Émi­lie Pa­ren­deau

Art Press - - EXPOSITIONS -

Mam­co / 24 fé­vrier - 1er mai 2016 Après l’Ex­po­si­tion ne tombe pas du ciel (ex­plo­ra­tion du tra­vail de Claude Ru­tault), à Va­lence en 2014, Émi­lie Pa­ren­deau a choi­si, pour son ex­po­si­tion au Mam­co, de tra­vailler avec ce qui est « dé­jà là » : les col­lec­tions du mu­sée et le cadre de leurs expositions. Le par­cours mo­di­fie la cir­cu­la­tion ha­bi­tuelle : une cloi­son vi­trée di­vise la Suite ge­ne­voise en deux. L’ac­cro­chage dé­cline ce même prin­cipe de dé­dou­ble­ments et d’échos. L’ex­po­si­tion dé­bute avec une oeuvre de Lu­cia­no Fa­bro : des jour­naux po­sés au sol ré­vèlent l’es­pace au­tant qu’ils l’oc­cultent. Une pein­ture mu­rale au ver­nis trans­pa­rent de John Arm­le­der s’ins­crit dans cette dia­lec­tique de re­cou­vre­ment et de ré­vé­la­tion. Trois pein­tures sont lit­té­ra­le­ment re­tour­nées et ex­hibent leurs qua­li­tés sculp­tu­rales. Nour­rie par l’es­prit Fluxus, Émi­lie Pa­ren­deau re­joint le trio avec une par­ti­ci­pa­tion si­len­cieuse : une oeuvre dis­si­mu­lée par un cache en car­ton. Plus loin, une fe­nêtre a été per­cée ; l’ex­pres­sion « on ver­ra bien » se re­flète dans un mo­no­chrome chro­mé de Ch­ris­tian Ro­bert-Tis­sot et les dés de cou­leurs de Ro­bert Filliou sont sus­pen­dus dans des pa­niers à écre­visses. Dans cette ex­po­si­tion qui donne aux oeuvres et au mu­sée « un coup de jeu­nesse », la ma­té­ria­li­té du quo­ti­dien et l’abs­trac­tion, la tau­to­lo­gie et le monde ex­té­rieur co­ha­bitent. En pleine pé­riode de trans­for­ma­tion de l’ins­ti­tu­tion, la pro­po­si­tion pose éga­le­ment la ques­tion de sa­voir comment s’ef­fec­tue­ra dé­sor­mais ce va-et-vient entre formes de la mé­moire et formes en de­ve­nir.

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