Son hit pla­né­taire est né dans sa chambre

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - ERIC BU­REAU

« J’ÉTAIS dans ma chambre d’étu­diant, je bi­douillais sur mon or­di­na­teur et mon syn­thé. J’ai trou­vé par ha­sard sur In­ter­net cette chan­son entre soul et blues. Je l’ai ac­cé­lé­rée pour la rendre dan­sante. Et je l’ai mis sur Sound­cloud, une plate-forme de par­tage. » Faire un tube, en 2016, c’est aus­si simple que ça. L’in­croyable his­toire de Valentin Brunel, 19 ans, alias Kungs, et de « This Girl », son tube pla­né­taire, nu­mé­ro un des ventes d’An­gle­terre en Aus­tra­lie en pas­sant par l’Al­le­magne, cu­mu­lant 85 mil­lions d’écoutes et 35 mil­lions de vues sur le Net dans le monde.

On at­trape Kungs — pro­non­cé « koungz », qui si­gni­fie gentleman en let­ton — entre un concert en Ma­cé­doine et un autre à Ibi­za. « This Girl » est un « re­work », la re­lec­ture d’une chan­son in­con­nue du groupe aus­tra­lien Coo­kin’On 3 Bur­ners. Il y a deux ans, Valentin Brunel fait ses pre­miers « re­works » sans ob­jec­tif pro­fes­sion­nel. « J’ai com­men­cé le pre­mier tri­mestre de ter­mi­nale et plus l’an­née avan­çait, plus mes notes bais­saient », sou­rit-il.

La pre­mière par­tie de Da­vid Guet­ta à Ber­cy

Son bac S en poche, Valentin s’ins­talle à Aix-en-Pro­vence et s’ins­crit en DUT GEA (ges­tion des en­tre­prises et des ad­mi­nis­tra­tions). Mais sa tête est ailleurs. Il passe ses jour­nées à re­mixer, Bob Mar­ley, La­na Del Rey, et à par­ta­ger son tra­vail sur In­ter­net avec d’autres bi­douilleurs ma­lins, comme Lost Fre­quen­cies. « On est une grande com­mu­nau­té, une nou­velle gé­né­ra­tion qui aime la mu­sique, mais n’y connaît rien tech­ni­que­ment, avoue Valentin. A part de la gui­tare à cinq ans et du djem­bé avec ma mère, je n’ai ja­mais joué dans un groupe. »

Une gé­né­ra­tion qui se lance sans peur ni ré­seau — son père est mé­de­cin, sa mère comp­table —, mais pas sans am­bi­tion. « Une agence lil­loise de ma­na­ge­ment de DJ m’a ap­pe­lé pour dé­mar­cher les ra­dios et les mai­sons de disques, ra­conte-t-il. Pen­dant ce temps, je me suis mis à com­po­ser et j’ai ap­pris à mixer. J’ai de­man­dé aux DJ du Mis­tral, une dis­co­thèque d’Aix, de m’ap­prendre. »

Deux se­maines d’ap­pren­tis­sage et le 17 dé­cembre 2015 Valentin fait sa pre­mière ex­pé­rience gran­deur na­ture à… Ber­cy. « Le jour de mes 19 ans, je signe avec le la­bel Bar­clay et je fais la pre­mière par­tie de Da­vid Guet­ta de­vant 17 000 per­sonnes. Vous ima­gi­nez, un im­mense bon­heur et un grand stress. Ce­la va vite. J’ai aban­don­né mes études et de­man­dé à mes pa­rents de me lais­ser trois ans pour réus­sir. Ils ont été com­pré­hen­sifs. C’est quand il a vu le nombre de vues sur In­ter­net que mon père m’a pris au sé­rieux. »

Mais le plus dur com­mence : trans­for­mer l’es­sai avec son deuxième single, « Don’t You Know », sor­ti il y a une se­maine, et son pre­mier al­bum, avec ses propres chan­sons, pro­gram­mé fin sep­tembre. @Eric_Bu­reau Kungs : avec « This Girl », il va vous faire dan­ser tout l’été !

Pa­ris (Ve), le 2 juin. Après avoir re­mixé une chan­son aus­tra­lienne trou­vée sur In­ter­net, Valentin Brunel, alias Kungs, fait dan­ser la pla­nète.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.