Les au­to­cars se ma­rient

TRANS­PORTS. Fi­ni la guerre achar­née des prix entre so­cié­tés d’au­to­cars ? Après le ra­chat de Megabus par FlixBus, il ne reste plus que trois so­cié­tés. Les prix de­vraient aug­men­ter.

Aujourd'hui en France - - ÉCONOMIE - Pierre Gour­dain, di­rec­teur gé­né­ral de FlixBus France VINCENT VÉRIER

MAU­VAISE NOU­VELLE pour les ama­teurs du voyage par autocar. La conso­li­da­tion de ce mar­ché va ri­mer avec aug­men­ta­tion du prix des billets. Mer­cre­di, l’allemand FlixBus, poids lourd européen du sec­teur, a an­non­cé le ra­chat d’un de ses concur­rents, l’écos­sais Megabus — uni­que­ment ses lignes conti­nen­tales. Une concen­tra­tion qui fait suite à un pre­mier ma­riage dans le sec­teur. Mi­juin, Oui­bus, fi­liale de la SNCF, et Star­ship­per, un re­grou­pe­ment de 32 au­to­ca­ristes fran­çais, avaient dé­jà cé­lé­bré leur union. Consé­quences, dix mois après la li­bé­ra­li­sa­tion du trans­port par autocar, des cinq ac­teurs qui se sont lan­cés dans l’aven­ture, il n’en reste plus que trois : deux fran­çais, Oui­bus et Isi­lines — fi­liale de Trans­dev —, et FlixBus.

« A moyen terme, il faut s’at­tendre à une hausse des prix de 8 % à 15 % »

Une concen­tra­tion qui au­ra des consé­quences sur le por­te­feuille des voya­geurs. « A moyen terme, il faut s’at­tendre à une hausse des prix de 8 % à 15 % », pré­dit Pierre Gour­dain, di­rec­teur gé­né­ral de FlixBus France. Pas vrai­ment une sur­prise. De­puis l’ou­ver­ture de ce mar­ché à l’été 2015, dans le cadre de la loi Ma­cron, les au­to­ca­ristes se livrent une vé­ri­table guerre des prix. Des voyages de plu­sieurs cen­taines de ki­lo­mètres sont ain­si par­fois ven­dus pour 1 € ! Une ba­taille sans mer­ci, à coups d’ar­gu­ments com­mer­ciaux, comme des sièges plus confor­tables que le concur­rent, l’ac­cès au wi-fi dans les vé­hi­cules... L’ob­jec­tif est double : at­ti­rer et fi­dé­li­ser les voya­geurs à ce mode de trans­port longue dis­tance re­la­ti­ve­ment nou­veau pour les Fran­çais.

Une stra­té­gie coû­teuse, de plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’eu­ros, qui ex­plique qu’au­jourd’hui au­cun des trois au­to­ca­ristes n’est au­jourd’hui ren­table. Chez FlixBus France, on re­con­naît ain­si que seules 15 % des lignes sont à l’équi­libre. « Nous es­pé­rons at­teindre la ren­ta­bi­li­té dès le mi­lieu de l’an­née pro­chaine », table Pierre Gour­dain.

Chez Oui­bus, l’am­bi­tion est plus mo­deste, l’équi­libre n’est pas en­vi­sa­gé avant l’ho­ri­zon 2018-2019. La concen­tra­tion vise donc à gran­dir plus vite, afin d’étouf­fer ra­pi­de­ment la concur­rence et pou­voir aug­men­ter le plus tôt pos­sible les prix. « Mais le trans­port par autocar res­te­ra tou­jours ac­ces­sible au plus grand nombre, tem­père Pierre Gour­dain. Nous sommes en ca­pa­ci­té de pro­po­ser des tra­jets au juste prix. » Et le pa­tron de FlixBus France de prendre l’exemple du tra­jet Pa­ris-An­gers, long d’en­vi­ron 300 km. « Avec un taux de rem­plis­sage de 75 % et un billet à 9 €, c’est ren­table », af­firme-t-il.

Dun­kerque (Nord), le 24 juin. Chez FlixBus France, un des trois au­to­ca­ristes en­core sur le mar­ché, seules 15 % des lignes sont à l’équi­libre.

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