Alors, on danse !

MU­SIQUE. Le nombre de boîtes de nuit di­mi­nue, mais pas ce­lui des tubes ni des oc­ca­sions de faire la fête, dans de nou­veaux bars ou même chez soi…

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Ka­mel Oua­li, cho­ré­graphe de co­mé­dies mu­si­cales EM­MA­NUEL MAROLLE AVEC RE­NAUD BARONIAN

LA CHAN­SON DE STROMAE n’a ja­mais au­tant ré­son­né que ces jours-ci. A quelques jours des va­cances d’été, on a ef­fec­ti­ve­ment be­soin de se lâ­cher. Grèves, hoo­li­gans, ter­ro­risme, pluie. « Quand y en a plus et ben y en a en­core », dit le pro­dige belge dans son tout pre­mier tube sor­ti en 2010. Alors on danse, pour ou­blier, pour éva­cuer, pour s’amu­ser en­fin. « C’est vi­tal pour se net­toyer, le corps et la tête en ont vrai­ment be­soin, confirme Marion Mo­tin, dan­seuse à qui l’on doit les cho­ré­gra­phies de Ch­ris­tine and The Queens et de Stromae jus­te­ment, ain­si que les ta­bleaux ver­ti­gi­neux de la co­mé­die mu­si­cale Ré­siste. Il y a énor­mé­ment de ten­sions au­jourd’hui et j’ai l’im­pres­sion que l’on danse moins qu’avant dans les soi­rées. On passe beau­coup de temps à dé­battre, à se prendre la tête. On ne lâche pas prise. »

Et la dis­pa­ri­tion du nombre de boîtes en France n’aide pas à se re­muer. Se­lon une étude de la Sa­cem (So­cié­té des au­teurs, com­po­si­teurs et édi­teurs de mu­sique), les dis­co­thèques étaient près de 4 000 en France dans les an- nées 1980 et à peine 2 200 en 2014, plom­bées par un chiffre d’af­faires en baisse et une ré­gle­men­ta­tion plus sé­vère sur le ta­bac et l’al­cool. « De­puis deux ans, les chiffres se sont sta­bi­li­sés, com­mente Sté­phane Rous­seau, di­rec­teur du ré­seau de la Sa­cem, char­gé des études. On constate deux mou­ve­ments : une concen­tra­tion de l’ac­ti­vi­té au­tour des grands éta­blis­se­ments de plus de 1 000 places, tan­dis que les autres conti­nuent à vi­vo­ter. Ceux qui dis­pa­raissent ou ont dis­pa­ru sont les pe­tits éta­blis­se­ments en pro­vince et en centre-ville. L’an­née 2015 a été dif­fi­cile, en par­ti­cu­lier en ré­gion pa­ri­sienne à cause des at­ten­tats des der­niers mois. »

Pour­tant, tout le monde a en­vie de bou­ger. Ne croyez pas ceux qui res­tent dans leur coin abri­té der­rière le « Je ne sais pas dan­ser ». « C’est faux, tout le monde aime dan­ser », ré­fute Ka­mel Oua­li, cho­ré­graphe de co­mé­dies mu­si­cales comme « les Dix Com­man­de­ments », « le Roi So­leil » ou en­core « Dra­cu­la ». « C’est une li­ber­té qu’on s’oc­troie ou pas. On ose ou pas. On le voit bien avec ceux qui se lancent après avoir bu un ou deux verres. »

Alors on danse donc… Et ça tombe bien, car beau­coup de chan­sons sont là pour ça, ces der­nières se­maines : de Jus­tin Tim­ber­lake à Mo­ko­bé, des su­per­stars Da­vid Guet­ta et Cold­play aux ré­vé­la­tions Jain et A-Wa. A cha­cun son rythme, à cha­cun sa chan­son. Même s’il y a des émo­tions com­munes. C’est ce qu’a ré­vé­lé dans une étude Ja­cob Jo­lij, un cher­cheur en neu­ros­ciences de l’uni­ver­si­té de Gro­nin­gen aux Pays-Bas l’an pas­sé. Se­lon lui, les chan­sons qui nous rendent heu­reux, telles que « Girls Just Want to Have Fun » de Cin­dy Lau­per, « Up­town Girl » de Billy Joel ou « I Will Sur­vive » de Glo­ria Gay­nor, sont celles qui uti­lisent une sé­rie de notes en mode ma­jeur, des pa­roles po­si­tives et un rythme à 150 bat­te­ments par mi­nute. Pas éton­nant que ce­la se tra­duise en pul­sa­tions… comme celle du coeur. Alors, tu danses ?

@ema­rolle

« C’est une li­ber­té qu’on s’oc­troie ou pas »

Pour en­fin lâ­cher prise après une an­née éprou­vante, rien de tel que de se lais­ser al­ler sur un tube de l’été.

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