Compte pé­ni­bi­li­té va tour­ner à plein ré­gime

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - VIC­TOR TASSEL

ME­SURE EM­BLÉ­MA­TIQUE de la ré­forme des re­traites de 2013, le compte pé­ni­bi­li­té entre plei­ne­ment en vigueur. La me­sure était par­tiel­le­ment ap­pli­quée de­puis le 1er jan­vier 2015 avec quatre des dix cri­tères de pé­ni­bi­li­té pré­vus (le tra­vail de nuit, le tra­vail ré­pé­ti­tif, en ho­raires al­ter­nants ou en mi­lieu hy­per­bare).

Les six autres entrent en ap­pli­ca­tion au­jourd’hui : les pos­tures pé­nibles, les ma­nu­ten­tions ma­nuelles de charges, les agents chi­miques, les vi­bra­tions mé­ca­niques, les tem­pé­ra­tures ex­trêmes et le bruit. Dé­but 2017, les en­tre­prises au­ront à dé­cla­rer les sa­la­riés concer­nés. Ces der­niers en­gran­ge­ront des points sur leur compte pé­ni­bi­li­té afin de par­tir deux ans plus tôt à la re­traite s’ils at­teignent 100 points, de se for­mer ou de tra­vailler à temps par­tiel sans perte de sa­laire. Les en­tre­prises pour­ront mo­di­fier leur dé­cla­ra­tion jus­qu’en sep­tembre 2017, voire jus­qu’en 2019 si la mo­di­fi­ca­tion joue en fa­veur du sa­la­rié. Trois mil­lions de per­sonnes se­ront po­ten­tiel­le­ment concer­nées par la me­sure, se­lon les es­ti­ma­tions du gou­ver­ne­ment.

En­core faut-il que les chefs d’en­tre­prise res­pectent la loi. Pierre Gat­taz, pré­sident du Me­def, a af­fir­mé mer­cre­di que les chefs d’en­tre­prise « n’ap­pli­que­ront pas la me­sure », la ju­geant trop dif­fi­cile à mettre en oeuvre. Une dé­cla­ra­tion qui lui a va­lu un rap­pel à l’ordre cin­glant. « On ne peut pas se sous­traire aux lois de la Ré­pu­blique », a ton­né Ma­nuel Valls. Ma­ri­sol Tou­raine, mi­nistre de la San­té, a rap­pe­lé que « la loi ne s’ar­rêt[ait] pas aux portes du Me­def ».

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