Treize sus­pects pla­cés en dé­ten­tion

Aujourd'hui en France - - TERRORISME - AN­TOINE TERREL

L’en­quête avance en Tur­quie. Au sur­len­de­main du triple at­ten­tat sui­cide qui a frap­pé l’aé­ro­port in­ter­na­tio­nal Atatürk, à Is­tan­bul, le bi­lan s’est alour­di hier. Il est dé­sor­mais de 44 morts, dont 19 étran­gers, et de plus de 200 bles­sés. Dans un dis­cours au Par­le­ment, le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ef­kan Ala, a af­fir­mé que treize per­sonnes, dont quatre res­sor­tis­sants étran­gers, avaient été ar­rê­tées par la po­lice et pla­cées en dé­ten­tion dans le cadre de l’en­quête sur l’at­ten­tat. Les au­to­ri­tés d’An­ka­ra se sont pour l’ins­tant re­fu­sées à tout com­men­taire of­fi­ciel concer­nant l’iden­ti­té des trois ka­mi­kazes du com­man­do. Mais un haut responsable, sous cou­vert d’ano­ny­mat, a af­fir­mé qu’ils ve­naient « de Rus­sie, d’Ouz­bé­kis­tan, et du Kir­ghi­zis­tan ». Le quo­ti­dien « Hür­riyet », lui, a don­né un nom, ce­lui d’Os­man Va­di­nov. Ce com­bat­tant tchét­chène au­rait re­joint la Tur­quie de­puis Ra­q­qa, l’un des prin­ci­paux fiefs du groupe Etat is­la­mique (EI) en Sy­rie. Une in­for­ma­tion qui a été dé­men­tie par le Krem­lin. Hier, le Pre­mier mi­nistre, Bi­na­li Yil­di­rim, a don­né des dé­tails sur le mode opé­ra­toire des ter­ro­ristes. Ceux­là au­raient d’abord ten­té de pas­ser les contrôles de sé­cu­ri­té à l’en­trée de l’aé­ro­gare avant de se ra­vi­ser, pour fi­na­le­ment ti­rer dans la foule avec des ka­lach­ni­kovs. Des armes qu’ils dis­si­mu­laient sous des man­teaux noirs. L’un d’eux se se­rait fait ex­plo­ser à l’ex­té­rieur, les deux autres pro­fi­tant de la pa­nique pour en­trer dans l’aé­ro­port et y dé­clen­cher leurs cein­tures d’ex­plo­sifs.

D’autres at­ten­tats sont à pré­voir

Le triple at­ten­tat n’a tou­jours pas été re­ven­di­qué, mais le gou­ver­ne­ment turc pri­vi­lé­gie la piste des dji­ha­distes de Daech. Un avis par­ta­gé par le di­rec­teur de la CIA, John Bren­nan, pour qui l’at­ten­tat porte « la marque de la dé­pra­va­tion de l’EI ». La Tur­quie est très ex­po­sée aux at­taques de l’or­ga­ni­sa­tion dji­ha­diste d’abord par sa po­si­tion géo­gra­phique, aux portes de la Sy­rie et de l’Irak. Mais aus­si en rai­son de ses rap­ports am­bi­gus avec Daech. Certes, de­puis oc­tobre 2015 et un double at­ten­tat qui avait tué 103 per­sonnes en plein coeur d’An­ka­ra, le gou­ver­ne­ment de Re­cep Tayyip Er­do­gan com­bat ré­so­lu­ment l’EI. Mais les au­to­ri­tés turques se sont long­temps mon­trées com­plai­santes avec les dji­ha­distes avec qui elles par­tagent un ob­jec­tif com­mun en Sy­rie : le dé­part de Ba­char al-As­sad, bête noire d’Er­do­gan. Les spé­cia­listes es­timent que d’autres at­ten­tats sont à pré­voir. Se­lon l’agence de presse pro­gou­ver­ne­men­tale Ana­do­lu, les forces turques ont abat­tu, sa­me­di, à la fron­tière sy­rienne, deux membres pré­su­més de l’or­ga­ni­sa­tion. L’un des deux, Mo­ham­mad Arab, am­bi­tion­nait de frap­per les villes d’Ada­na ou d’An­ka­ra.

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