LA NUIT DES ORI­GINES

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L’Ex­pé­rience intérieure est l’ex­pé­rience d’une nuit que Georges Ba­taille par­court sans en at­teindre les li­mites. Cette nuit, dans le sillage de Nietzsche, est pour lui le moyen d’ac­cé­der à un « non-sa­voir », qui n’est pas l’ab­sence de sa­voir, mais la ré­fu­ta­tion de toute lo­gique dis­cur­sive vi­sant une dé­mons­tra­tion ra­tion­nelle. Dé­cri­vant la nuit comme un prin­cipe fé­mi­nin, pour ne pas dire mys­tique, il écrit : « En ELLE tout s’ef­face, mais, exor­bi­té, je tra­verse une pro­fon­deur vide, et la pro­fon­deur vide me tra­verse, moi. En ELLE, je com­mu­nique avec l’inconnu ». C’est par la nuit que nous en­trons dans l’ex­po­si­tion et ce­la d’une double ma­nière. Tout d’abord, le prin­cipe noc­turne a par­tie liée avec les ori­gines de l’oeuvre d’art : Clé­ment Cogitore se ré­fère aux grottes de Las­caux ana­ly­sées par Ba­taille, pen­dant que Marguerite Duras fait l’éloge des mains né­ga­tives des grottes mag­da­lé­niennes. Cette nuit est donc une nuit des images, et l’art de la pho­to­gra­phie pos­sède peut-être, plus que tout autre, la ca­pa­ci­té de ré­vé­ler et d’obs­cur­cir à la fois. Ain­si Pia Rondé et Fa­bien Saleil se jouent d’images en per­pé­tuelles re­con­fi­gu­ra­tions pen­dant que Daisuke Yokota at­teint les li­mites de l’in­vi­sible. En­fin, avec Frédéric D. Oberland, cette nuit ou­verte à tous les sens se tra­verse comme un la­by­rinthe so­nore et dan­tesque. LB

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