PHI­LIPPE SOLLERS le ro­man au plus-que-pré­sent

Art Press - - LIVRES - Phi­lippe Fo­rest

Phi­lippe Sollers Mou­ve­ment Gal­li­mard Au fond, qu’est-ce qu’un ro­man de Phi­lippe Sollers ? Mou­ve­ment, le der­nier et, se­lon Phi­lippe Fo­rest, le meilleur par­mi les plus ré­cents, brouille les cartes et per­met de re­lire d’un oeil neuf l’en­semble de l’oeuvre.

On sait ce qu’est un ro­man et quelles règles ceux qui pré­tendent en écrire doivent suivre. Il existe des ex­cep­tions, bien sûr, plus nom­breuses qu’on ne le croit et toutes si di­verses qu’il se­rait bien com­pli­qué de dire ce qu’elles ont éven­tuel­le­ment en com­mun. On les re­con­naît en gé­né­ral à l’em­bar­ras dans le­quel elles plongent un com­men­taire qui ne sait ni qu’en faire, ni qu’en dire et s’em­ploie donc à les pas­ser sous si­lence – quitte à don­ner à ce si­lence l’al­lure ba­varde d’un hom­mage creux et ex­pé­di­tif. Il en va ain­si avec l’oeuvre de Phi­lippe Sollers. Par­ler hon­nê­te­ment de son nou­veau livre – quel que soit l’a prio­ri fa­vo­rable ou dé­fa­vo­rable avec le­quel on l’ap­proche – obli­ge­rait d’abord à prendre acte de la dif­fi­cul­té qu’il y a à en rendre compte en usant des ca­té­go­ries cri­tiques ha­bi­tuelles. Car, pour dire les choses de ma­nière un peu bru­tale et pro­vo­cante, Mou­ve­ment ne res­semble à rien. Je veux dire de ce livre qu’il ne res­semble à au­cun de ceux qui passent dé­sor­mais pour des romans. Et c’est bien sûr un pre­mier point qui plaide pour lui. Mais, sur­tout, il ne res­semble même pas à ce que l’on s’ima­gine être, ou de­voir être, un ro­man de Sollers. Et c’est évi­dem­ment ce se­cond point qui mé­rite l’at­ten­tion si l’on doit trai­ter de ce livre sans se conten­ter de re­cy­cler rou­ti­niè­re­ment ce qui a dé­jà été dit cent fois des pré­cé­dents.

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