« Vous connais­sez Nam June Paik ? »

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ -

de classes pré­pa­ra­toires, les can­di­dats sont rom­pus à l’exer­cice des oraux. Même sous pres­sion, ils n’en laissent rien pa­raître. A Stras­bourg, les élèves doivent pré­sen­ter une pas­sion qui les anime, avec un ob­jet à l’ap­pui, point de dé­part à un échange de 25 mi­nutes. Fré­dé­ric a ap­por­té un ca­mion porte-voi­tures Ma­jo­rette, jouet re­çu quand il avait 3 ans, à l’ori­gine de son goût im­mo­dé­ré pour l’au­to­mo­bile. Mar­got, dan­seuse de hu­la-hoop, ten­te­ra une dé­mons­tra­tion avec trois cer­ceaux entre les tables de la salle de classe. La palme de l’ori­gi­na­li­té re­vient à Ka­der, le seul à af­fi­cher son amour pour… la lit­té­ra­ture. Il lit un poème de sa com­po­si­tion, « une épo­pée ins­pi­rée des chants ho­mé­riens », pré­cise-t-il.

Des for­mules ba­teau

Mais le plus souvent, l’ob­jet fé­tiche est un maillot : rug­by, foot, basket… D’un jeune à l’autre, les mé­ta­phores spor­tives se suivent et se res­semblent, as­sor­ties de for­mules ba­teau : « le sport ap­porte de la per­sé­vé­rance », dit l’un, « j’aime me sur­pas­ser », af­firme un autre. Mon col­lègue exa­mi­na­teur, consul­tant à la ville, tente de rompre la mo­no­to­nie : « Vous connais­sez Nam June Paik ? » de­mande-t-il au jeune Pierre* qui veut voya­ger en Co­rée du Sud. Un ange passe. « C’est un grand ar­tiste sud-co­réen, je vais vous mon­trer une oeuvre… » pour­suit-il, jo­vial, en em­poi­gnant sa ta­blette. « Ah oui, c’est jo­li », se force Pierre de­vant l’image d’une ins­tal­la­tion faite d’un as­sem­blage de té­lé­vi­sions.

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