« L’Eu­rope, c’est sur­tout celle des en­tre­prises ! »

Ro­berts,

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Com­biers (Dor­dogne) B.L.

A Com­biers, il ne se mêle pas à la pe­tite com­mu­nau­té des re­trai­tés bri­tan­niques. A 50 ans, Ro­berts tient l’unique can­tine du vil­lage, le Pe­tit Res­tau­rant, où il sert du cheese-cake et des plats « mi-fran­çais - mian­glais », dé­crit-il. Sur­tout, alors que ces co­na­tio­naux du Pé­ri­gord s’af­firment ou­ver­te­ment pro-Union eu­ro­péenne et an­ti-Brexit, l’homme ori­gi­naire de Cor­nouailles est l’un des seuls à oser ex­pri­mer ou­ver­te­ment sa pré­fé­rence pour le « leave » (« quit­ter » en an­glais). « Ar­rê­tons avec ça, c’est loin d’être la fin du monde ! re­la­ti­vise-t-il. Cette Eu­rope, c’est sur­tout celle des puis­sants et des en­tre­prises. Moi, je ne vote plus de­puis belle lu­rette, j’ai choi­si d’ha­bi­ter en France pour être tran­quille, m’oc­cu­per de mes quatre en­fants et je sa­voure chaque jour­née », ex­plique le res­tau­ra­teur, en train de bê­cher son jar­din. « Les an­ti-Brexit sont plus in­quiets pour leur re­traite que pour l’Eu­rope. Il ne faut pas tout mé­lan­ger. » A l’évo­ca­tion du Pre­mier mi­nistre conser­va­teur et dé­mis­sion­naire Da­vid Ca­me­ron, il voit rouge. « Le Royaume-Uni est di­ri­gé par un pe­tit club très fer­mé, une élite. Tout est ver­rouillé. » L’homme, qui pré­fère s’ex­pri­mer en an­glais, évoque la perte de l’iden­ti­té na­tio­nale dans son pays na­tal. « En An­gle­terre, l’im­mi­gra­tion frac­ture la culture, l’iden­ti­té, la so­cié­té, dé­plore-t-il. En France, au moins, vous avez en­core vos dra­peaux, un beau cadre de vie. C’est pour ça que j’ai choi­si de vivre ici. »

Com­biers. Ro­berts : « Les an­ti-Brexit sont plus in­quiets pour leur re­traite que pour l’Eu­rope. »

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