Même pas peur de l’Al­le­magne

FOOT­BALL. Qua­li­fiés avec brio pour les de­mi­fi­nales de l’Eu­ro, les Bleus ont ren­dez-vous jeu­di à Mar­seille avec les cham­pions du monde.

Aujourd'hui en France - - LA UNE - DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

CE FRANCE - AL­LE­MAGNE en de­mi-fi­nale d’une com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale, on l’at­tend de­puis une éter­ni­té, de­puis trente ans en fait. Pour les qua­dra­gé­naires et plus, c’est notre ma­de­leine foot­bal­lis­tique et, en même temps — évo­quons d’em­blée les su­jets qui fâchent —, le ter­mi­nus de nos folles épo­pées. 1982 a lais­sé un match pour la lé­gende, au­quel le foot­ball fran­çais se ré­fère tou­jours. Le re­tour­né de Tré­sor, la joie de Gi­resse, Bos­sis ac­crou­pi. C’était hier et c’est pour la vie. 1986 n’a don­né que le sou­ve­nir froid du sang sur une guillo­tine, les Bleus d’Hen­ri Mi­chel n’exis­tant pas face à cette RFA cli­nique. Il s’agit de Coupes du monde, comme il y a deux ans au Bré­sil, où les hommes de Des­champs y ont cru le temps que Neuer se ferme comme une porte blin­dée et ren­voie tout. Lors d’un Eu­ro, il s’agi­ra d’une pre­mière confron­ta­tion entre les deux na­tions, entre les cham­pions du monde en titre et l’or­ga­ni­sa­teur du tour­noi. C’est quand ? C’est jeu­di, à Mar­seille, et les Bleus se­ront pous­sés par un Vé­lo­drome en fu­sion et l’im­pa­tience d’un pays. S’ils veulent chan­ger l’his­toire, c’est main­te­nant !

Re­jouer une fi­nale, dix ans après

Di­dier Des­champs a beau dire que la re­vanche n’existe pas en foot­ball, il ne pour­ra pas lut­ter contre celle qui ani­me­ra ses joueurs, deux ans après le but de Hum­mels et le manque de vice de Va­rane sur ce duel aé­rien. Il ne pour­ra rien contre la foi d’un pu­blic qui en­tend par­ler toute la jour­née de mo­dèle al­le­mand et vit avec les cau­che­mars des an­nées 1980, quand l’Al­le­mand était plus qu’un ri­val spor­tif, les re­lents d’his­toire se mê­lant in­cons­ciem­ment à nos peines du bal­lon rond. C’est un match pour re­voir une fi­nale avec la France, dix ans après le récital de Zi­dane au Mon­dial… al­le­mand, jus­te­ment. C’est le match de leur vie même si, trois jours plus tard, ils en au­ront peut-être un deuxième.

Pour avoir le droit de rê­ver, les Bleus ont juste dis­pu­té un quart de fi­nale sur leur va­leur, dis­lo­quant les Is­lan­dais en qua­rante-cinq mi­nutes et un 4-0 ré­glé comme une sym­pho­nie. Cette su­pé­rio­ri­té in­con­tes­table, les Bleus l’ont dé­mon­trée en vingt mi­nutes, me­nant dé­jà 2-0 et sans la pres­sion pa­ra­ly­sante qui jusque-là avait es­cor­té leurs pas. Une par­tie de plaisir qui a rap­pe­lé à quel point les An­glais, tous les An­glais, ne viennent en France que pour le tou­risme et qu’en 2016 ça n’a pas chan­gé. Les Tri­co­lores sont en de­mi-fi­nale de leur Eu­ro et, quand bien même ils n’ont bat­tu per­sonne (Rou­ma­nie, Al­ba­nie, Eire, Is­lande), c’est un suc­cès. Il leur reste à es­pé­rer ca­res­ser une réus­site puis à ver­ser dans le triomphe. On n’est ja­mais à l’abri d’un se­cond bon­heur.

Faut-il re­con­duire la même équipe face à l’Al­le­magne ?

POUR­QUOI PAS. Dès ce ma­tin Di­dier Des­champs, ai­dé de son staff, va se fo­ca­li­ser sur le ren­dez-vous de jeu­di face à la Mann­schaft. Son sys­tème en 4-4-2 a for­cé­ment sé­duit et mar­qué les es­prits. Pour au­tant, ce sché­ma s’est ré­vé­lé ef­fi­cient face à un ad­ver­saire trop ra­pi­de­ment ré­duit au rang de lam­piste. La struc­ture tac­tique de l’Al­le­magne, vrai­sem­bla­ble­ment ar­ti­cu­lée en 4-2-3-1 dans trois jours, pour­rait in­ci­ter le pa­tron des Bleus à confé­rer une note plus dé­fen­sive à son mi­lieu de ter­rain N’Go­lo Kan­té, sus­pen­du hier, se­rait alors dé­vo­lu au mar­quage de Ozil. Ce chan­ge­ment pous­se­rait Sis­so­ko sur le banc. En dé­fense, le re­tour de Ra­mi est, lui, ac­quis même si Um­ti­ti, im­pli­qué sur le but is­lan­dais, n’a pas dé­mé­ri­té.

Les Bleus sont-ils cou­tu­miers des dé­parts en trombe ?

OUI ET NON. De­puis le dé­but de l’Eu­ro, les par­te­naires de Llo­ris étaient de­meu­rés muets en pre­mière pé­riode. Hier, ils ont lâ­ché les che­vaux pour en­trer de plain-pied dans les an­nales du Cham­pion­nat d’ Eu­rope. J a mais une é q ui pe n’avait, en ef­fet, ins­crit 4 buts lors des 45 pre­mières mi­nutes au cours d’un Eu­ro. Cette fa­cul­té à es­to­quer leurs ad­ver­saires en un tour­ne­main

Stade de France (Saint-De­nis), hier soir. Contre les Is­lan­dais, les Bleus ont en­fin si­gné une bonne en­tame de match.

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