« Cer­taines dis­co­thèques sont dé­pas­sées »

Bru­no Blan­ckaert,

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos re­cueillis par R.B. E.M.

SON CLUB est une adresse my­thique. Bru­no Blan­ckaert est pa­tron du Rex Club et pré­sident de la Chambre syn­di­cale des ca­ba­rets, dis­co­thèques et salles de spec­tacles. Il confirme la baisse du nombre de boîtes de nuit et ana­lyse l’évo­lu­tion des lieux où l’on danse. Com­ment ex­pli­quez-vous la chute du nombre de dis­co­thèques ? BRU­NO BLAN­CKAERT. Cer­tains mo­dèles sont dé­pas­sés. Ceux qui ferment n’ont pas su s’adap­ter. En ca­ri­ca­tu­rant, les soi­rées mousse ou py­ja­mas ne sont plus en phase avec les nou­veaux com­por­te­ments fes­tifs — des « be­fore » en dé­but de soi­rée, des « af­ter » tard dans la nuit — in­duits par l ’ ex­plo­sion de l a mu­sique élec­tro. Les nou­velles ré­gle­men­ta­tions re­la­tives à l’al­cool, au ta­bac et Où danse-t-on au­jourd’hui ? Les dis­co­thèques et les clubs existent tou­jours, mais il y a des nou­veaux types de lieux, les bars d’am­biance mu­si­cale. On y boit des bières ou des cock­tails, et à cer­taines heures ces lieux pro­gramment de la mu­sique pour dan­ser, no­tam­ment pour ce qu’on ap­pelle l’« af­ter­work », soit boire un verre et dan­ser dès la sor­tie du tra­vail, vers 18 heures ou 19 heures. A cette heure, c’est plein à cra­quer, puis il y a une baisse de fré­quen­ta­tion, et un nou­veau pic On danse aus­si de plus en plus à la mai­son, non ? Le phé­no­mène de la dis­co­thèque pri­vée se dé­ve­loppe, en de­hors des grandes ag­glo­mé­ra­tions où il n’y a pas de pro­blèmes de voi­si­nage. Des par­ti­cu­liers or­ga­nisent des fêtes dans des fermes, par exemple, avec ac­cès payant et par­tage de frais sur les bois­sons, et des ani­ma­tions et pres­ta­tions de DJ. Pour nous, c’est une forme de concur­rence sau­vage : ça échappe à la Sa­cem, au fisc… « En v’la du slow en v’la. » La chan­son de Mi­chel Jo­nasz en­re­gis­trée en 1978 a pris un coup de vieux. Non pas qu’elle soit sou­dain rin­garde. Mais le slow, lui, semble dé­pas­sé. Faites un pe­tit test au­tour de vous. Plus per­sonne ne le danse. « C’est vrai, confirme Fauve Hau­tot, dan­seuse et cho­ré­graphe po­pu­la­ri­sée par l’émis­sion Danse avec les stars, ren­dez-vous in­con­tour­nable de la danse à deux. Je pense que les gens sont plus mé­fiants au­jourd’hui. Il y a une sen­sua­li­té qui émane de cette danse, c’est in­ti­miste. On est un peu crain­tifs à l’idée de tou­cher quel­qu’un. Per­son­nel­le­ment, si je danse un slow, c’est avec mon mec ! »

Des chan­sons très ryth­mées

On ima­gine alors que les cam­pings re­pré­sentent les der­niers bas­tions de ré­sis­tance où l’on aime dan­ser lan­gou­reu­se­ment. « Pas vrai­ment, non, tempère Julia Witt­mann, l’une des res­pon­sables du cam­ping de la Dune, ce­lui du film « Cam­ping », au Py­la-sur-Mer, qui peut ac­cueillir près de 900 cam­peurs. Ce sont sur­tout des jeunes qui dansent dans nos soi­rées ani­mées par un DJ. Et ils pré­fèrent s’écla­ter sur des chan­sons très ryth­mées. Ils ne de­mandent pas de slows. Ils doivent même trou­ver ça un peu désuet. Ça ne les em­pêche pas de dra­guer, mais pas sur des slows. » La pro­duc­tion mu­si­cale n’aide pas non plus à per­pé­tuer l’idée du slow. A part le « Hel­lo » d’Adele, la ra­dio dé­fend da­van­tage des tubes up tem­po, comme disent les spé­cia­listes, soit très ryth­més. Alors il faut al­ler pui­ser dans des chan­sons plus an­ciennes et res­sor­tir les bons vieux « Ho­tel Ca­li­for­nia » des Eagles, « Still Lo­ving You » de Scor­pions voire « Take My Breath Away », la bande ori­gi­nale de Top Gun. Autre temps, autres moeurs…

Où est pas­sé le slow ?

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