Llo­ris, l’as­su­rance tous risques

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Luc, le père d’Hu­go Llo­ris RONAN FOLGOAS

SAU­VER LA PA­TRIE, c’est son mé­tier. Et il le fait plu­tôt très bien. De­puis le dé­but de l’Eu­ro, Hu­go Llo­ris s’af­firme comme l’une des rares va­leurs sûres de Di­dier Des­champs. « Hu­go fait par­tie des meilleurs gar­diens du monde, s’en­flamme l’ar­rière droit tri­co­lore Ba­ca­ry Sa­gna. Pen­dant les quatre pre­miers matchs du tour­noi, il a dé­jà fait plu­sieurs pa­rades dé­ci­sives, dont une au bout de quatre mi­nutes lors du match d’ou­ver­ture. Fran­che­ment, il n’a rien à en­vier aux meilleurs, que ce soit l’Al­le­mand Neuer ou l’Ita­lien Buf­fon. »

En ce mois de juin, ses in­ter­ven­tions se comptent en ef­fet sur les doigts d’un gant, mais elles ont à chaque fois évi­té les pires tour­ments à ses co­équi­piers. Un ar­rêt à bout por­tant contre le Rou­main Stan­cu, une in­ter­ven­tion aé­rienne face à l’Al­ba­nie (après avoir été sau­vé par son po­teau) et un plon­geon dans les pieds du Suisse Em­bo­lo ponc­tuent son pre­mier tour .

Face à l’Ir­lande, en 8es de fi­nale, Llo­ris — 29 ans, 79 sé­lec­tions à ce jour dont 55 avec le bras­sard, un re­cord — pour­suit ses bonnes ac­tions. Alors que les Bleus sont dé­jà me­nés 1-0, il sauve son équipe de la dé­bâcle grâce à une dé­tente ho­ri­zon­tale sur sa gauche. « Ce qu’il fait sur ces der­niers matchs est la marque des grands, ap­pré­cie l’ex-gar- di­en in­ter­na­tio­nal Lio­nel Le­ti­zi (4 sé­lec­tions) qui a as­sis­té au dé­but de car­rière de Llo­ris à l’OGC Nice. Hu­go a, en moyenne, un ar­rêt à faire tous les deux matchs et il ré­pond pré­sent. Glo­ba­le­ment, je le sens très tran­quille. C’est aus­si le bé­né­fice de son ex­pé­rience des grandes com­pé­ti­tions in­ter­na­tio­nales après no­tam­ment deux Coupes du monde. Il n’est pas dé­pas­sé par la pres­sion d’un Eu­ro à do­mi­cile. »

Un point de vue com­plé­té par le père du ca­pi­taine des Bleus. « Ce poste de gar­dien est si in­grat qu’il faut tou­jours se mon­trer pru­dent, ex­pose Luc Llo­ris. Mais jus­qu’à pré- sent, je le sens à l’aise. Il est dans un état men­tal où la peur de mal faire a été dé­pas­sée. Il peut donc ex­pri­mer com­plè­te­ment ses qua­li­tés. »

Le fruit d’un che­mi­ne­ment per­son­nel et pro­fes­sion­nel de Nice à Tot­ten­ham, dans le nord de Londres, en pas­sant par Lyon. « Alors qu’il était re­con­nu comme le meilleur gar­dien fran­çais, sous le maillot de l’OL, il a re­joint la Pre­mier League en 2012 pour se frot­ter à ce qui se fait de plus dur dans son mé­tier, re­trace son père. Le poste de gar­dien est en ef­fet beau­coup plus ex­po­sé en An­gle­terre qu’ailleurs. Comme c’est tout pour l’at­taque, même les gar­diens des meilleures équipes ont beau­coup de tra­vail à ef­fec­tuer. »

No­tam­ment des sor­ties aé­riennes mus­clées. Un sec­teur du jeu où le der­nier rem­part fran­çais s’est per­fec­tion­né de­puis son ar­ri­vée outre-Manche et dans le­quel il ex­celle dé­sor­mais. « A ses dé­buts chez les pros, Hu­go par­tait à l’abor­dage, il était un peu fou fou, sou­rit Le­ti­zi. Au­jourd’hui, il fait preuve de dis­cer­ne­ment. » A l’is­sue des quatre pre­miers matchs de l’Eu­ro, le Ni­çois af­fiche d’ailleurs dans ce do­maine un taux de réus­site de 100 % (4 sor­ties aé­riennes réus­sies sur 4).

Autre as­pect de sa pa­lette tech­nique, son jeu au pied a long­temps sus­ci­té quelques ré­serves. Sans être un sur­doué dans ce do­maine, le gaucher s’est tou­te­fois lar­ge­ment amé­lio­ré. Contre l’Ir­lande, Hu­go Llo­ris a en ef­fet réussi douze de ses qua­torze re­lances longues au pied. Face à l’Is­lande, de­main, il lui fau­dra en­core sor­tir le grand jeu, sur une ac­tion, peut-être deux. Le sort des Bleus en dé­pend.

« Son poste est beau­coup plus ex­po­sé en An­gle­terre qu’ailleurs »

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