C’est la voix de l’au­to­route

RA­DIO. Sur la fré­quence 107,7 qui ac­com­pagne les usa­gers de l’au­to­route, Fran­cine Tho­mas les ai­guille. Les au­to­mo­bi­listes res­tent fi­dèles au poste, mal­gré la concur­rence des GPS.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - AY­ME­RIC RENOU

ON L’ÉCOUTE quand on prend la route, sou­vent en par­tant en va­cances. 107,7 FM fait par­tie du pay­sage de­puis vingt-cinq ans au­jourd’hui. Née le jour des pre­miers dé­parts en va­cances de l’été 1991, cette fré­quence unique par­ta­gée par les ra­dios d’au­to­route ac­com­pagne tou­jours des mil­lions de voya­geurs.

La concur­rence des GPS et des ap­pli­ca­tions de gui­dage sur smart­phone comme Waze ou Google Maps qui pul­lulent sur les ta­bleaux de bord, n’y change rien. La ra­dio reste la star de l’au­to­route quand il s’agit d’in­for­mer ses usa­gers. La prin­ci­pale d’entre elles, Ra­dio Vin­ci Au­to­routes, est ain­si écou­tée pen­dant 3 h 5 en moyenne en pé­riode de très fort tra­fic, sur un tra­jet moyen de 4 h 48, et avec une part d’au­dience de plus de 60 %, lar­ge­ment de­vant les ra­dios tra­di­tion­nelles !

Une femme-or­chestre…

« Vous rou­lez en di­rec­tion de Tours sur l’A 10 de­puis Poi­tiers, vous êtes ra­len­tis sur 2 km à l’ap­proche de l’ag­glo­mé­ra­tion en rai­son de tra­vaux. At­ten­tion donc aux coups de freins… » La voix de Fran­cine Tho­mas, 37 ans, dont treize à l’an­tenne de cette fré­quence, rythme de­puis dé­jà deux heures l’an­tenne de Ra­dio Vin­ci Au­to­routes. Dans le stu­dio ins­tal­lé à Rueil-Malmaison (Hauts-deSeine), elle as­sure ce mar­di la tranche 10 heures-15 heures. Une tâche qui lui donne des al­lures de fem­meor­chestre, à la fois jour­na­liste, ani­ma­trice et DJ. Pas le temps, ou presque, de res­pi­rer face à 17 écrans et d’in­nom­brables bou­tons de contrôle.

« Sur cet écran, je re­çois en di­rect les mes­sages d’alerte. Ces deux-là me servent à vi­sion­ner les images des ca­mé­ras ré­par­ties sur l’au­to­route, ici, c’est le fil AFP et là, le pro­gramme mu­si­cal qui dé­file… » L’énu­mé­ra­tion est stop­pée net. La ré­ac­ti­vi­té est le maître mot Un ac­ci­dent vient de se pro­duire sur l’A 11. Fran­cine prend im­mé­dia­te­ment le mi­cro. « On doit in­for­mer les usa­gers moins de quatre mi­nutes après avoir re­çu l’alerte », ex­plique Fran­cine, l’es­prit oc­cu­pé à préparer son pro­chain flash in­fo tra­fic, chaque quart d’heure, tout en an­ti­ci­pant son jour­nal d’in­for­ma­tions gé­né­rales, toutes les heures.

… et co­pi­lote

« En vingt-cinq ans, la ma­nière d’aler­ter les au­to­mo­bi­listes a beau­coup chan­gé, ex­plique Va­nes­sa Mon­se­nergue, di­rec­trice de Ra­dio Vin­ci Au­to­routes. On ne livre plus les in­fos de fa­çon aus­si brute. Pour lo­ca­li­ser un in­ci­dent, le nu­mé­ro de ki­lo­mètre ne suf­fit plus. Nous ajou­tons le sens de di­rec­tion en pre­nant soin de par­ler comme les au­to­mo­bi­listes, en di­sant par exemple : vous rou­lez en di­rec­tion de l’Es­pagne et n’avez pas en­core pas­sé Mont­pel­lier. » Cette évo­lu­tion donne à Fran­cine Tho­mas le sen­ti­ment d’être da­van­tage « co­pi­lote » que simple voix d’alerte. « Et puis nous gar­dons un net avan­tage sur les GPS grâce à des ou­tils que nous seuls pos­sé­dons, des cap­teurs de pas­sage dis­si­mu­lés sous le bi­tume ou des ca­mé­ras de sur­veillance. Un GPS sait quand un bou­chon se forme, mais pas quand le tra­fic re­prend et que la voie re­de­vient libre. Nous, si. Et ça fait en­core la dif­fé­rence. »

Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), mar­di. Fran­cine Tho­mas est la voix de Ra­dio Vin­ci Au­to­routes de­puis 13 ans. De­vant une mul­ti­tude d’écrans, elle sur­veille tout ce qui se passe sur le ré­seau au­to­rou­tier, donne les alertes et conseille les usa­gers.

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