Vi­gi­lance toute !

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - CLAUDINE PROUST

MOINS DE SUR­VEILLANTS ? Plus de vi­gi­lance ! La baisse d’ef­fec­tifs dans les postes de se­cours in­quiète les mé­de­cins, comme le pé­diatre ur­gen­tiste Jean-Louis Cha­ber­naud. Rai­son de plus pour se plier à ses conseils. Avec ses confrères de l’As­so­cia­tion fran­çaise de pé­dia­trie am­bu­la­toire (AFPA), il met en garde no­tam­ment les pa­rents car « on peut se noyer même dans 20 cm d’eau ». Le bi­lan an­nuel de l’Institut de veille sa­ni­taire (InVS) est là pour rap­pe­ler que se bai­gner peut être dan­ge­reux. L’InVS a en ef­fet re­cen­sé 1 219 noyades au cours de l’été 2015 (dont la moi­tié en mer) qui se sont sol­dées dans 36 % des cas par la mort du na­geur.

Ha­ro sur les bouées ca­nard

Les en­fants sont les plus à risque, sur­tout si l’on boude la plage sur­veillée. Mais l’on peut se croire à tort tran­quille en les équi­pant… de tra­vers. Se­lon l’en­quête réa­li­sée par l’AFPA au­près de 659 pa­rents, près d’un quart in­ves­tissent dans une bouée clas­sique pour lais­ser leur en­fant bar­bo­ter, quel que soit son âge. Ou­bliez ce mo­dèle à tête de ca­nard, qui vous évoque peut-être votre en­fance et se vend en­core au ba­zar lo­cal, entre épui­settes et cartes pos­tales. La qua­li­té de ces bouées est aléa­toire et elles sont ra­re­ment adap­tées à la mor­pho­lo­gie des en­fants. S’ils glissent ou bas­culent, en un clin d’oeil, ils se re­trouvent tête sous l’eau sans pou­voir se re­dres­ser.

Bras­sards et sur­veillance

Près de 46 % des pa­rents optent pour les bra­ce­lets gon­flables à par­tir de 2 ans. « C’est dé­jà mieux, s’il a le mar­quage CE », juge l’ur­gen­tiste. Mal gon­flés, cre­vables à la moindre éra­flure d’épine, ils ne sont pas in­faillibles, pré­vient le pro­fes­seur Cha­ber­naud qui re­com­mande les maillots flot­teurs, sans air, ou de type « pud­dle jum­per », mo­dèle qui al­lie bras­sards et sou­tien ven­tral comme un tee-shirt flot­tant. « Le plus im­por­tant mar­tèle-t-il, c’est la vi­gi­lance. A cô­té, pas à 50 m. En ayant pris soin si l’on est un groupe d’adultes de dé­fi­nir qui sur­veille. » « Rien ne rem­pla­ce­ra ja­mais la pré­sence hu­maine », ren­ché­rit le doc­teur Ca­the­rine Sa­li­nier, pé­diatre à Gra­di­gnan (Gi­ronde). On ne peut pas ima­gi­ner bron­zer tran­quille, sous pré­texte qu’un en­fant est équi­pé, sans ris­quer qu’en un ins­tant il ne s’éloigne vers la mer ! »

Evi­ter l’hy­dro­cu­tion et l’hy­po­ther­mie

A tout âge, con­trai­re­ment à ce que nos grands-mères se­ri­naient — et que croit en­core un pa­rent sur deux —, se bai­gner juste après man­ger ne fait pas cou­rir le risque de cou­ler. Mé­di­ca­le­ment in­fon­dé. La preuve, pour les tout-pe­tits, comme les bé­bés na­geurs, on re­com­mande même de les nour­rir avant et après. En re­vanche — et c’est sans doute pour ce­la qu’on l’a as­so­cié au dé­jeu­ner : plon­ger dans une eau fraîche après avoir cuit sur la plage aux heures les plus chaudes (11-16 heures) fait cou­rir un risque d’hy­dro­cu­tion. De même pour les tout-pe­tits (moins d’un an) mé­fiez-vous de l’hy­po­ther­mie, « au des­sous de 20 °C, c’est frais » et plus d’une de­mi-heure, trop long : au moindre fris­son, c’est de­hors, sé­chage et rha­billage.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.