Geeks, les se­niors !

HIGH-TECH. Près de la moi­tié des plus de 65 ans se connectent à In­ter­net tous les jours, se­lon un ba­ro­mètre de l’Ins­ti­tut du bien-vieillir que nous ré­vé­lons.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Ma­rie-Fran­çoise Fuchs, de l’as­so­cia­tion Old’up ÉLO­DIE CHERMANN

LARGUÉS face aux nou­velles tech­no­lo­gies, les se­niors ? Pas du tout ! Au­jourd’hui, les plus de 65 ans sont qua­si­ment de­ve­nus des in­ter­nautes comme les autres. C’est ce qui res­sort du 3e ba­ro­mètre* eu­ro­péen de l’Ins­ti­tut du bien-vieillir Ko­rian que nous ré­vé­lons au­jourd’hui en ex­clu­si­vi­té. Ain­si, ils sont 43 % à uti­li­ser In­ter­net tous les jours ou presque pour en­voyer des mails, 24 % pour sur­fer sur les ré­seaux. Du ja­mais-vu ! S’ils de­vaient dé­mé­na­ger de­main, 39 % em­por­te­raient d’ailleurs en prio­ri­té leur or­di­na­teur ou leur ta­blette pour se sen­tir comme chez eux.

« Ce qui compte pour eux, c’est de gar­der leur li­ber­té de choix et de dé­ci­sion », sou­ligne le Dr Phi­lippe De­nor­man­die, di­rec­teur de l’ins­ti­tut et chi­rur­gien à l’hô­pi­tal Ray­mondPoin­ca­ré à Garches (Hauts-de-Seine). « Les nou­velles tech­no­lo­gies leur per­mettent jus­te­ment de res­ter en lien avec leur environnement. » C’est chez les plus de 80 ans que les évo­lu­tions s’avèrent les plus mar­quantes. « Les oc­to­gé­naires cor­res­pondent à la gé­né­ra­tion des pion­niers par­mi les pion­niers », ana­lyse Serge Gué­rin, pro­fes­seur à l’ESG Ma­na­ge­ment School, à Pa­ris, et au­teur de « la Nou­velle So­cié­té des se­niors » (Mi­cha­lon, 2011). « Ce sont eux qui ont connu le plus de mu­ta­tions en l’es­pace d’une vie : la ra­dio, la té­lé­vi­sion, le té­lé­phone fixe, In­ter­net, le smart­phone… »

Au dé­part, l’ap­pren­tis­sage des aro­bases, liens et autres pop-ups n’a pas été pour eux des plus ai­sés. Mais ils ont fi­ni par s’y faire. « On n’a pas eu le choix », as­sure Ma­rie-Fran­çoise Fuchs, pré­si­dente du co­mi­té scien­ti­fique d’Old’up, une as­so­cia­tion créée en 2008 pour don­ner du sens à l’al­lon­ge­ment de la vie. « Pour res­ter utile au­jourd’hui dans la so­cié­té, il faut maî­tri­ser un mi­ni­mum le di­gi­tal. Si­non, on n’a pas d’in­for­ma­tion, on perd le lien avec les autres. Bref, on n’a plus qu’à res­ter chez soi à tri­co­ter ! » Afin de suivre les mo­ments de vie de ses onze pe­tits-en­fants, épar­pillés aux quatre coins du monde, cette Pa­ri­sienne de 84 ans s’est conver­tie à Skype, Fa­ce­book et What­sApp. « La ta­blette m’a beau­coup fa­ci­li­té la tâche, pour­suit-elle. Fa­ci­le­ment trans­por­table, ce sup­port a l’avan­tage d’être simple d’uti­li­sa- tion et d’of­frir une lec­ture confor­table. » Ori­gi­naire de L’Isle-Adam (Vald’Oise), An­dré Des­plan, 90 ans, a lui aus­si fi­ni par in­ves­tir. « Avec, je tape des mails, je consulte ma banque en ligne, je lis les jour­naux, dé­taille-t-il. Par contre, les achats en ligne, j’évite. Je pré­fère le contact hu­main. Un prin­cipe de vieux mon­sieur ! »

« Pour res­ter utile, il faut maî­tri­ser un mi­ni­mum le di­gi­tal »

* Réa­li­sé au cours du pre­mier tri­mestre 2016 via In­ter­net au­près d’un échan­tillon re­pré­sen­ta­tif de plus de 4 000 se­niors de 65 ans et plus, en France, en Al­le­magne, en Ita­lie et en Bel­gique.

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