Au FN on saute de joie

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Ni­co­las Bay, se­cré­taire gé­né­ral du FN VALÉRIE HACOT

DÉ­CI­DÉ­MENT, l’ac­tua­li­té eu­ro­péenne n’en fi­nit pas d’être une source de ré­jouis­sance pour le Front na­tio­nal. Ven­dre­di der­nier, Ma­rine Le Pen et ses lieu­te­nants sa­braient le cham­pagne pour cé­lé­brer la vic­toire du Brexit. Hier, les cadres fron­tistes sau­taient de joie à l’an­nonce de l’an­nu­la­tion des élec­tions au­tri­chiennes. « Ce nou­veau scru­tin est une très bonne nou­velle pour les pa­triotes et s’ins­crit dans le prin­temps des peuples que nos pays sont en train de vivre », se ré­jouit la pré­si­dente du par­ti d’ex­trême droite qui avait fait un dé­pla­ce­ment à Vienne le 17 mai avec son groupe d’eu­ro­dé­pu­tés. Et de conclure : « Vien­dra bien­tôt le tour de la France. »

Cette der­nière phrase en dit long sur l’es­poir que l’exemple au­tri­chien fait naître au sein du FN. Fin mai, la — très courte — dé­faite de Nor­bert Ho­fer, le can­di­dat du FPÖ, le par­ti d’ex­trême droite au­tri­chien al­lié de longue date du FN au Par­le­ment de Stras­bourg, avait été vé­cue comme une nou­velle douche froide par les fron­tistes. La der­nière illus­tra­tion en date du fa­meux « pla­fond de verre » qui em­pêche les par­tis po­pu­listes — FN en tête, en at­testent les der­nières élec­tions ré­gio­nales — de trans­for­mer l’es­sai au se­cond tour et d’ac­cé­der au pou­voir. De­puis des se­maines, les cadres du par­ti d’ex­trême droite fran­çais n’avaient d’ailleurs ja­mais ces­sé de dé­non­cer les « fraudes » qui avaient, se­lon eux, en­ta­ché le scru­tin au­tri­chien.

Hier, dans la fou­lée de la dé­ci­sion du Conseil consti­tu­tion­nel au­tri­chien, i l s s ’ en sont à nou­veau don­né à coeur joie sur ce thème. « Pré­si­den­tielle au­tri­chienne an­nu­lée : tri­cheur, le sys­tème se prend les pieds dans le ta­pis », s’en­flamme le maire d’Hé­nin-Beaumont, Steeve Briois, sur Twit­ter. Tan­dis que Flo­rian Phi­lip­pot, le vice-pré­sident du FN, s’en­thou­siasme : « Nou­velle élec­tion pré­si­den­tielle en Au­triche après la triche du sys­tème contre les pa­triotes. Vive la dé­mo­cra­tie ! » Et ce même si la plus haute ju­ri­dic­tion au­tri­chienne parle « d’ir­ré­gu­la­ri­tés » et non de fraudes pour mo­ti­ver sa dé­ci­sion.

Le FN veut dé­sor­mais croire aux chances du FPÖ pour la pro­chaine

« Ce­la montre qu’il y a une dy­na­mique qui pro­gresse par­tout en Eu­rope »

élec­tion. De quoi don­ner des ailes à Ni­co­las Bay, son se­cré­taire gé­né­ral : « Ce­la montre qu’il y a une dy­na­mique qui n’est pas seule­ment fran­co­fran­çaise, mais qui pro­gresse par­tout en Eu­rope. C’est un mes­sage fort pour les pa­triotes : ils peuvent de­ve­nir ma­jo­ri­taires. » C’est al­ler un peu vite en be­sogne : rien n’est en­core joué en Au­triche. @vha­cot1

Vienne (Au­triche), le 17 mai. Alors ac­cueillie par le lea­deur du FPÖ, Ma­rine Le Pen avait sa­lué la pré­sence du par­ti au­tri­chien au se­cond tour, par­lant de « prin­temps des peuples » et es­pé­rant « bien­tôt le tour de la France ».

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