Plus de 150 M€ de re­tom­bées en Dor­dogne

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Com­biers (Dor­dogne) B.L.

SUR­TOUT, res­ter fleg­ma­tique. « Ça doit être mon cô­té bri­tish… Je me dis que, comme d’ha­bi­tude, tout re­vien­dra comme avant », tem­père Tre­vor Leg­gett, le pa­tron de Leg­get Immobilier. Tongs au pied, ber­mu­da et rire jo­vial, l’homme s’in­quiète plu­tôt ce ma­tin-là, quelques jours après le Brexit, de la mé­téo et du menu de son dé­jeu­ner. Pour­tant, 70 % de sa clien­tèle est ori­gi­naire du Royau­meU­ni. « Deux ren­dez-vous ont été an­nu­lés. Pas de drame. En 2008, après Leh­man Bro­thers, les An­glais avaient per­du 25 % de leur pou­voir d’achat. Beau­coup étaient par­tis de France ; ils sont re­ve­nus », rap­pelle l’en­tre­pre­neur ori­gi­naire de Brigh­ton qui a fon­dé en 1995 un vé­ri­table pe­tit em­pire immobilier, avec plus de 400 agents ré­par­tis dans toute la France.

Mais c’est en Dor­dogne et en Cha­rente que les af­faires de Tre­vor marchent le mieux. Dans ce Pé­ri­gord qui res­semble tant au sud de l’An­gle­terre et où de nom­breux Bri­tan­niques de la classe moyenne ont choi­si de cou­ler une re­traite pai­sible. « Pour 200 000 €, ici, on a une jo­lie mai­son avec ter­rasse. Bien mieux qu’en An­gle­terre ! » lance-t-il.

Ils sont 90 % des pas­sa­gers de l’aé­ro­port de Pé­ri­gueux

En Dor­dogne, où l’ar­ri­vée des Bri­tan­niques a per­mis de lut­ter contre la dé­ser­ti­fi­ca­tion ru­rale, les Bri­tish se­raient 8 000, soit 90 % des pas­sa­gers de l’aé­ro­port de Pé­ri­gueux, et 153 M€ de re­tom­bées éco­no­miques chaque an­née, se­lon la chambre fran­co-bri­tan­nique de com­merce du vil­lage de Cou­lou­nieix-Cha­miers, qui a or­ga­ni- sé hier ma­tin une réunion de crise. Prio­ri­té : mettre en place des lis­tings té­lé­pho­niques de re­trai­tés à contac­ter. « Le té­lé­phone sonne toutes les dix mi­nutes. On ras­sure les gens trop in­quiets. On leur dit « Calm ! Calm ! l’ar­ticle 50* n’est pas en­core dé­po­sé », ex­plique Ro­ger Haigh, em­ployé de l’ins­ti­tu­tion. Les trois ques­tions qui ta­raudent le plus ces re­trai­tés bri­tan­niques ? La baisse pro­bable de leur pou­voir d’achat, la conven­tion bi­la­té­rale pour la cou­ver­ture san­té et les dé­marches de na­tu­ra­li­sa­tion. * Ar­ticle du trai­té sur l’Union eu­ro­péenne qui pré­voit la pro­cé­dure de re­trait.

Com­biers. Tre­vor Leg­gett, qui a créé sa so­cié­té im­mo­bi­lière, re­la­ti­vise : « En 2008, les An­glais ont per­du 25 % de leur pou­voir d’achat. Beau­coup étaient par­tis, ils sont re­ve­nus. »

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