An­née France-Co­rée

Art Press - - EXPOSITIONS -

Origin Ga­le­rie Per­ro­tin / 9 jan­vier - 27 fé­vrier ; Han Mook et Lee Un­gno Le Con­sor­tium / 30 oc­tobre 2015 - 24 jan­vier 2016 ; Dan­sae­kh­wa et l’abs­trac­tion co­réenne Fon­da­tion Bo­ghos­sian / 20 fé­vrier - 24 avril 2016 L’an­née France-Co­rée fa­ci­li­tant les choses, un cer­tain nombre d’ex­po­si­tions viennent ap­por­ter un éclai­rage sur la créa­tion contem­po­raine co­réenne, mal connue en Eu­rope. Il s’agit plus par­ti­cu­liè­re­ment de celle qui s’est dé­ve­lop­pée dans les an­nées 1970, au­tour des deux prin­ci­paux mou­ve­ments d’avant-garde de l’époque, Origin et Dan­sae­kh­wa. Le tra­vail de ces ar­tistes se ca­rac­té­rise par une fas­ci­na­tion pour l’abs­trac­tion, des com­po­si­tions raf­fi­nées au cor­deau, flir­tant même, pour cer­tains, avec le mo­no­chrome qu’ils ont re­vi­si­té dans toutes ses nuances. C’est le cas de l’ex­po­si­tion Origin qui pré­sente no­tam­ment Lee Seung-Jio et ses vi­bra­tions chro­ma­tiques aux dif­fé­rentes gammes de noirs, da­tant du mi­lieu des an­nées 1970, sous le titre de Nu­cleus. Tous ces ar­tistes uti­lisent des titres gé­né­riques cor­res­pon­dant aux grands cycles de leur tra­vail ; ils dé­voilent leur rap­port au temps fait de dis­tan­cia­tion et d’ex­pé­ri­men­ta­tion me­su­rée du sup­port pic­tu­ral. Ain­si la sé­rie des plans su­per­po­sés de Suh Seung-Won s’in­ti­tule Si­mul­ta­nei­ty et s’étend de 1973 à 1989, alors que Choi Myoung-Young a choi­si comme in­ti­tu­lé pour ses deux en­sembles Si­gn of Equa­li­ty et Con­di­tio­nal Play, cette se­conde sé­rie se ré­vé­lant la plus convain­cante avec ses encres noires à la den­si­té pic­tu­rale. Nés au dé­but des an­nées 1940, ces trois ar­tistes ont donc vé­cu les grands sou­bre­sauts qui ont du­ra­ble­ment mar­qué leur pays (la co­lo­ni­sa­tion ja­po­naise, la guerre de Co­rée et la ré­vo­lu­tion de 1960). Le moins que l’on puisse dire est que ces trau­ma- tismes ne se re­flètent en rien dans leur tra­vail qui pa­raît d’une sé­ré­ni­té aus­si ab­so­lue que leur groupe créé en 1962 et tou­jours ac­tif. En ré­ac­tion aux aca­dé­mismes de l’époque, et no­tam­ment à une abs­trac­tion dite chaude, leurs oeuvres prônent la « pla­néi­té de la pein­ture ». Elles ne dé­parent pas les pra­tiques si­mi­laires alors en cours aux États-Unis et en Eu­rope, mais la sé­lec­tion pré­sen­tée à Pa­ris, en ne se concen­trant que sur quelques an­nées, ne nous offre qu’un aper­çu, certes de qua­li­té, mais sans doute in­com­plet de leurs réa­li­sa­tions. Il en va tout au­tre­ment pour les deux peintres mo­der­nistes co­réens dont des en­sembles consé­quents viennent d’être ex­po­sés au Con­sor­tium à Di­jon : Lee Un­gno (1904-1989),

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