Hmm, une bonne pe­tite ra­clette !

CONSOMMATION. Alors qu’on de­vrait se ruer sur les côtes de boeuf et les mer­guez, ce sont les plats d’hi­ver comme la chou­croute ou les soupes qui font re­cette dans les su­per­mar­chés.

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - Mar­celle, 81 ans ÉLODIE CHERMANN

ACCROCHÉE à son cha­riot plein à ras bord, Khal­fa, 54 ans, sla­lome pé­ni­ble­ment dans les rayons fruits et lé­gumes du su­per­mar­ché Au­chan d’Is­sy-les-Mou­li­neaux (Hauts-de-Seine). Les yeux ri­vés sur sa liste, elle court d’un pas dé­ci­dé des len­tilles aux ca­rottes et des na­vets aux pommes de terre. « Au me­nu, ce soir, c’est soupe, an­nonce-t-elle dans un sou­rire. Ma fille ne veut plus man­ger que ça ! » Et ce n’est a prio­ri pas la seule ! La mé­téo maus­sade du mois de juin, avec ses tem­pé­ra­tures f ris­quettes et ses t rombes d’eau a ain­si fait grim­per de 17,2 % les ventes de soupes et po­tages dans les en­seignes de grande dis­tri­bu­tion par rap­port à la même pé­riode l’an der­nier.

C’est ce qui res­sort des mo­dèles stas­tiques éta­blis par Clim­pactMet­next, le lea­deur eu­ro­péen du bu­si­ness de l’in­tel­li­gence cli­ma­tique qui aide les en­tre­prises à ana­ly­ser, quan­ti­fier et an­ti­ci­per l’im­pact des va­ria­tions mé­téo­ro­lo­giques sur leurs ac­ti­vi­tés, en croi­sant leurs chiffres de vente avec la plu­vio­mé­trie, le taux d’en­so­leille­ment et le ni­veau des tem­pé­ra­tures.

« Avec ce temps, je ne sais plus quoi me faire à man­ger »

Aus­si sur­pre­nant que ce­la puisse pa­raître, c’est sur les fro­mages à ra­clette (si, si !) que l’on en­re­gistre l es pl us f ort es pro­gres­sions : + 32 % ! « Les in­fu­sions ain­si que les plats pré­pa­rés tirent eux aus­si très bien leur épingle du jeu », ex­plique Pas­cal Bou­quet, di­rec­teur com­mer­cial chez Clim­pact. Autres stars de nos dé­jeu­ners : les plats cui­si­nés en conserve et no­tam­ment ceux qui tiennent bien au corps, comme le cas­sou­let ou la chou­croute. C’est d’ailleurs ce que compte cui­si­ner Mar­celle, 81 ans, pour son re­pas do­mi­ni­cal. « Avec ce temps, je ne sais plus quoi me faire à man­ger ! », se déses­père la vieille dame aux che­veux gris. Même les fruits de sai­son ne lui font pas en­vie. « J’ai ache­té des bar­quettes de fraises à quatre re­prises de­puis le dé­but de l’été, in­dique-t-elle. C’est ten­tant quand on les voit sur les étals. Mais j’ai eu beau y mettre le prix, j’ai chaque fois été dé­çue. Ce n’était fi­na­le­ment que de l’eau ! »

Tout ce qui peut ser­vir d’in­gré­dient de base à une sa­lade, du thon en boîte jus­qu’à la sauce vi­nai­grette est éga­le­ment en chute libre tout comme les glaces (lire ci-des­sous) et les sau­cisses fraîches dont nous sommes cen­sés raf­fo­ler pour nos bar­be­cues es­ti­vaux.

Côté bois­sons, les eaux ga­zeuses font pschitt. Quant aux pa­na­chés et aux bières, eux aus­si font beau­coup moins re­cette. « Heu­reu­se­ment, sur ces der­nières, la ten­dance na­tu­relle du mar­ché est à la hausse. Et il y a en plus un ef­fet Eu­ro qui com­pense par­tiel­le­ment l’im­pact né­ga­tif de la pluie », sou­ligne Jacques Du­pré, ex­pert des pro­duits de grande consommation au sein de la so­cié­té IRI, spé­cia­li­sée dans les études de mar­ché. Mais les ventes glo­bales dans l’ali­men­ta­tion et les pro­duits d’hy­giène de­meurent mal­gré tout en baisse. Au rayon beauté, les pro­duits so­laires sont beau­coup plus dif­fi­ci- les à écou­ler, tout comme les soins des pieds qui res­tent plan­qués dans des chaus­sures f er­mées. « Non que les gens n’aient pas eu en­vie d’ache­ter, mais, par­fois, les épi­sodes d’inon­da­tion les ont tout sim­ple­ment em­pê­chés d’ac­cé­der aux points de vente », ex­plique Pas­cal Bou­quet. La si­tua­tion ne de­vrait pas s’ar­ran­ger au mois de juillet. « Les écarts risquent même de se creu­ser étant don­né la ca­ni­cule que nous avons connue l’an der­nier », pré­cise-t-il. Al­lez, vous re­pren­drez bien un peu de la­sagnes ?

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