Sar­ko­zy, l’été du « fauve »

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. Do­pé par les son­dages, l’an­cien pré­sident compte pro­fi­ter de l’été pour mû­rir sa can­di­da­ture qu’il lan­ce­ra fin août, convain­cu de ga­gner la pri­maire.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Un cadre du par­ti ré­pu­bli­cain NA­THA­LIE SCHUCK

« ON LAISSE PAS­SER L’ÉTÉ. » C’est fin août, et pas avant, que Nicolas Sar­ko­zy lan­ce­ra sa can­di­da­ture pour l’Ely­sée. Il en a fait la confi­dence mer­cre­di aux 61 conju­rés — pré­ci­sé­ment — réunis dans la bras­se­rie du Tou­can, à deux pas du siège des Ré­pu­bli­cains (Pa­ris XVe). Il y avait là Christian Es­tro­si, Eric Ciot­ti, Ro­ger Ka­rout­chi et bien sûr Brice Hor­te­feux, pre­mier des sar­ko­zystes, qui se dé­lecte du re­tour en grâce de son cham­pion : « Il y a trois mois, on était une ving­taine ! »

Les son­dages, de fait, sont au beau fixe pour l’an­cien pré­sident. Il n’est pas fa­vo­ri, certes, mais plus vrai­ment chal­len­geur : se­lon TNS Sofres, il gagne 9 points en un mois, à 44 % chez les élec­teurs de droite, contre 41 % pour son ri­val Alain Jup­pé (- 6 points). Mieux, il bon­dit de 17 points chez les sym­pa­thi­sants LR à 6 5 % ( 5 2 % pour J up­pé, soit - 14).

« Ça va mieux », plai­sante un proche en pa­ra­phra­sant Fran­çois Hol­lande. « Je suis convain­cu qu’il va ga­gner la pri­maire », pa­rie le Ni­çois Eric Ciot­ti. C’est à par­tir de de­main soir, une fois va­li­dé le pro­jet du par­ti pour 2017 (lire ci-des­sous), que s’ou­vri­ra la pé­riode du­rant la­quelle Nicolas Sar­ko­zy en­ta­me­ra sa mue, pour pas­ser du sta­tut de chef de l’op­po­si­tion à ce­lui de can­di­dat à la ma­gis­tra­ture su­prême.

« On va voir un homme en pleine pos­ses­sion de ses moyens, qui fait du vé­lo, du sport »

Après un der­nier mee­ting le 12 juillet en Corse avec le chi­ra­quien Fran­çois Ba­roin, le « fauve », comme le sur­nomme sa garde rap­pro­chée, par­ti­ra se mettre au vert. Des va­cances qu’il pas­se­ra en France, entre la vil­la fa­mi­liale des Bru­ni Te­des­chi au cap Nègre (Var) et le splen­dide do­maine corse de Mur­to­li, le tout entre deux ren­contres mi­li­tantes. Car ce bou­li­mique de po­li­tique n’en­tend pas res­ter in­ac­tif. « L’été va lui être bé­né­fique. On va voir un homme en pleine pos­ses­sion de ses moyens, qui fait du vé­lo, du sport », pa­rie un cadre, dans une al­lu­sion va­charde à l’âge de Jup­pé.

Quand se dé­cla­re­ra-t-il ? « Le 7 août, de­puis la Corse, à la Bo­na­parte ! » trom­pette un proche en écla­tant de rire. Plus sé­rieu­se­ment, la fe­nêtre de tir s’ouvre au­tour du 20 août, pour la ren­trée po­li­tique, et se ferme le 26 août, date à la­quelle il de­vra avoir ren­du les clés du par­ti pour pou­voir se pré­sen­ter. Au prin­temps, quand ses son­dages flot­taient, que son re­tour pei­nait à convaincre, cer­tains dans son pre­mier cercle le som­maient d’ac­cé­lé­rer son en­trée en cam­pagne à la mi-juillet. « Tu pars trop tard, tu ne rat­tra­pe­ras pas Jup­pé ! » lui mur­mu­raien­tils. « Le 13 juillet, la veille de l’in­ter­ven­tion so­len­nelle de Hol­lande, ça au­rait eu de la gueule », sou­rit un responsable LR. Sar­ko­zy a mis son ve­to, en ani­mal po­li­tique qui a tou­jours eu le sens du ti­ming. Il a son ca­len­drier bien en tête.

Il consi­dère, de plus, que la lourde ac­tua­li­té de ce dé­but d’été, entre la me­nace ter­ro­riste, le Brexit et les cor­tèges syn­di­caux, le sert sans qu’il ait be­soin d’en faire da­van­tage. En off, cer­tains proches de Fran­çois Hol­lande l’avouent d’ailleurs : « Sar­ko est bon, en ce mo­ment. » C’est sur ce cré­neau de l’au­to­ri­té qu’il axe­ra sa cam­pagne pour la pri­maire. Son grand atout, à ses yeux. Quant à la ligne po­li­tique, pas de « gros rouge qui tache », mais des idées cli­vantes de « droite as­su­mée ». « J’ai été pré­sident, je ne peux pas dire n’im­porte quoi », ré­pète-t-il. Mais il se­ra, se­lon Brice Hor­te­feux, « trans­gres­sif ». Ceux qui le sus­pectent de vou­loir « faire du Trump » se trompent, donc. Sar­ko­zy n’a guère de sym­pa­thie pour le mil­liar­daire amé­ri­cain. « Il vote Hilla­ry », confie l’un de ses amis. @Na­tha­lieS­chuck

Alors qu’il conti­nue de mon­ter dans les son­dages, Nicolas Sar­ko­zy va pas­ser cet été du sta­tut de chef de l’op­po­si­tion à ce­lui de can­di­dat à l’Ely­sée.

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