Un res­pon­sable des Res­tos du coeur agres­sé

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis) CA­ROLE STERLÉ (AVEC SÉ­BAS­TIEN THO­MAS)

QU’ELLES VIENNENT de la mai­rie de Mon­treuil ou des Res­tos du coeur, les nou­velles concer­nant l’état de Ri­chard Sau­tour étaient ras­su­rantes hier soir. Ce res­pon­sable de l’an­tenne des Res­tos du coeur à Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis) a été hos­pi­ta­li­sé hier ma­tin dans un état très pré­oc­cu­pant, après avoir re­çu plu­sieurs coups de cou­teau au ventre. Un couple, les agres­seurs pré­su­més, est re­cher­ché.

Il s’agi­rait d’une femme voi­lée et d’un homme d’ori­gine afri­caine. C’est le bles­sé qui a four­ni ces élé­ments aux se­cours. Le cou­teau de cui­sine en­core dans le ventre, il a pu don­ner l’alerte.

Il avait por­té plainte après avoir re­çu un cercueil en car­ton

D’après son ré­cit, le couple se se­rait pré­sen­té vers 7 h 20 au lo­cal qui était fer­mé. Ri­chard Sau­tour au­rait es­qui­vé un coup de hache por­té par l’homme, mais pas les coups de cou­teau as­sé­nés par la femme. Le couple au­rait pris la fuite en aban­don­nant ses armes sur place, au cri d’« Al­lah ak­bar, chien d’in­fi­dèle ».

Les se­cours ont d’abord re­dou­té une hé­mor­ra­gie, mais en fin de ma­ti­née, le pro­nos­tic vi­tal de la vic­time n’était plus en­ga­gé. L’in­ca­pa­ci­té totale de tra­vail a été éva­luée à sept jours. Ri­chard Sau­tour n’a pas en­core pu être en­ten­du par la bri­gade cri­mi­nelle de la PJ de Pa­ris, sai­sie par le par­quet de Bo­bi­gny pour ten­ta­tive de meurtre. En avril, il avait dé­po­sé plainte au com­mis­sa­riat pour des menaces de mort après avoir re­çu à l’as­so­cia­tion un pe­tit cercueil en car­ton avec une note où était écrit « chien in­fi­dèle ».

Toute la jour­née, les po­li­ciers ont ins­pec­té les lieux et le quar­tier. Dans la ruelle bor­dée d’im­meubles et de pa­villons, la nou­velle a créé une onde de choc à la me­sure de la no­to­rié­té de ce­lui que tout le monde ap­pelle par son pré­nom. « Ri­chard aide tout le monde, dès qu’il y a un pro­blème, il le ré­sout », lâche une femme de mé­nage qui tra­vaille à cô­té.

« Il a l’ha­bi­tude d’al­ler aux Res­tos à pied », ex­plique un ami qui croise sou­vent Ri­chard Sau­tour le ma­tin. « Il est très dé­voué, aus­si bien aux Res­tos du coeur que dans la co­pro­prié­té », ex­plique ce voi­sin.

L’an­tenne des Res­tos de Mon­treuil est la plus im­por­tante de Seine-SaintDe­nis (1 000 fa­milles). Elle ac­cueille no­tam­ment un re­lais bé­bé, un es­pace se­nior, un pôle cul­ture, un ca­bi­net de psy­cho­logue. Le 3 avril 2015, Ri­chard Sau­tour avait consta­té le vol du ca­mion fri­go­ri­fique de l’as­so­cia­tion. « C’était le jour de ma fête, je ne pour­rais ja­mais l’ou­blier, nous avait-il confié alors. J’étais ef­fon­dré car un mois plus tard, on de­vait nour­rir 400 fa­milles… » Il avait lan­cé une sous­crip­tion pour per­mettre le ra­chat d’un ca­mion. « Il est tou­jours sou­riant, tou­jours gen­til », com­mente une bénéficiaire si­dé­rée. VI­DÉO le­pa­ri­sien.fr Mon­treuil : le di­rec­teur des Res­tos du coeur agres­sé au cou­teau

Mon­treuil (Seine-Saint-De­nis), hier. Les po­li­ciers ont ins­pec­té les lieux de l’agres­sion de Ri­chard Sau­tour (ci-des­sus, à l’au­tomne der­nier, dans les lo­caux de l’an­tenne des Res­tos de la ville) toute la jour­née.

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