Les vé­ri­tés de Christian Prud­homme

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Pro­pos re­cueillis par DA­VID OPOCZYNSKI

À 55 ANS, Christian Prud­homme, le di­rec­teur du Tour de France, at­taque sa 10e Grande Boucle avec une égale convic­tion. « Di­ri­ger le Tour est un hon­neur dont j’es­père être digne et, même si ça peut être usant, je ne me sens pas fa­ti­gué », sou­rit l’an­cien jour­na­liste.

Le grand dé­part du Tour 2016

« Dif­fi­cile de trou­ver plus es­thé­tique que la mer­veille de l’Oc­ci­dent qu’est le Mont-Saint-Mi­chel. Ce se­ra aus­si une porte d’en­trée pour tout un cha­cun de voir que, si le Mont-Saint-Mi- chel est mon­dia­le­ment connu, il y a tant de jo­lies choses dans le dé­par­te­ment de la Manche à voir aus­si. Les grands dé­parts à l’étran­ger sont une op­por­tu­ni­té de mon­trer que le Tour rayonne. Mais, na­tu­rel­le­ment, par­tir de France est im­por­tant, sur­tout quand on a la chance de pou­voir com­bi­ner, comme cette an­née, l’as­pect spor­tif, es­thé­tique, géo­gra­phique et his­to­rique. »

Les fa­vo­ris

« Le cas­ting est très im­pres­sion­nant parce que j’aime aus­si voir que dans le Dau­phi­né, do­mi­né par Froome, les six pre­miers se tiennent en 57’’. Il ne man­quait que Quin­ta­na qui est al­lé ga­gner la Route du Sud et Bar­guil, 3e au Tour de Suisse… Donc, oui, il y a un gros pla­teau. J’en­tends aus­si et je sens chez les jeunes Fran­çais une vo­lon­té de jouer le jeu. Bar­det comme Bar­guil ont prou­vé dans le pas­sé, et en­core ré­cem­ment, qu’ils ai­maient ça, qu’ils étaient prêts à ten­ter des coups de loin. Ça, ça me plaît. »

La longue di­sette des Fran­çais

« Y au­ra-t-il en­fin un suc­ces­seur à Ber­nard Hi­nault (NDLR : der­nier lau­réat tri­co­lore en 1985) ? Je ne sais pas. En re­vanche, ce que je sais, c’est que les cou­reurs fran­çais sont bons. J’ai la convic­tion que leurs résultats des deux-trois der­nières an­nées se­ront confir­més et que Pi­not n’a pas fait, par ha­sard, 3e du Tour en 2014. J’aime avoir des cou­reurs dont on sent qu’ils sont dé­com­plexés. Est-ce que ce­la se­ra suf­fi­sant pour être 3e, 2e ou 1er ? Dif­fi­cile de ré­pondre. Mais, ils jouent et comptent pour le gé­né­ral. »

La sé­cu­ri­té

« La sé­cu­ri­té dé­pend d’abord du mi­nis­tère de l’In­té­rieur, de la po­lice et de la gen­dar­me­rie. Ber­nard Ca­ze­neuve a été très très clair et a ex­pli­qué le dis­po­si­tif. Il est ren­for­cé avec la pré­sence du GIGN. Nous en­cou­ra- geons les gens à ve­nir sans sac. Après il faut aus­si vivre. Mais ça ne veut pas dire que des me­sures ne sont pas prises. En course, il est bien évident que tous nos pi­lotes au­tos et mo­tos sont soi­gneu­se­ment choi­sis. Sur­tout, nous fe­rons tout notre pos­sible en termes d’an­nonces, de pré­ven­tion pour dire : res­tez du même cô­té de la route, te­nez les en­fants par la main. Pour que la fête reste la fête, il faut à un mo­ment faire un peu at­ten­tion et ne pas ve­nir avec son chien sur la route du Tour par exemple. Je n’ai ja­mais vu un chien heu­reux de voir pas­ser la ca­ra­vane… »

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