Le tour d’Ala­phi­lippe vien­dra

Le jeune Fran­çais d’Etixx-Quick Step, bat­tu sur le fil par Pe­ter Sa­gan et frus­tré, a néan­moins prou­vé qu’il fau­drait comp­ter sur lui sur ce Tour, qu’il dis­pute pour la pre­mière fois.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - Cherbourg (Manche) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux Cherbourg Ju­lian Ala­phi­lippe (Etixx-Quick Step), 2e de l’étape OLI­VIER FRAN­ÇOIS

IL Y AR­RI­VE­RA, c’est sûr. Mais ce n’était pas pour cette fois. Pas en­core. D’où sa co­lère. D’un poing ra­geur écra­sé sur son gui­don au pas­sage de la ligne d’ar­ri­vée, Ju­lian Ala­phi­lippe a ex­pri­mé toute sa frus­tra­tion. Deuxième, seule­ment, alors qu’il pen­sait te­nir sa plus belle vic­toire. Mais d’où a donc sur­gi Pe­ter Sa­gan, au bout de ce faux plat mon­tant, après une longue bosse — la Gla­ce­rie — plu­tôt faite pour les pun­cheurs-grim­peurs ? « J’ai peut-être fait une pe­tite er­reur en dé­boî­tant… » peste le cou­reur d’Etixx-Quick Step. Fu­ri­bond à sa des­cente de vé­lo, le nou­veau Maillot blanc (meilleur jeune) ne voit d’abord que du noir. Il s’énerve, se ferme, re­fuse de par­ler après avoir sa­tis­fait au contrôle an­ti­do­page. Em­por­té par la fougue de ses 24 ans, il ru­mine aus­si ces deuxièmes places qui s’en­chaînent et vont fi­nir par lui col­ler une éti­quette de Pou­li­dor. Dau­phin de Val­verde lors de la APRÈS CA­VEN­DISH, Flèche wal­lonne ces deux der­nières sai­sons et Liège-Bas­togne-Liège en 2015, il a en­fin do­mi­né l’Es­pa­gnol cette fois (3e). « Je ne re­garde pas qui est der­rière ou de­vant moi, as­sène-til. Je veux juste ga­gner, c’est tout. »

Puis il se calme et, peu à peu, prend la me­sure de sa per­for­mance. « Hon­nê­te­ment, ça fait mal, sou­ligne l’an­cien cham­pion de cyclo-cross, né dans le Cher d’un père chef d’or­chestre et long­temps en­traî­né par son cou­sin. C’est dur à ac­cep­ter, à di­gé­rer. Quand on re­lève la tête à cent mètres de la ligne et qu’on voit qu’on est tout seul, on pense à la vic­toire. Tout s’était dé­rou­lé par­fai­te­ment jus­que­là. J’ai même été presque sur­pris de me sen­tir aus­si bien dans le fi­nal. Je pen­sais que le sprint se­rait plus dif­fi­cile que ça avec au­tant de concur­rence. Et voi­là, Sa­gan était le plus fort et c’est le cham­pion du monde. » De quoi se ré­con­for­ter.

« Je vais me conso­ler avec ça, ac- quiesce Ala­phi­lippe. C’est mon pre­mier Tour, il y a en­core beau­coup d’étapes et j’ai le maillot blanc, que je vais es­sayer de gar­der le plus long­temps pos­sible. C’est un pe­tit plus qui fait plaisir. » On ne lui ar­ra­che­ra pas un sou­rire. Le bat­tant, qui s’en­vole sur les rai­dillons et qui a ter­mi­né 6e du der­nier Dau­phi­né, n’a pas fi­ni de faire par­ler ses jambes de feu.

« C’est une grande dé­cep­tion mais je me dis que c’est bon pour la suite, pour l’ave­nir, ajoute-t-il. J’ai en­core des tas de choses à ap­prendre. » Ce qu’il fait très vite. En mai, il a rem­por­té le Tour de Ca­li­for­nie, une course à étapes. Son abon­ne­ment aux deuxièmes places n’est pas loin d’être ré­si­lié, pour de bon.

« Quand on re­lève la tête à cent mètres de la ligne et qu’on voit qu’on est tout seul, on pense à la vic­toire »

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Cherbourg (Manche), hier. Ju­lian Ala­phi­lippe (à droite) a long­temps me­né le sprint avant de se faire dé­pas­ser par le cham­pion du monde Pe­ter Sa­gan.

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