Une liai­son tu­mul­tueuse

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Pro­pos de Mu­rielle Bo­nin dans une lettre des­ti­née à Syl­vain Dro­mard L.C.

« ÇA SE PASSAIT très bien pour le sexe, par contre c'était une très mau­vaise re­la­tion de couple. » C'est d'un eu­phé­misme que Syl­vain Dro­mard, ap­pe­lé à la barre hier, ré­sume les liens qu'il a en­tre­te­nus deux ans du­rant avec Mu­rielle Bo­nin. Si tous deux ont cher­ché à mi­ni­mi­ser à la barre leurs sen­ti­ments res­pec­tifs — mo­bile de l'as­sas­si­nat pour l'ac­cu­sa­tion — l'au­dience a mis en exergue une re­la­tion tor­ride et pas­sion­née.

« Il m'a fait du charme pen­dant un an, j'étais sur mes gardes », a ra­con­té celle qui était alors em­ployée dans une en­tre­prise de bâ­ti­ment, dont Syl­vain Dro­mard, me­nui­sier, était un fi­dèle client. Mu­rielle Bo­nin cède pour­tant, en 2008, après une soi­rée en dis­co­thèque avec des col­lègues à la­quelle Syl­vain Dro­mard s'est « in­crus­té », « jouant les grands sé­duc­teurs en of­frant des verres à tout le monde », moque-t-elle, le trou­vant « très in- sis­tant ». Une ra­pide étreinte, dans la voi­ture, scel­le­ra pour­tant cette union. Très vite, les deux amants s'em­ballent : Mu­rielle Bo­nin di­vorce et Dro­mard l'ins­talle dans un ap­par­te­ment dont il est pro­prié­taire... à deux pas du sa­lon de coif­fure de Lau­rence Dro­mard, l'épouse trom­pée. S'en­sui­vront des ten­ta­tives de vie com­mune avor­tées, ponc­tuées d'al­ter­ca­tions, la maî­tresse évo­quant un homme « pos­ses­sif, ja­loux » et « me­na­çant ».

« Mon bé­bé », « mon tré­sor », « tu fais pal­pi­ter mon coeur et la tête me tourne »... Entre deux dis­putes, les amants s'en­voient des SMS éna­mou­rés, s'ap­pellent à lon­gueur de jour­née et pour­suivent leur re­la­tion mal­gré le re­tour de Syl­vain Dro­mard en avril au foyer conju­gal. « Il ne pou­vait se pas­ser de moi », pa­ra­de­ra Mu­rielle Bo­nin en garde à vue. « C'était pour le sexe », a plus pro­saï­que­ment re­con­nu son co­ac­cu­sé hier, ré­pé­tant qu'il n'avait ja­mais eu l'in­ten­tion de quit­ter sa femme... une promesse pour­tant faite à sa maî­tresse, qui s'illu­sion­ne­ra jus­qu'au bout.

Quinze jours après l'as­sas­si­nat, elle lui adresse une lettre en­flam­mée : « je t'aime de tout mon être », « tu es l'homme de ma vie jus­qu'à ma mort », « je fe­rai tout pour toi », égrène-t-elle dans un élan ro­man­tique. Mal­gré la sur­veillance dont il sait faire l'ob­jet après le crime, le couple prend tous les risques, conti­nuant ses ren­contres à la sau­vette dans des hô­tels. Une at­ti­tude qui fi­ni­ra d'em­por­ter la convic­tion des en­quê­teurs.

« Tu es l’homme de ma vie jus­qu’à ma mort. Je fe­rai tout pour toi »

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