On a vrai­ment tous

VA­CANCES. Ra­re­ment l’ac­tua­li­té a été aus­si an­xio­gène que ces der­niers mois. Les pre­miers juillet­tistes en­tament au­jourd’hui leur break es­ti­val avec une grosse en­vie de dé­com­pres­ser.

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Di­dier Ari­no, du ca­bi­net pro­tou­risme CHRISTEL BRIGAUDEAU

AU­JOURD’HUI, Maxime Vas­seur, pro­fes­seur dans un col­lège du Pasde-Ca­lais, ne tra­vaille­ra pas avec ses élèves de 6e. Il fe­ra des jeux. Dans sa classe de dix-sept en­fants, seuls deux ré­pondent en­core à l’ap­pel. Même am­biance dans le cos­su Ver­sailles : au col­lège Jean-Phi­lippe-Ra­meau, moins de la moi­tié des 890 élèves se sou­viennent en­core du che­min de l’école…

Où sont les autres ? Peut-être as­sis à l’ar­rière de la ber­line fa­mi­liale, dans les pre­miers bou­chons at­ten­dus ce week-end, clas­sé orange. A moins qu’ils ne prennent le train : chez Ac­tion Sé­jours, l’un des plus gros opé­ra­teurs de co­los et de stages lin­guis­tiques, ce di­manche re­pré­sente « le plus gros dé­part de toute la sai­son », avec 1 121 en­fants de 6 à 18 ans at­ten­dus dans les gares et aé­ro­ports.

Of­fi­ciel­le­ment pour­tant, les va­cances sco­laires n’ont pas com­men­cé : elles se­ront son­nées mar­di soir. Mais après une an­née pé­nible, un troi­sième se­mestre à ral­longe, qui a du­ré douze s e maines pour les dé­par­te­ments de la zone B, les « sus­pen­sions de cours » liées aux exa­mens du bac le 15 juin et du bre­vet le 23 juin, les grèves, la pluie, le foot… cer­tains n’ont pas at­ten­du le gong pour chaus­ser les tongs. Vite, des va­cances !

« C’est un mo­ment de re­trou­vailles pour une ma­jo­ri­té de Fran­çais, de re­grou­pe­ment fa­mi­lial ou ami­cal, ex­plique Jean-Di­dier Ur­bain, pro­fes­seur en an­thro­po­lo­gie cultu­relle à l’uni­ver­si­té Pa­ris-Des­cartes. On ne va pas à la plage pour se bai­gner mais aus­si pour être à plu­sieurs sous le même pa­ra­sol. » Sas­kia Cou­sin, elle aus­si an­thro­po­logue à Pa­ris-Des­cartes, voit dans les va­cances « l’équi­valent contem­po­rain des mois­sons d’an­tan. C’est le mo­ment ou l’on re­cueille le fruit de son la­beur », d’au­tant plus né­ces­saire que « le tra­vail n’est plus un lieu de so­cia­li­sa­tion. Le temps de trans­port ré­duit les temps so­ciaux et l’an­xié­té de perdre son em­ploi gran­dit ».

Va­cances, j’ou­blie tout… mais pas long­temps. Les Fran­çais qui partent (soit un sur deux) ont ten­dance à frac­tion­ner leurs congés. « Dix jours en moyenne dans un hé­ber­ge­ment payant, qui leur coû­te­ra 1 619 € », ré­sume Di­dier Ari­no, di­rec­teur du ca­bi­net Pro­tou­risme. Le pé­riple se com­plé­te­ra d’un cou­cou aux amis, ou d’un stop dans la mai­son de famille quand elle existe.

Pour sept es­ti­vants sur dix, les glaces se dé­gus­te­ront dans l’Hexa­gone, « mais les ré­ser­va­tions à l’étran­ger sont en hausse », re­lève Di­dier Ari­no. Alors que la France avait le vent en poupe, dans un contexte post-at­ten­tat, « il y a eu un re­tour­ne­ment de ten­dance au prin­temps, sans doute lié à la météo, aux in­quié­tudes sur les grèves ou à la pé­nu­rie de car­bu­rant ». De ce cô­té-là, les doutes sont le­vés : en voi­ture, plus be­soin de scru­ter la jauge… mais le comp­teur de vi­tesse, oui. La sé­cu­ri­té rou­tière pro­met qu’« il y au­ra du bleu au bord des routes », pour in­ci­ter les va­can­ciers à le­ver le pied. Des va­cances, vite… mais pas trop.

« Dix jours en moyenne dans un hé­ber­ge­ment payant »

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