Bay­rou a des four­mis dans les pattes

PRÉ­SI­DEN­TIELLE. L’em­bel­lie de Sar­ko­zy dans les son­dages n’a pas échap­pé au Béar­nais, qui se tient prêt à lan­cer sa can­di­da­ture en cas d’échec de Jup­pé à la pri­maire de droite.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Un di­ri­geant des Ré­pu­bli­cains MAR­TINE CHEVALET

A L’OB­SER­VER cou­lant des jours heu­reux dans sa mai­rie de Pau, Fran­çois Bay­rou donne le sen­ti­ment — en trompe l’oeil — d’avoir le­vé le pied sur la po­li­tique na­tio­nale. « Il s’épa­nouit beau­coup comme maire. C’est une vraie réa­li­sa­tion per­son­nelle pour lui de s’oc­cu­per de Pau », ob­serve la sé­na­trice PS des Py­ré­nées-At­lan­tiques, Fré­dé­rique Es­pa­gnac. Mais le cen­triste ne perd pas une miette de ce qui se dit sur 2017 ! Et se tient prêt, au cas où… « Peu le connaissent aus­si bien que moi et j’ai peu de doutes sur le fait qu’il se­ra can­di­dat si Sar­ko­zy em­porte les pri­maires. Au centre, beau­coup se po­se­ront la ques­tion de le sou­te­nir », glisse Her­vé Mo­rin, pa­tron du Nou­veau Centre, tou­jours en con­tact avec lui.

« Il pense que Sar­ko­zy va ga­gner »

Car il n’a pas échap­pé au ru­sé Bay­rou que le pa­tron des Ré­pu­bli­cains re­gagne du ter­rain dans les son­dages. Il y voit la jus­tesse de son pro­nos­tic sur les pri­maires qui fa­vo­risent, se­lon lui, les « noyaux durs » des par­tis. Com­prendre : les can­di­dats les plus en phase avec leurs mi­li­tants. « Il pense que Sar­ko­zy va ga­gner. Ça le dé­mange d’être can­di­dat. Mais par­tir pour une qua­trième cam­pagne, dont il se­rait le doyen d’âge (NDLR : il au­ra 66 ans l’an pro­chain), pour se faire ta­per, faut vrai­ment avoir en­vie ! » re­lève un haut di­ri­geant des Ré­pu­bli­cains, qui confie que le Béar­nais a re­pris langue ré­cem­ment avec Ni­co­las Sar­ko­zy et son en­tou­rage.

Le pré­sident du MoDem ne s’en cache pas. « Si Alain Jup­pé, qui a la ca­pa­ci­té de ras­sem­bler, gagne, je fe­rai ce qu’il faut pour l’ai­der. Si ce n’est pas le cas, je fe­rai aus­si ce qu’il faut », ré­pète-t-il. En clair : il se­ra can­di­dat. Cô­té moyens, le MoDem est prêt : le par­ti s’est désen­det­té et loue une par­tie de son siè- ge de la rue de l’Uni­ver­si­té (Pa­ris VIIe). L’équipe « est en place », ajoute un de ses proches. « Je fe­rai tout pour em­pê­cher que se ré­édite l e duel qu’on a vé­cu en 2012 (NDLR : entre Hol­lande et Sar­ko­zy) », mar­tèle-t-il.

Quid de la pe­tite mu­sique se­lon la­quelle le cou­rant ne pas­se­rait plus si bien avec le maire de Bor­deaux ? « Tout va très bien avec Jup­pé. Je n’ai au­cun trouble avec lui. Il n’y a au­cun lé­zard ! » s’agace le cen­triste. Ce ral­lie­ment à Jup­pé s’est fait au prix fort. Bay­rou, qui veut re­cons­truire un centre fort, a po­sé comme condi­tion d’ob­te­nir un groupe à l’As­sem­blée, où le MoDem a dis­pa­ru corps et biens au pro­fit de l’UDI. Cré­di­té de 12 à 16 % dans les son­dages au pre­mier tour, il reste per­sua­dé « que la France a be­soin d’une al­ter­nance franche et à base large pour se re­dres­ser ». Et qu’il pour­rait l’in­car­ner si be­soin, de­puis le ber­ceau d’Hen­ri IV dont il n’ou­blie ja­mais qu’il fut le roi qui a uni­fié la France…

Saint-Mé­dard-en-Jalles (Gi­ronde), le 18 juin. Fran­çois Bay­rou, pré­sident du MoDem, est sen­sible à la can­di­da­ture d’Alain Jup­pé à la pri­maire de la droite : « S’il gagne, je fe­rai ce qu’il faut pour l’ai­der. Si ce n’est pas le cas, je fe­rai aus­si ce qu’il faut. »

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