L’an­glais bien­tôt ban­ni de Bruxelles ?

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Bruxelles (Bel­gique) De notre cor­res­pon­dante JU­LIE MAJERCZAK

L’USAGE de la langue an­glaise va-til dis­pa­raître des ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes ? Alors qu’elle est ul­tra-do­mi­nante chez les fonc­tion­naires et res­pon­sables eu­ro­péens, le Brexit pour­rait re­mettre en cause son sta­tut de langue of­fi­cielle. Hier, con­trai­re­ment à ses ha­bi­tudes, c’est en fran­çais et en al­le­mand, mais pas en an­glais, que Jean-Claude Jun­cker, le pré­sident de la Com­mis­sion, s’est ex­pri­mé de­vant le Par­le­ment eu­ro­péen !

Du point de vue ju­ri­dique, il existe 24 langues of­fi­cielles dans les ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes. Pour qu’une langue ob­tienne ce sta­tut, il faut qu’elle soit la langue of­fi­cielle d’un Etat membre et qu’en­suite ce der­nier l’ait fait ins­crire comme telle dans le re­gistre eu­ro­péen. Or, le Royaume-Uni est le seul pays eu­ro­péen à avoir ins­crit la langue de Shakespeare. Malte et l’Ir­lande, dont l’an­glais est aus­si une langue of­fi­cielle, ont pré­fé­ré choi­sir le mal­tais et le gaé­lique. Dès l’an­nonce du Brexit, Ro­bert Mé­nard, proche du FN, et Jean-Luc Mé­len­chon, co­fon­da­teur du Par­ti de gauche, ont lan­cé l’of­fen­sive pour re­met- tre en cause la lé­gi­ti­mi­té de l’an­glais à Bruxelles. La pré­si­dente de la com­mis­sion des Af­faires consti­tu­tion­nelles du Par­le­ment eu­ro­péen, la Po­lo­nai s e Da­nu­ta Hub­ner, a f f i r me d’ailleurs que, d’un point de vue ju­ri­dique, « sans le Royaume-Uni, plus d’an­glais ». Pas si sûr, pour­tant… Hier, la dé­lé­ga­tion de la Com­mis­sion eu­ro­péenne à Du­blin a as­su­ré qu’il fal­lait l’ac­cord des 27 pour re­ti­rer son sta­tut de langue of­fi­cielle à l’an­glais.

C’est LA langue de l’UE

D’un point de pra­tique, la dis­pa­ri­tion de la langue de Wins­ton Chur­chill semble dif­fi­ci­le­ment conce­vable. Des sites In­ter­net des ins­ti­tu­tions eu­ro­péennes aux réunions de tra­vail, l’an­glais est de­ve­nue LA langue de l’UE, même si tous les textes ju­ri­diques sont tra­duits dans les 24 langues of­fi­cielles. Mais, comme le sou­ligne un haut fonc­tion­naire, le fran­çais et l’al­le­mand, qui sont les deux autres langues de tra­vail de l’UE, vont sans doute être « da­van­tage » uti­li­sés à l’ave­nir.

Bruxelles (Bel­gique), hier. Jean-Claude Jun­cker, le pré­sident de la Com­mis­sion, ne s’est pas ex­pri­mé en an­glais, comme il le fait d’ha­bi­tude.

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