A Brest, As­tro­po­lis vit ses raves

FÊTE. C’est le plus vieux fes­ti­val élec­tro de France. Et au­jourd’hui, As­tro­po­lis at­tire des fê­tards, mais aus­si des fa­milles.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - Brest (Fi­nis­tère) De notre cor­res­pon­dante Cé­line, une fes­ti­va­lière NO­RA MO­REAU

DE­PUIS VEN­DRE­DI, lignes de basses et ma­chines rythment les jours et les nuits de Brest. Car As­tro­po­lis, fes­ti­val dé­dié aux mu­siques élec­tro­niques, a po­sé ses pla­tines étoi­lées aux quatre coins de la ville. Hier, des mil­liers de spec­ta­teurs de tous les âges, pa­rents et bam­bins com­pris, ont as­sis­té à nombre de concerts et d’ac­ti­vi­tés gra­tuites en at­ten­dant la grand­messe du sa­me­di soir : une nuit de transe fée­rique pour 13 000 fes­ti­va­liers, réunis sur un site his­to­rique en plein coeur de la fo­rêt de Ké­roual, dans les ruines d’un ma­noir…

Au fil des 21 édi­tions pas­sées, « As­tro », pour les in­times, est de­ve­nu l’un des plus im­por­tants évé­ne­ments cultu­rels bre­tons. Ce fes­ti­val, qui a pro­gram­mé au fil de ses 21 édi- tions Laurent Gar­nier, Jeff Mills et les Bir­dy Nam Nam, a aus­si ré­vé­lé au grand pu­blic des ar­tistes comme Jus­tice, M83, Fa­kear, Soul­wax, Vive la Fête, ou Paul Kalk­bren­ner, et ac­cueille au­jourd’hui entre 20 000 et 40 000 per­sonnes — sans comp­ter ses 3 000 bé­né­voles — sur trois jours de rave. « Pour­tant, on re­vient de loin », ra­conte Gil­das Rioua­len, fon­da­teur et co­or­ga­ni­sa­teur du fes­ti­val.

Sa bande de co­pains et lui sont tom­bés dans la mar­mite élec­tro au dé­but des an­nées 1990. « On a dé­cou­vert le mi­lieu de la rave, et ça nous a tel­le­ment plu qu’on a vou­lu en or­ga­ni­ser nous-mêmes sur la ré­gion. Le hic de l’époque : les au­to­ri­sa­tions et les ques­tions de sé­cu­ri­té. Cette culture s’am­pli­fiait à l’échelle na­tio­nale. Après un pre­mier pas­sage de­vant le tri­bu­nal, nous avons pris une dé­ci­sion : plu­tôt que de conti­nuer dans l’un­der­ground et res­ter clandestin, il nous fal­lait frap­per aux portes des ins­ti­tu­tion­nels. »

Si­tôt dit, si­tôt fait. En 1995, ce groupe d’afi­cio­na­dos de­vient l’as­so­cia­tion des So­nics, et or­ga­nise la pre­mière édi­tion d’As­tro­po­lis. D’une simple soi­rée en cam­brousse entre deux champs, cette soi­rée an­nuelle s’est muée en fes­ti­val pro et ur­bain. « La ba­taille s’est sur­tout faite en- tre 1998 et 2001, sou­ligne Gil­das Rioua­len. Et puis, on s’est fi­na­le­ment ins­tal­lés à Brest. »

Au­jourd’hui, le fes­ti­val, sub­ven­tion­né à hau­teur de 122 200 €, tra­vaille main dans la main avec la mai­rie bres­toise et s’ouvre à tous les pu­blics. Sa ré­pu­ta­tion de fes­ti­val « de jeunes », où l’on « consomme » beau­coup trop de sub­stances illi­cites, s’es­tompe pe­tit à pe­tit. Cé­line, 36 ans, ve­nue à presque toutes les édi­tions, l’as­sure : « J’ai vu As­tro évo­luer et s’ou­vrir à toutes les gé­né­ra­tions. A ce jour, le fes­ti­val sait ras­sem­bler dans une am­biance fes­tive et clai­re­ment plus dé­ten­due. » « Les gens réa­lisent qu’As­tro reste avant tout un fes­ti­val comme un autre », ajoutent les or­ga­ni­sa­teurs.

La preuve, il fait au­jourd’hui par­tie des évé­ne­ments bre­tons les mieux sé­cu­ri­sés. C’est aus­si l’un de ceux où les interpellations pour dé­ten­tion de stu­pé­fiants sont les plus rares…

« J’ai vu As­tro évo­luer et s’ou­vrir à toutes les gé­né­ra­tions »

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