« Ren­for­cer l’offre cultu­relle »

Aujourd'hui en France - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS -

Quelle im­pul­sion sou­hai­tez-vous don­ner à la ren­trée ? DEL­PHINE ER­NOTTE-CUN­CI. Du mou­ve­ment. Quand je suis ar­ri­vée en août 2015, j’ai été frap­pée par le nombre de pas­se­relles en verre qui existent dans notre bâ­ti­ment. C’est à l’image de la mis­sion prin­ci­pale de la té­lé­vi­sion pu­blique : faire le pont entre les gens et la réa­li­té. Notre rôle est de don­ner à voir et à com­prendre Nous al­lons ain­si mul­ti­plier les soi­rées conti­nues avec des fic­tions ou des do­cu­men­taires sui­vis de dé­bats. Je sou­haite éga­le­ment ren­for­cer le dé­tour de l’ima­gi­naire, en ani­ma­tion pour les en­fants ou pour les adultes en fa­vo­ri­sant no­tam­ment les té­lé­films sur des su­jets va­riés. En­fin, on ne trouve nulle part ailleurs notre ca­pa­ci­té à créer du lien. Grâce à notre pr é s e nce dans neuf t e r r i t oi r e s d’outre-mer, en ré­gions, on peut rendre compte de dif­fé­rents points de vue. Quelle se­ra la patte Er­notte ? Le vrai mar­queur pour moi, c’est le ren­for­ce­ment très net de l’offre cultu­relle. A la ren­trée, il y au­ra une émis­sion cultu­relle sur toutes les chaînes à une heure de grande écoute, on ren­for­ce­ra l’ex­po­si­tion du théâtre, de l’opé­ra. Nous se­rons cette pas­se­relle entre le pu­blic et le monde de la créa­tion. Quels pro­grammes phares dis­tin­gue­ront France 2 et France 3 ? France 2, c’est la chaîne des évé­ne­ments : les grands dé­bats po­li­tiques, les fic­tions qui re­nou­vellent le genre, les grands di­ver­tis­se­ments. Et puis, on change tout l’après-mi­di. J’y crois beau­coup. Nous ac­cueillons Aman­da Scott, une vraie per­son­na­li­té, et Tho­mas Thou­roude dont l’émis­sion « Ac­tua­li­ty » se­ra à l’op­po­sé du ba­shing que l’on voit ailleurs. Son ob­jec­tif : ex­pli­quer les su­jets d’ac­tua­li­té dans un lan­gage plus vrai, plus simple et sans cy­nisme. Sur France 3, la culture po­pu­laire se­ra à l’hon­neur no­tam­ment à tra­vers des por­traits de per­son­na­li­tés po­li­tiques, des uni­taires comme « Ma­rion, 13 ans, pour tou­jours » sur le har­cè­le­ment. Et France 5 pro­po­se­ra un éclai­rage cha- que soir orien­té sur le do­cu­men­taire. Chan­ger tout, c’est dé­sta­bi­li­ser le pu­blic ? On prend des risques, oui. Tou­te­fois, les émis­sions n’ont pas été conçues pour dé­sta­bi­li­ser, et on peut prendre le temps de les lais­ser s’ins­tal­ler. Celle de Fré­dé­ric Lo­pez à 14 heures, « Mille et une vies », se­ra dans l’em­pa­thie avec des té­moins. Dans « Vi­sites pri­vées », à 15 heures, Sté­phane Bern veut trans­mettre sa pas­sion pour le pa­tri­moine. Si on ne fait pas d’au­dience tout de suite, ce­la ne m’in­quiète pas dès lors que l’on pro­gresse. « Plus belle la vie » (France 3) a mis des an­nées à s’im­po­ser. Vous lan­ce­rez un feuille­ton quo­ti­dien à Mont­pel­lier pro­duit en in­terne. Fa­çon de prendre du champ vis-à-vis de Ne­wen (« Plus belle la vie ») ven­du au groupe TF 1 ? Clai­re­ment. Grâce à l’ac­cord du 10 dé­cembre avec les pro­duc­teurs, France Té­lé­vi­sions va pro­duire seul ou en co­pro­duc­tion 25 % d’oeuvres. Ce­la nous per­met d’être maîtres de notre des­tin sur les créa­tions les plus iden­ti­taires comme un feuille­ton quo­ti­dien. Ce­pen­dant, je ne pense pas que France Té­lé­vi­sions doit tout pro­duire car on a be­soin de ta­lents dif­fé­rents et il faut sou­te­nir la pro­duc­tion in­dé­pen­dante. Le re­tour de la pu­bli­ci­té après 20 heures est-il tou­jours un che­val de ba­taille ? On at­tend des ar­bi­trages de notre ac­tion­naire sur l’ave­nir de France Té­lé­vi­sions. Je main­tiens qu’il faut des moyens sup­plé­men­taires et peu im­porte les­quels.

« Si on ne fait pas d’au­dience tout de suite, ce­la ne m’in­quiète pas dès lors que l’on pro­gresse »

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