Vers une pri­maire « pé­père »

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - ÉRIC HACQUEMAND

ET LE PS in­ven­ta la pri­maire Ca­na­da Dry : son nom et son or­ga­ni­sa­tion res­semblent à celle de 2011, mais ce n’est pas la pri­maire de 2011. Cinq ans après avoir at­ti­ré près de 3 mil­lions de sym­pa­thi­sants de gauche pour dé­si­gner leur cham­pion à la pré­si­den­tielle, les so­cia­listes s’ap­prêtent à re­mettre le cou­vert pour 2017. Sauf qu’on en est en­core loin…

Hier, à Pa­ris, la Belle Al­liance po­pu­laire, qui re­groupe le PS et ses al­liés, a certes en­té­ri­né l’or­ga­ni­sa­tion de la pri­maire des 22 et 29 jan­vier. Même le dé­funt Cnop (Co­mi­té na­tio­nal d’or­ga­ni­sa­tion de la pri­maire) se­ra res­sus­ci­té d’ici au 14 juillet. Mais l’idée d’ou­vrir 10 000 bu­reaux de vote, comme en 2011, re­lève dé­jà du voeu pieux. « On en au­ra entre 6 000 et 8 000 », confie le pa­tron du PS, Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis. Soit deux ou trois en moyenne par can­ton, ce qui ne ga­ran­tit pas la même par­ti­ci­pa­tion. D’au­tant que le PS n’a pas l’in­ten­tion de se rui­ner. Près de 3,8 M€ avaient été dé­pen­sés en 2011. « Le chiffre de 2 à 2,5 M€ est plus plau­sible cette fois », in­dique le tré­so­rier, Jean-Fran­çois De­bat. La pos­si­bi­li­té d’aug­men­ter la somme de­man­dée aux par­ti­ci­pants — 1 € en 2011 — est à l’étude.

Une pri­maire « low-cost » est donc sur les rails. Il faut dire que la si­tua­tion po­li­tique a bien chan­gé. En 2011, le re­jet de Sar­ko­zy avait fait of­fice de car­bu­rant. De­puis 2012, avec les dé­faites élec­to­rales ac­cu­mu­lées, il y a des trous dans la ra­quette ter­ri­to­riale du PS, qui a per­du des adhé­rents. Sans comp­ter les doutes qui per­sistent sur l’ob­jec­tif réel de cette pri­maire. « Nous crai­gnons une en­tour­loupe », se plaint l’en­tou­rage d’Ar­naud Mon­te­bourg, can­di­dat pu­ta­tif.

A contra­rio, la tentation d’une pri­maire molle plane du cô­té des par­ti­sans du chef de l’Etat, qui an­non­ce­ra sa dé­ci­sion en dé­cembre. « Il n’y au­ra pas des di­zaines de dé­pla­ce­ments et plein de dé­bats té­lé­vi­sés parce que Fran­çois Hol­lande est pré­sident sor­tant », pré­vient le sé­na­teur PS de la Drôme Di­dier Guillaume. En clair, le sou­ve­nir de 2011 doit être ran­gé au pla­card : cette fois, une pri­maire « pé­père » suf­fi­ra. @eri­chac­que­mand

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.