L’An­gle­terre dit good­bye à Chan­tilly

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - Marc, pho­to­graphe an­glais FLO­RIAN NIGET

TÊTE BASSE, sans un re­gard pour le maigre pu­blic ve­nu lui dire un der­nier au re­voir, le ca­pi­taine Wayne Roo­ney s’en­gouffre dans le bus en si­lence, sui­vi de près par l’at­ta­quant Jamie Var­dy. Ce mar­di après-mi­di, vers 16 h 30, quand l’équipe de foot­ball an­glaise quitte dé­fi­ni­ti­ve­ment l’Eu­ro et le luxueux hô­tel de Chan­tilly (Oise) où elle avait éta­bli son camp de base pen­dant la com­pé­ti­tion, la honte se lit sur les vi­sages.

La dé­faite sur­prise concé­dée la veille en hui­tième de fi­nale contre l’Is­lande à Nice (1-2) est lourde à as­su­mer. « C’est une im­mense dé­cep­tion, sans doute la plus grande de l’his­toire du foot­ball an­glais », consi­dère Marc, pho­to­graphe de sport pour le « Times ».

Sur place, les seuls An­glais sont à cher­cher du cô­té des mé­dias. Et en­core, ceux-ci sont bien moins nom­breux qu’il y a trois se­maines, lorsque la sé­lec­tion des trois lions avait été ac­cueillie triom­pha­le­ment par toute une ville.

Maxime, qui ha­bite dans le coin, a pu as­sis­ter dé­but juin à l’unique en­traî­ne­ment en pu­blic de ses idoles. Maillot des Reds de Li­ver­pool sur le dos, l’ado­les­cent est son­né. « C’est in­com­pré­hen­sible, per­sonne ne s’at­ten­dait à ce­la », sou­pire-til. Mi­chael est des­cen­du de Ville­neuve-d’Ascq (Nord) pour as­sis­ter au dé­part de la sé­lec­tion an­glaise : « On ai­me­rait qu’ils nous fassent un pe­tit signe mais il faut se mettre à leur place : ils n’ont qu’une en­vie, ren­trer chez eux au plus vite et pas­ser à autre chose », ad­met ce fan de Man­ches­ter Ci­ty. Laurent se montre plus cri­tique. Pour cet Aus­tra­loMau­ri­cien ins­tal­lé dans l’Oise et qui sou­tient Man­ches­ter Uni­ted de­puis trente ans, « les cadres de l’équipe, comme Wayne Roo­ney, n’ont pas été à la hau­teur ». Il re­tient mal­gré tout le po­si­tif : « On a eu la chance d’avoir l’équipe chez nous pen­dant plu­sieurs se­maines. Avec ma femme, il nous est ar­ri­vé de croi­ser le sé­lec­tion­neur Roy Hodg­son et des joueurs dans la rue. C’était sym­pa, d’au­tant que je n’ai pas eu l’oc­ca­sion de les suivre dans les stades. »

Si l’An­gle­terre vou­dra cer­tai­ne­ment ou­blier Chan­tilly et son Eu­ro man­qué au plus vite, la ville, elle, en res­sort ga­gnante. D’abord parce que son stade a été lar­ge­ment ré­no­vé et amé­lio­ré pour l’en­traî­ne­ment des foot­bal­leurs de la sé­lec­tion. Les sup­por­teurs n’ont certes pas en­va­hi ses bars et ses res­tau­rants, mais les hô­tels du sec­teur tournent à plein ré­gime grâce aux mil­liers de sui­veurs. « Et puis c’est un clin d’oeil sym­pa­thique à l’his­toire de Chan­tilly », sou­ligne Fré­dé­ric Ser­velle, l’ad­joint (les Ré­pu­bli­cains) char­gé des sports.

La ci­té du che­val et ses en­vi­rons comptent un mil­lier de res­sor­tis­sants an­glais qui au­ront été ra­vis d’ex­hi­ber (certes dis­crè­te­ment) leurs couleurs jus­qu’à la dés­illu­sion fi­nale. « Après le Brexit, quelle hor­rible se­maine pour nous ! Il va nous fal­loir du temps pour nous en re­mettre. Et je ne parle pas que de foot­ball… », ré­sume Marc, le pho­to­graphe de presse, tan­dis que sous s e s yeux s ’ é l oi gne l e bus des joueurs et en grosses lettres sa de­vise aux al­lures de mau­vaise pré­dic­tion : « One team, one dream » (Une équipe, un rêve).

« Il va fal­loir du temps pour nous en re­mettre »

Chan­tilly (Oise), hier. Au len­de­main de leur hu­mi­lia­tion face à l’Is­lande (1-2), les joueurs de la sé­lec­tion an­glaise ont quit­té, tête basse, l’hô­tel où ils ont été hé­ber­gés du­rant la com­pé­ti­tion.

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