« Nous at­ten­dons des avan­cées et des an­nonces »

Gilles Si­meo­ni,

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Propos re­cueillis par AU­RÉ­LIE ROSSIGNOL

LE NA­TIO­NA­LISTE Gilles Si­meo­ni at­tend des ré­ponses pré­cises. Qu’at­ten­dez-vous de la vi­site de Ma­nuel Valls ? GILLES SI­MEO­NI. Les Corses ont en­voyé un mes­sage fort par les urnes, il faut l’en­tendre. D’au­tant que nous sommes dans une dé­marche apai­sée. Le Pre­mier mi­nistre est quel­qu’un d’in­tel­li­gent, il faut al­ler vers une so­lu­tion po­li­tique dans le res­pect ré­ci­proque. Nous avons for­mu­lé un cer­tain nombre de de­mandes et avons pris acte des re­fus. Mais nous ne nous en ac­com­mo­dons pas. Nous at­ten­dons des avan­cées et des an­nonces. La Corse ne peut pas tou­jours être otage des ur­gences ex­té- rieures. Sur la col­lec­ti­vi­té unique, nous avons eu des réunions de tra­vail à Pa­ris et es­pé­rons une mise en oeuvre de notre pro­jet dans les dé­lais, au 1er jan­vier 2018. Il com­prend plus de moyens et d’au­to­no­mie. L’île a tou­jours eu un train d’avance en termes de dé­cen­tra­li­sa­tion, compte te­nu de ses par­ti­cu­la­ri­tés. Au­jourd’hui, on est presque en re­tard par rap­port à d’autres ré­gions ! Vous sou­hai­tez da­van­tage d’au­to­no­mie ? Oui, par exemple un transfert des com­pé­tences fis­cales, no­tam­ment en ma­tière de suc­ces­sions. En at­ten­dant, sans chan­ger la Cons­ti­tu­tion, le re­port de la fin des ar­rê­tés Miot ( NDLR : ré­gime fis­cal dé­ro­ga­toire sur les suc­ces­sions de biens im­mo­bi­liers) est qua­si­ment iné­luc­table. Faute de fis­ca­li­té du pa­tri­moine adap­tée, les Corses, d’abord les moins for­tu­nés, ne pour­ront pas conser­ver leurs biens im­mo­bi­liers et fon­ciers fa­mi­liaux. Sur ce point, nous at­ten­dons des pré­ci­sions du gou­ver­ne­ment. Vous sou­hai­tez éga­le­ment un sta­tut de ré­sident. Il faut stop­per la spé­cu­la­tion im­mo­bi­lière. Un sta­tut de ré­sident per­met­trait aux lo­caux, et no­tam­ment aux pri­mo-ac­cé­dants, d’ache­ter sur leur île. Pour le Pre­mier mi­nistre, c’est scan­da­leux. Mais à Cour­che­vel, ça n’a pas po­sé pro­blème ! La sta­tion, ex­po­sée à une flam­bée des prix, a li­mi­té la vente de cer­tains biens aux seules per­sonnes ré­si­dentes de­puis au moins quinze ans. Et ça n’a pas été an­nu­lé par le pré­fet. Si en Corse ça n’avance pas, je vais en­cou­ra­ger les com­munes à en faire au­tant ! Vous avez écrit à Valls… Oui, pour lui par­ler du sort des pri­son­niers po­li­tiques. Je sais qu’il consi­dère que cette ca­té­go­rie n’existe pas en droit fran­çais. Pour­tant, ce sont des gens qui, à un mo­ment, ont dé­ci­dé une forme de lutte, que je ne cau­tionne pas, mais pour des rai­sons po­li­tiques. Si Ma­nuel Valls ne veut pas en­tendre par­ler d’am­nis­tie, il faut au moins res­pec­ter la loi sur le rap­pro­che­ment des dé­te­nus. Ce n’est pas le cas. Par ailleurs, la co­of­fi­cia­li­té de la langue corse reste un ob­jec­tif es­sen­tiel. Il fau­dra peut-être contour­ner l’Etat et re­gar­der vers l’Eu­rope. Si on nous ferme la porte, on pas­se­ra par la fe­nêtre !

« La co­of­fi­cia­li­té de la langue corse reste un ob­jec­tif es­sen­tiel »

@Li­lyRos­si­gnol

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