« Avec le PS, le pacte fon­da­teur est rom­pu ! »

COUP DE GUEULE. Ab­sent de la réunion de la Belle Al­liance po­pu­laire du PS sa­me­di, le ra­di­cal Jean-Mi­chel Bay­let ac­cuse ses al­liés so­cia­listes de mé­pris.

Aujourd'hui en France - - POLITIQUE - Pro­pos re­cueillis par AVA DJAMSHIDI ET PAULINE THÉVENIAUD

JEAN-MI­CHEL BAY­LET, mi­nistre de l’Amé­na­ge­ment du ter­ri­toire et pa­tron of­fi­cieux du Par­ti ra­di­cal de gauche, ac­cuse le PS d’avoir or­ga­ni­sé une pri­maire dans son dos. Il ren­con­tre­ra Fran­çois Hol­lande ce soir. Pour­quoi le PRG s’est-il re­ti­ré de la Belle Al­liance po­pu­laire ? JEAN-MI­CHEL BAY­LET. Nous sommes loin de l’es­prit ori­gi­nel de la Belle Al­liance. L’ob­jec­tif était de lan­cer la base d’un large ras­sem­ble­ment dans la pers­pec­tive de la pré­si­den­tielle, qui au­rait pu se trans­for­mer un jour en un grand Par­ti de gauche. Quelques mois après, où en est-on ? Le PS règne sur la Belle Al­liance, à tel point que son pre­mier se­cré­taire se per­met d’an­non­cer qu’il y au­ra des pri­maires sans même en avoir in­for­mé les autres membres fon­da­teurs ! De­man­dez à Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis pour­quoi i l s e conduit comme ça. Qu’est-ce qu’ils ont à ga­gner à trai­ter leurs al­liés de la pire ma­nière, alors qu’il ne reste pas for­cé­ment grand monde ? Vous n’avez eu au­cun contact en amont ? Rien ! On a ap­pris l’exis­tence de ces pri­maires dans la presse. Ce n’est quand même pas une fa­çon de trai­ter ses al­liés les plus loyaux et les plus fi­dèles ! La lo­gique au­rait été d’en dis­cu­ter. Au fi­nal, la Belle Al­liance est de­ve­nue une struc­ture à des an­nées-lu­mière de ce que nous avions ima­gi­né. Elle n’est qu’un ou­til dans les mains du PS pour ré­gler ses pro­blèmes i nternes. Nous n’avons plus rien à faire là­de­dans. Vous vous sen­tez tra­hi ? Nous consi­dé­rons que le pacte fon­da­teur est rom­pu. La pré­si­dente du par­ti (NDLR : Syl­via Pi­nel, ex-mi­nistre du Lo­ge­ment) a de­man­dé à ren­con­trer la di­rec­tion du PS pour voir si on peut re­par­tir sur des bases saines ou si, dé­fi­ni­ti­ve­ment, ils consi­dèrent que la Bel- le Al­liance est un sa­tel­lite du Par­ti so­cia­liste. Mais ce n’est pas comme ça que nous al­lons ar­ri­ver à ga­gner en 2017. Etes-vous tout de même fa­vo­rable à la te­nue de pri­maires ? Fran­che­ment, elles n’ont pas lieu d’être si Fran­çois Hol­lande est can­di­dat. C’est le pré­sident sor­tant, il se­ra lé­gi­time pour re­pré­sen­ter la gauche de gou­ver­ne­ment. Vous voyez Hol­lande al­ler dé­battre avec Gé­rard Fi­loche et Ma­rie-Noëlle Lie­ne­mann ? On s’en pas­se­rait très bien quand même ! Vous ne par­ti­ci­pe­rez donc pas à ce pro­ces­sus… S’il y a des pri­maires, il ap­par­tien­dra au PRG d’en dé­ci­der au mois de sep­tembre. Mais il n’est pas pen­sable que nous y pre­nions part sans être as­so­ciés à leur pré­pa­ra­tion. Pour des ques­tions de fond et de forme. Ce se­rait d’un mé­pris to­tal. Pour­riez-vous être à nou­veau can­di­dat ? Je suis membre du gou­ver­ne­ment. Je vois mal com­ment un ou une mi­nistre peut être can­di­dat à une pri­maire. Quand on est dans l’exé­cu­tif, on est là pour tra­vailler aux cô­tés du pré­sident de la Ré­pu­blique et du Pre­mier mi­nistre pour le meilleur in­té­rêt de la France et des Fran­çais. Je vois mal un mi­nistre par­ti­ci­per à ces pri­maires.

« On a ap­pris l’exis­tence de ces pri­maires dans la presse » « Vous voyez Fran­çois Hol­lande al­ler dé­battre avec Gé­rard Fi­loche et Ma­rie-Noëlle Lie­ne­mann ? »

Qui pour­rait alors por­ter les cou­leurs du PRG ? Il ap­par­tient au par­ti de le dé­si­gner. Mais, là en­core, la lo­gique et la lé­gi­ti­mi­té, c’est que ce soit la pré­si­dente ou le pré­sident du par­ti qui porte le flam­beau ra­di­cal dans les pri­maires. Gar­dez-vous un bon sou­ve­nir des pri­maires de 2011 ? Ce­la a été une vé­ri­table aven­ture. J’en garde un ex­cellent sou­ve­nir, même si le score n’a pas été à la hau­teur de mes am­bi­tions. Et je crois que, po­li­ti­que­ment, ce­la a per­mis au Par­ti ra­di­cal de gauche de mar­quer des points. Le PS avait-il été fair-play à l’époque ? Je fais des cam­pagnes élec­to­rales de­puis qua­rante ans. C’est comme le rug­by, c’est of­fi­ciel­le­ment fair­play, mais, de temps en temps, on re­lève les mê­lées. Une com­pé­ti­tion, c’est une com­pé­ti­tion. Ce n’est pas les Bi­sou­nours. Mais il n’y a pas eu dé­bor­de­ments. Quel bi­lan ti­rez-vous de votre ac­tion au mi­nis­tère ? Dès mon ar­ri­vée, j’ai dit que, pour moi, le maître mot était sta­bi­li­té. Sta­bi­li­té ins­ti­tu­tion­nelle, sta­bi­li­té fi­nan­cière. Les col­lec­ti­vi­tés et leurs élus ont été beau­coup se­coués ces der­nières an­nées par de très nom­breuses ré­formes. Ma vo­lon­té est donc d’apai­ser. Beau­coup d’ini­tia­tives ont été prises pour mon­trer aux élus qu’on les avait en­ten­dus. Quel sou­ve­nir per­son­nel gar­dez-vous de Mi­chel Ro­card ? C’est beau­coup d’émo­tion, car j’ai été dans son gou­ver­ne­ment quand il était Pre­mier mi­nistre. Je garde de lui l’image d’un vi­sion­naire vi­brion­nant. Il avait, sur tous les su­jets, cent cou­dées d’avance, avec des convic­tions che­villées au corps. C’était un for­mi­dable ca­pi­taine. Il ani­mait son équipe de ma­nière re­mar­quable. On avait tous en­vie de se faire cou­per en ron­delles pour lui. @AvaD­jam­shi­di @Pau­li­ne_Th

Pa­ris, ven­dre­di. JeanMi­chel Bay­let ne se voit pas en­trer à nou­veau dans la course à la pré­si­den­tielle : « Je vois mal com­ment un mi­nistre peut être can­di­dat. »

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