« Il faut être rê­veur »

Her­vé Mi­chel,

Aujourd'hui en France - - SOCIÉTÉ - V. MD.

HER­VÉ MI­CHEL* est un chas­seur de ma­gots pré­coce : il a ten­té de s’em­pa­rer de son pre­mier tré­sor à l’âge de 14 ans, ce­lui, dis­si­mu­lé du­rant la Ré­vo­lu­tion, de la char­treuse de Ville­neuve-lès-Avi­gnon (Vau­cluse). « J’ai éplu­ché tous les do­cu­ments his­to­riques dans les bi­blio­thèques, j’ai ex­plo­ré tous les sou­ter­rains pos­sibles, mais je n’ai ja­mais mis la main sur les tonnes d’or es­pé­rées », sou­ri­til. De­puis, cet écri­vain-aven­tu­rier de 52 ans ba­sé à L’Isle-sur-la-Sorgue n’a ja­mais ces­sé de ten­ter de dé­ter­rer le bu­tin du siècle aux quatre coins du monde, au Pa­kis­tan comme au large de Ma­da­gas­car. Sans… tom­ber sur le vé­ri­table jack­pot !

« Ce qui m’in­té­resse, c’est l’ex­ci­ta­tion de cher­cher, il faut être rê­veur », ré­sume-t-il. Her­vé a exer­cé 36 mé­tiers : sol­dat dans l’in­fan­te­rie de ma­rine, garde du corps, pi­lote de stock-car, dres­seur de chiens, ins­truc­teur de plon­gée… Il y a quelques mois en­core, il ven­dait des dé­tec­teurs de mé­taux, ces fa­meuses poêles à frire qui aident à dé­ni­cher des pé­pites en­fouies. Les par­ti­cu­liers qui soup­çon­naient leurs an­cêtres d’avoir ca­ché dans les en­trailles de la mai­son fa­mi­liale un pac­tole fai­saient aus­si ap­pel à lui.

« Au to­tal, j’ai re­trou­vé une soixan­taine de ki­los d’or, es­sen­tiel­le­ment sous forme de na­po­léons et de lin­gots », ra­conte le pros­pec­teur, qui s’oc­troyait la moi­tié de la manne. Mais sa plus forte mon­tée d’adré­na­line, il l’a eue en 2012 au Ve­ne­zue­la, sur les traces d’un tré­sor aban­don­né par un pi­rate gal­lois du XVIIe siècle. Sur place, un in­for­ma­teur lui an­nonce qu’une ri­vière vient de re­cra­cher des pièces de mon­naie da­tant de quatre siècles. Ar­mé d’une ma­chette et d’un cha­peau à la In­dia­na Jones, notre nu­mis­mate suit alors cette piste à tra­vers la jungle. « Je n’avais pas d’au­to­ri­sa­tion of­fi­cielle, il fal­lait que je fasse preuve d’une grande dis­cré­tion », souffle-t-il. L’en­quête conduit à une grotte in­ex­plo­rée, ju­gée mau­dite par les au­toch­tones.

« Après 1 km dans les ga­le­ries, je me suis re­trou­vé dans une grande salle na­tu­relle au mi­lieu de la­quelle cou­lait un ruis­seau. Mon dé­tec­teur a alors son­né. J’ai ré­cu­pé­ré 5 ou 6 pièces an­ciennes et des boucles en fer de chaus­sures de ma­rin », se sou­vient-il. Mais alors qu’il est per­sua­dé de flir­ter avec les coffres plan­qués par le fli­bus­tier, il est contraint de re­mon­ter à la sur­face, pié­gé par la mon­tée des eaux en rai­son d’un orage tro­pi­cal.

Il prend en­suite contact avec les au­to­ri­tés lo­cales pour leur faire part de sa dé­cou­verte. « Mais d’un seul coup, tout s’est ver­rouillé », regrette-t-il. Il n’est ja­mais re­tour­né dans les ca­vi­tés res­tées inon­dées du­rant un an.

Qu’im­porte, il ne manque pas de ter­rains de jeu. Sur­tout sous les flots : « Il existe dans le monde 3 mil­lions d’épaves en­glou­ties, 300 000 ont été re­cen­sées et 3 000 seule­ment ex­plo­rées. Les océans sont le plus grand cof­fre­fort de la pla­nète. » * Il narre ses pé­ré­gri­na­tions sur le site www.her­ve­mi­chel.net.

Sur la piste des fli­bus­tiers au Ve­ne­zue­la

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