous… Éga­le­ment, chez Gal­li­mard, de Georges Di­di-Hu­ber­man, un « es­sai sur le dra­pé-dé­sir », Nin­fa flui­da.

László Nemes. « Le Fils de Saul ». Film. Avec Gé­za Röh­rig (Saul). (Court. Ad Vi­tam)

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