« Je reste fier de nos joueurs »

Sup­por­teur is­lan­dais

Aujourd'hui en France - - LA UNE - De nos en­voyés spé­ciaux FRÉ­DÉ­RIC GOUAILLARD

HIER À GRINDAVIK, port de pêche si­tué à moins d’une heure de route de la ca­pi­tale Reyk­ja­vik, per­sonne ne s’est je­té dans l’océan à 9 de­grés comme après la vic­toire de l’Is­lande face à l’An­gle­terre (2-1). Les Bleus, avec leur dé­mons­tra­tion, ont gla­cé les ar­deurs des plus ar­dents sup­por­teurs is­lan­dais réunis chez Pa­pas Piz­za, le spot où une qua­ran­taine d’ha­bi­tants s’étaient ras­sem­blés pour as­sis­ter à ce quart de fi­nale. « On n’a pas le coeur à ça, ré­sume Sig­mun­dur Vik­tor, bière lo­cale à la main mais qui a comme tout l’au­di­toire ac­com­pa­gné le clap­ping de leurs fa­vo­ris. On va juste boire en­core un peu et al­ler se cou­cher. »

Cris et ap­plau­dis­se­ments lors des deux buts is­lan­dais

Beau­coup n’ont pas re­con­nu le vi­sage de leurs fiers guer­riers, même si cha­cun des deux buts en se­conde pé­riode a été fê­té comme un suc­cès avec force cris et ap­plau­dis­se­ments. Mais les Is­lan­dais sont des spor­tifs in­vé­té­rés, au ju­ge­ment trop ai­gui­sé, pour se four­voyer dans des ana­lyses er­ro­nées. « Les joueurs fran­çais ont été trop forts, trop ra­pides », convient Al­da Gyl­fa­dot­tir, ma­na­geuse dans une en­tre­prise de pêche. « Ils ont lâ­ché beau­coup d’éner­gie face aux An­glais et ils étaient les­si­vés, croit sa­voir Ivan qui au­rait bien ai­mé fê­ter ses 20 ans, au­jourd’hui, avec un nou­veau suc­cès. On l’a vu sur le pre­mier but qui est in­ter­ve­nu après un long bal­lon alors que nor­ma­le­ment notre dé­fense ne com­met pas ce genre d’er­reurs. »

Pour­tant si la dé­cep­tion vient tein­ter cha­cun de leurs propos, au­cun d’entre eux ne veut ac­ca­bler les joueurs de la sé­lec­tion na­tio­nale. Bien au contraire. « Je les adore plus que ja­mais, s’en­thou­siasme Si­gri­du Ro­bertsd, cette pe­tite femme à la soixan­taine pim­pante. Et j’ai en­vie de leur dire qu’après ça, ils vont se ré­veiller en­core plus forts. Nous sommes des Vi­kings. » « Ce qu’ils ont fait, c’est comme si nous avions ga­gné le tour­noi », ré­sume Ivan, lui-même foot­bal­leur dans une équipe de 3e di­vi­sion is­lan­daise. « Je reste fier de nos joueurs et je souffre pour eux car ce n’est pas fa­cile, sou­pire Sig­mun­dur qui avait — il faut le sou­li­gner — pro­nos­ti­qué une vic­toire des Bleus. Mais je veux dire que l’équipe de France mé­rite tout notre res­pect. Vos joueurs sont vrai­ment très forts et face à l’Al­le­magne, ça va être un match ter­rible. » On n’au­rait pas mieux qua­li­fié la de­mi-fi­nale qui at­tend les Bleus.

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