Les bra­queurs ai­maient trop la haute joaille­rie

IN­TER­PEL­LA­TIONS. Huit hommes, soup­çon­nés d’avoir dé­va­li­sé ces der­niers mois deux bou­tiques Cha­nel et Cho­pard à Pa­ris, ont été ar­rê­tés et pré­sen­tés au juge hier.

Aujourd'hui en France - - FAITS DIVERS - Une source proche de l’af­faire STÉ­PHANE SELLAMI

ILS N’IMAGINAIENT sans doute pas que la po­lice pour­rait re­mon­ter jus­qu’à eux aus­si vite… Huit per­sonnes, soup­çon­nées d’avoir pris part à deux au­da­cieux bra­quages de bi­jou­te­ries en plein coeur de Pa­ris — dont le se­cond a été com­mis fin mai —, étaient en cours de pré­sen­ta­tion, hier soir, de­vant un juge d’ins­truc­tion.

In­ter­pel­lés lun­di ma­tin à Pa­ris, Au­ber­vil­liers et La Cour­neuve (Seine-Saint-De­nis), ces huit membres pré­su­més d’un même gang de bra­queurs sont sus­pec­tés d’avoir fait main basse sur de pré­cieuses montres de luxe et des bi­joux dans des bou­tiques de l’en­seigne Cho­pard et Cha­nel. Se­lon nos in­for­ma­tions, tous ont nié leur im­pli­ca­tion dans les faits re­pro­chés. Les en­quê­teurs de la bri­gade de répression du banditisme (BRB), épau­lés par leurs col­lègues de la bri­gade de re­cherche et d’in­ter­ven­tion (BRI), ont re­mon­té leur piste après un mi­nu­tieux tra­vail d’in­ves­ti­ga­tion tous azi­muts.

« Ce sont des mal­fai­teurs mul­ti­carte »

« Des heures d’en­re­gis­tre­ments de vi­déo­sur­veillance ont été éplu­chées, confie une source proche de l’af­faire. Des re­cou­pe­ments entre de mul­tiples nu­mé­ros de téléphone qui ont dé­clen­ché des bornes au­tour des lieux des faits ont été réa­li­sés. Rien n’a été lais­sé au ha­sard. » Au cours des per­qui­si­tions des do­mi­ciles des sus­pects, les po­li­ciers n’ont re­trou­vé au­cun bi­jou pro­ve­nant des deux casses.

Le 19 mai der­nier, vers 12 h 15, sept in­con­nus, dont cer­tains mu­nis de fu­sils à pompe, se po­si­tionnent au­tour de la bou­tique Cha­nel, ave­nue Mon­taigne, dans le VIIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris. Plu­sieurs d’entre eux par­viennent à pé­né­trer dans le com­merce avant de bri­ser les vi­trines gar­nies de splen­dides pa­rures, bagues et autres boucles d’oreilles. Après s’être em­pa­rés de l e ur pré­ci e ux bu­ti n, e s t i mé à 2,2 M€, les mal­frats prennent la fuite, no­tam­ment au vo­lant d’une puis­sante Mer­cedes. Ce vé­hi­cule, vide de tout oc­cu­pant, est dé­cou­vert moins d’une heure après les faits, aban­don­né à Nanterre (Hauts-de-Seine).

La même équipe est éga­le­ment soup­çon­née d’un bra­quage en­core plus pé­rilleux, com­mis le 11 dé­cembre 2015, à moins de 50 m du… pa­lais de l’Ely­sée ! Ce jour-là, vers 11 h 30, un homme seul se pré­sente de­vant l’en­trée de la bou­tique Cho­pard. Une fois à l’in­té­rieur, il dis­si­mule son vi­sage sous un masque puis ex­hibe une arme de poing. Très ra­pi­de­ment, il fait main basse sur de nom­breux bi­joux es­ti­més à près d’un mil­lion d’eu­ros avant de quit­ter pres­te­ment les lieux. A l’ex­té­rieur, plu­sieurs de ses com­plices as­surent ses ar­rières avant de prendre la fuite avec lui.

Tou­jours se­lon nos in­for­ma­tions, ces mal­fai­teurs, âgés de 25 à 35 ans, qua­li­fiés de « beaux mecs » (NDLR : des voyous d’en­ver­gure dans le jar- gon po­li­cier), dé­jà connus pour des vols à main ar­mée, ont été iden­ti­fiés au dé­tour d’une autre en­quête, por­tant sur des vols de 4 x 4 Range Ro­ver, éga­le­ment ini­tiée par la BRB. « Ce sont des mal­fai­teurs mul­ti­carte, es­time la même source. Leurs comptes ban­caires sont en cours d’ex­ploi­ta­tion par les spé­cia­listes du groupe d’in­ter­ven­tion ré­gio­nal (GIR) de Seine-Saint-De­nis. Il s’agit de dé­ter­mi­ner les éven­tuels in­ves­tis­se­ments réa­li­sés avec le fruit de leur bu­tin ».

Pa­ris (VIIIe), le 11 dé­cembre 2015. Le gang est no­tam­ment soup­çon­né de l’au­da­cieux bra­quage de cette bou­tique Cho­pard : un homme seul, mas­qué et ar­mé, s’était em­pa­ré de près d’1 M€ de bi­joux avant de prendre la fuite ai­dé de com­plices.

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