Der­nier tour de piste dans la rue et à l’As­sem­blée

LOI TRA­VAIL. Pour la 12e fois, les op­po­sants au texte des­cendent au­jourd’hui dans la rue. Au même mo­ment, les dé­pu­tés vont ré­exa­mi­ner le texte, sous la me­nace im­mi­nente d’un re­cours au 49-3.

Aujourd'hui en France - - ÉCO­NO­MIE - CA­THE­RINE GAS­TÉ

LES AN­NALES SO­CIALES s’en sou­vien­dront… C’est au­jourd’hui la dou­zième jour­née de ma­ni­fes­ta­tion na­tio­nale, après quatre mois de mo­bi­li­sa­tion des op­po­sants à la loi Tra­vail. Ils fe­ront, à l’ap­pel de sept syn­di­cats, leur der­nier tour de piste avant les va­cances. Le se­cré­taire de FO JeanC­laude Mailly, tou­jours sur la même lon­gueur d’onde que la CGT — con­trai­re­ment aux ru­meurs de ces der­niers jours —, a sif­flé hier la fin de par­tie es­ti­vale : « Ce se­ra la der­nière. On ne ma­ni­fes­te­ra pas cet été. »

His­toire de lais­ser souf­fler les troupes, mais sur­tout de ré­flé­chir à un nou­veau plan de ba­taille à me­ner dès la ren­trée. Car, si d’ici là la co­lère pro­met de ne pas re­tom­ber, le pro­jet de loi, lui, se­ra bel et bien vo­té. Avec le fa­meux ar­ticle 2, épou­van­tail des ma­ni­fes­tants. La fer­me­té de Fran­çois Hol­lande et l’au­to­ri­ta­risme de Ma­nuel Valls l’ont em­por­té. La se­maine der­nière, ils fer­maient la porte dé­fi­ni­ti­ve­ment aux op­po­sants : la loi se­ra vo­tée, mo­bi­li­sa­tion ou pas.

Un très lé­ger lif­ting du texte

Les dé­pu­tés ap­pe­lés dès 15 heures à exa­mi­ner le texte sont priés de faire vite, comme l’a lais­sé en­tendre hier le Pre­mier mi­nistre. Sous la me­nace d’un nou­veau 49-3, ils exa­mi­ne­ront au pas de course le pro­jet de loi, ex­pur­gé de sa ver­sion re­vue et cor­ri­gée à la sauce li­bé­rale dé­com­plexée par le Sé­nat. Le texte cor­res­pond à quelques points prêts à la mou­ture adop­tée en pre­mière lec­ture avant l’exa­men au Sé­nat. Avec néan­moins un très lé­ger lif­ting. Le nom, d’abord, a chan­gé : « le pro­jet de loi vi­sant à ins­ti­tuer de nou­velles li­ber­tés et de nou­velles pro­tec­tions pour les en­tre­prises et les ac­tifs » de­vient le « pro­jet de loi re­la­tif au tra­vail, à la mo­der­ni­sa­tion du dia­logue so­cial et à la sé­cu­ri­sa­tion des par­cours pro­fes­sion­nels ». Sur le fond, au-de­là de quelques ré­écri­tures çà et là, si rien n’a chan­gé sur l’ar­ticle 2 tant dé­crié par les op­po­sants, des pe­tites conces­sions de der­nière mi­nute ont été faites en com­mis­sion des Af­faires so­ciales avec ac­cord du gou­ver­ne­ment. Ob­jec­tif : ten­ter de ral­lier les der­niers ré­cal­ci­trants du PS et des fron­deurs.

Lâ­ché par Ma­nuel Valls aux par­te­naires so­ciaux lors des con­sul­ta­tions la se­maine der­nière, le ren­for­ce­ment du rôle des branches est l’une des seules nou­veau­tés : la pé­ni­bi­li­té et l’éga­li­té pro­fes­sion­nelle entre les sexes sont ajou­tées aux quatre do­maines (sa­laires mi­ni­mums, for­ma­tion, mu­tuelle com­plé­men­taire et qua­li­fi­ca­tion) dans les­quels les ac­cords col­lec­tifs priment né­ces­sai­re­ment sur les ac­cords d’en­tre­prise. Près de 800 amen­de­ments ont été dé­po­sés, dont une bonne part sur le fa­meux ar­ticle 2 qui pro­met des dé­bats hou­leux. Pour la plu­part des ac­teurs du dos­sier, la messe est pour­tant dite : il se­ra qua­si im­pos­sible d’échap­per à une adop­tion du texte avec le 49-3. Hier soir, deux scé­na­rios étaient sur la table : soit le gou­ver­ne­ment dé­gaine sans at­tendre son arme fa­tale avec un Conseil des mi­nistres ex­tra­or­di­naire ce jour, soit il pa­tiente au plus tard jus­qu’à de­main pour le Conseil des mi­nistres ha­bi­tuel… IN­TER­AC­TIF le­pa­ri­sien.fr Le prin­temps de la con­tes­ta­tion EN DI­RECT le­pa­ri­sien.fr

Pa­ris, le 28 juin. Les op­po­sants à la loi Tra­vail se­ront dans la rue une der­nière fois au­jourd’hui avant la pause es­ti­vale.

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