« Il m’a beau­coup ins­pi­ré »

Em­ma­nuel Ma­cron,

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Pro­pos re­cueillis par ÉRIC HACQUEMAND

Quelle est votre pre­mière ré­ac­tion ? EM­MA­NUEL MA­CRON. Je suis pro­fon­dé­ment ému et triste d’ap­prendre sa dis­pa­ri­tion. J’échan­geais en­core il y a quelques jours avec lui. C’est une grande perte pour le pays. Car Mi­chel Ro­card était un homme cou­ra­geux, un homme d’Etat et une per­sonne qui a pro­fon­dé­ment mar­qué l’his­toire de la gauche. Il va man­quer. Quel sou­ve­nir gar­de­rez-vous de lui ? A la fois l’en­ga­ge­ment et la convic­tion. C’était un homme qui em­bras­sait les causes avec sin­cé­ri­té et force. No­tam­ment celle, ré­cente, de la dé­fense du conti­nent an­tarc­tique face aux dan­gers du ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique qu’il a por­tée jus­qu’au bout mal­gré la ma­la­die. Cette vo­lon­té teintée d’op­ti­misme, je la gar­de­rai en mémoire. Vous étiez jeune quand il a été nom­mé à Ma­ti­gnon en 1988… C’est vrai. J’ai des sou­ve­nirs d’ado­les­cence de lui, no­tam­ment de ce qu’il a fait pour trou­ver une so­lu­tion et ra­me­ner la paix en Nou­velle-Ca­lé­do­nie. Je re­tiens deux choses de son pas­sage à Ma­ti­gnon. La pre­mière, c’est le rap­pro­che­ment de l’Etat avec la so­cié­té ci­vile. Il a per­mis de grandes conquêtes so­ciales comme la mise en place du RMI, mais avec un es­prit de res­pon­sa­bi­li­té. Cette confiance dans la so­cié­té ci­vile est un marqueur. La se­conde, c’est la ré­forme de l’ac­tion pu­blique : il est l’un des pre­miers à avoir en­ga­gé la ré­forme de l’Etat. Sans comp­ter son ap­port en fa­veur de l’éco­no­mie so­ciale de mar­ché. Pour ma gé­né­ra­tion, il est l’une des grandes fi­gures du XXe siècle. Et une source d’ins­pi­ra­tion. Ro­card, c’était aus­si un style… Sa li­ber­té de ton, son par­ler vrai étaient sa marque de fa­brique. Ce­la m’a beau­coup ins­pi­ré. Je re­tiens aus­si qu’il avait choi­si de s’en­ga­ger très jeune dans la vie du PS. Le rap­port avec les ap­pa­reils po­li­tiques est une dif­fé­rence que j’avais, c’est vrai, avec lui. Nous en dis­cu­tions. Mais si je re­tiens une le­çon de sa vie, de son par­cours, c’est sa li­ber­té. Par­fois elle lui a coû­té cher. Mais il a su te­nir bon. Il s’est beau­coup bat­tu. Mi­chel, c’était la gé­né­ro­si­té hu­maine et l’exi­gence in­tel­lec­tuelle.

« Il a per­mis de grandes conquêtes so­ciales comme la mise en place du RMI »

@eri­chac­que­mand

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