God Save the Pé­ri­gord

IM­MO­BI­LIER. De­puis le vote du Brexit, les agences de Dor­dogne sont as­saillies de de­mandes de Bri­tan­niques vou­lant in­ves­tir dans la pierre dans le Sud-Ouest.

Aujourd'hui en France - - ACTUALITÉ - Tre­vor Leg­gett, pré­sident du groupe im­mo­bi­lier Leg­gett DA­NIEL ROSENWEG

DE­PUIS LE BREXIT, les An­glais ne savent plus où don­ner de la tête. Les re­trai­tés ins­tal­lés en France se de­mandent comment ils vont pou­voir res­ter si la livre ster­ling conti­nue de chu­ter en Bourse face à l’eu­ro, et les Bri­tan­niques d’ou­treManche s’in­quiètent, eux, de voir fondre leur épargne si leur éco­no­mie ve­nait à s’ef­fon­drer.

Se­lon le groupe d’agences im­mo­bi­lières Leg­gett, lea­deur en France des tran­sac­tions im­mo­bi­lières avec nos voi­sins d’outre-Manche, ces épar­gnants in­quiets au­raient plus que ja­mais je­té leur dé­vo­lu sur le Pé­ri­gord (dé­par­te­ment de la Dor­dogne) pour y pla­cer leurs éco­no­mies dans la pierre. « De­puis jan­vier et l’an­nonce du ré­fé­ren­dum, la crainte du ré­sul­tat avait dé­jà fait grim­per le nombre de ventes im­mo­bi­lières à t r ente et une par se­maine en moyenne sur l’en­semble du groupe Leg­gett, ex­plique Ka­ren Vick, de l’agence de Ber­ge­rac (Dor­dogne). Mais, pour la se­maine qui vient de s’écou­ler, dans la fou­lée du vote en fa­veur du Brexit, nous avons réa­li­sé 42 com­pro­mis de vente, ac­cep­tés par les ven­deurs. Soit une pro­gres­sion de 30 %. » Comme Ka­ren, He­len Char­le­worth, agent im­mo­bi­lier elle aus­si en Dor­dogne, a aus­si consta­té un chan­ge­ment, avec « deux mai­sons ven­dues en une se­maine à des Bri­tan­niques, suite au ré­sul­tat du ré­fé­ren­dum. »

On pour­rait presque par­ler de rush, si l’on en croit le pré­sident du groupe im­mo­bi­lier, Tre­vor Leg­gett, qui ex­plique, en­core tout éton­né : « Nous avons re­çu plus d’un mil­lier de de­mandes de clients concer­nant nos pro­prié­tés de­puis les ré­sul­tats du ré­fé­ren­dum. » De­puis le dé­but de l ’ a nnée e t l ’ a nnonce du ré­fé­ren­dum qui in­quié­tait nombre d’in­su­laires, « le nom- bre de com­pro­mis de vente si­gnés, ex­plique-t-il, avait dé­jà aug­men­té de 21 % com­pa­ré aux deux pre­miers se­mestres de 2015 ». Da­van­tage d’achats après le vote, donc, mais en re­vanche des prix en baisse. « Avec la chute de la livre qui a sui­vi les ré­sul­tats du vote de di­manche der­nier, les An­glais ont per­du 10 % de pou­voir d’achat face à l’eu­ro. Du coup, rap­porte Ka­ren Vick, les né­go­cia­tions sur le prix sont plus ser­rées que d’ha­bi­tude et ceux-ci ont bais­sé de 5 à 7 %. »

Si cer­tains, outre-Manche, en­vi­sagent de trans­for­mer leur épargne en pierre du Pé­ri­gord, ça n’est pas uni­que­ment pour pré­ser­ver leurs avoirs. Se­lon Ka­ren Vick, « beau­coup de ces ache­teurs veulent res­ter en Eu­rope et viennent s’ins­tal­ler en Dor­dogne, qui compte dé­jà 6 000 Bri­tan­niques » (au to­tal, 200 000 Bri­tan­niques vivent en France, ma­jo­ri­tai­re­ment dans le Sud-Ouest, chiffre au­quel il faut ajou­ter les 200 000 ré­si­dences se­con­daires dé­te­nues dans l’Hexa­gone par des su­jets de Sa Ma­jes­té). « Nous pen­sons qu’il est im­por­tant de mon­trer notre en­ga­ge­ment au­près de l’Union eu­ro­péenne et nous re­fu­sons de lais­ser le Brexit nous em­pê­cher de faire ce que nous vou­lons de nos vies », confirme Ch­ris Mat­thew, qui vient de s’of­frir une mai­son dans ce Pé­ri­gord dé­ci­dé­ment sé­dui­sant.

« Nous avons re­çu plus d’un mil­lier de de­mandes de clients concer­nant nos pro­prié­tés de­puis les ré­sul­tats du ré­fé­ren­dum »

Ey­met (Dor­dogne). Des Bri­tan­niques in­quiets au­raient plus que ja­mais je­té leur dé­vo­lu sur le Pé­ri­gord pour pla­cer leurs éco­no­mies dans la pierre. D’autres veulent tout sim­ple­ment s’y ins­tal­ler pour res­ter en Eu­rope.

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