Sur­veiller nos plages ?

Aujourd'hui en France - - LE FAIT DU JOUR - Le La­van­dou (Var) De notre cor­res­pon­dante Da­niel, va­can­cier DIANE ANDRÉSY

À PEINE les va­cances en­ta­mées, les plages du Var sont dé­jà bon­dées. Mais les CRS, dé­ta­chés ha­bi­tuel­le­ment à la sur­veillance des plages à par­tir du 1er juillet, eux, sont in­vi­sibles. « On vient au La­van­dou de­puis dix ans. C’est le pre­mier été qu’on ne les voit pas avec leurs tee-shirts à écus­sons bleu­bl anc- r ouge, r eg r e t t e n t Ma r i e - Claude et De­nis, ve­nus du Puy-en-Ve­lay, comme chaque an­née de­puis dix ans, se pré­las­ser sur la plage du La­van­dou. Leur pré­sence est sym­bo­lique mais sur­tout ras­su­rante et sé­cu­ri­sante quand on se baigne. En même temps, ils sont très sol­li­ci­tés avec les ma­nifs, l’Eu­ro et le plan Vi­gi­pi­rate, tente de com­prendre le couple. Là, il y a des maîtres na­geurs, mais ce n’est pas comme les CRS. »

Sur toute la côte va­roise — pre­mier dé­par­te­ment tou­ris­tique de France — les maires des sta­tions bal­néaires se sont or­ga­ni­sés dans l’ur­gence. « Nous em­ployions dé­jà 18 sau­ve­teurs ci­vils, cet été ils ser o n t p l u s n o mbreux », ex­plique Gil Ber­nar­di, maire du La­van­dou (lire ci-des­sous).

Dans la com­mune voi­sine de La Londe où la po­pu­la­tion qua­druple en été, le maire, Fran­çois de Can­son, a choi­si de mo­bi­li­ser ses po­li­ciers mu­ni­ci­paux. Ce qui sur­prend les tou­ristes : « On ne s’at­tend pas à voir des agents en uni­formes à la plage, mais on s’y fait », confie Da­niel, ve­nu en fa­mille de Tour­coing pour une se­maine au so­leil. « L’an der­nier, nous avions 8 CRS, ils se­ront 4 cet été, et pas avant le 20 juillet. Ce­la a un im­pact im­por­tant pour nos plages. Outre le sau­ve­tage, leur pré­sence est très dis­sua­sive. Leurs pou­voirs de po­lice leur per­mettent d’in­ter­ve­nir dans tous les do­maines. » Alors, à La Londe, il a fal­lu aus­si épau­ler les po­li­ciers mu­ni­ci­paux sur la plage, en fai­sant ap­pel à des maîtres na­geurs de la SNSM (So­cié­té na­tio­nale du sau­ve­tage en mer). « Tout ça est très dom­mage, no­tam­ment pour les vols sur la plage. On a dé­ci­dé de ne plus prendre nos té­lé­phones por­tables et cartes bleues quand on part à la mer ! » jurent Mi­reille, Da­nielle et Pa­trick, des Bour­gui­gnons.

Le lit­to­ral mé­di­ter­ra­néen avait bé­né­fi­cié de 117 CRS l’an pas­sé. Il en per­dra un tiers. « La plage reste sur­veillée… même a mi­ni­ma. Nous, on re­double d’at­ten­tion quand nos en­fants se baignent. C’est avant tout la res­pon­sa­bi­li­té des pa­rents, non ? » ajoutent Les­lie et Cin­dy, cou­sines ve­nues de Lyon avec leurs en­fants.

« Mais les CRS ne vé­hi­culent pas la même image que des sau­ve­teurs ci­vils. Ils in­carnent l’au­to­ri­té et évitent beau­coup d’in­ci­dents sur la plage. Et d’ac­ci­dents en mer », in­siste à son tour Jean-Sé­bas­tien Via­latte, maire de Six-Fours. D’au­tant que l’an der­nier, 88 noyades avaient été dé­plo­rées dans le Var.

« Leur pré­sence est très dis­sua­sive »

Le La­van­dou (Var), hier. Des maîtres na­geurs sau­ve­teurs ont été ap­pe­lés en ren­fort en at­ten­dant l’ar­ri­vée des CRS pour sur­veiller la bai­gnade.

« On re­double d’at­ten­tion quand nos en­fants se baignent », ex­pliquent Cin­dy et Les­lie.

Le La­van­dou, (Var) hier. Ma­rie-Claude et De­nis sont plus ras­su­rés avec les CRS.

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