Tout pour croire au

Si les Bleus ne par­ti­ront pas avec la fa­veur des pro­nos­tics, jeu­di contre l’Al­le­magne, ils ont suf­fi­sam­ment d’atouts dans leur manche pour se his­ser en fi­nale. Ré­mi Bru­gue­ra

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS -

L’AL­LE­MAGNE a beau être cham­pionne du monde et fa­vo­rite face à la France jeu­di à Mar­seille en de­mi-fi­nale de l’Eu­ro, les Bleus peuvent ob­jec­ti­ve­ment ren­ver­ser la Mann­schaft. Dé­cryp­tage en cinq points. La France do­mine ac­tuel­le­ment le clas­se­ment des at­taques dans le tour­noi avec 11 buts, de­vant le Pays de Galles (10 réa­li­sa­tions). Elle pos­sède avec An­toine Griez­mann le meilleur avant-centre de l’Eu­ro, de plus en plus can­di­dat au Bal­lon d’or si les Bleus pour­suivent l’aven­ture. Toute la ligne of­fen­sive fran­çaise est dan­ge­reuse, de Payet (3 buts, 2 passes dé­ci­sives) à Gi­roud (3 et 2) en pas­sant évi­dem­ment par Gri­zou (4 et 2).

Ce po­ten­tiel-là, au­cun membre du der­nier car­ré ne l’a. Le trio va se frot­ter à une dé­fense ul­tra-ef­fi­cace (un but en­cais­sé, sur pé­nal­ty), avec un gar­dien ex­cep­tion­nel. C’est un pro­blème, mais le tri­dent Tri­co­lore ar­rive en forme. Payet garde sa ca­pa­ci­té à dé­blo­quer une par­tie grâce à ses frappes loin­taines. Gi­roud est dans une telle confiance que son ni­veau aug­mente mé­ca­ni­que­ment et Griez­mann a le pro­fil pour gê­ner les grands dé­fen­seurs al­le­mands, comme il l’a dé­mon­tré face au Bayern Mu­nich avec l’At­lé­ti­co de Ma­drid en Ligue des cham­pions. Le Mâ­con­nais VI­DÉOS est au bord du sta­tut de joueur de classe mon­diale, ce cé­nacle fer­mé qui loge les Mes­si, CR7, Bale, Buf­fon… Cette at­taque, c’est d’abord ce que re­doutent les Al­le­mands à les écou­ter ou à les lire.

Une at­taque de feu Un Mar­seille en fu­sion Une tac­tique évo­lu­tive

C’est la ville fran­çaise qui vit le plus pour le foot­ball. Ce­la tombe bien : le pu­blic au­ra un rôle es­sen­tiel voire dé­ci­sif jeu­di. La fo­lie du Vé­lo­drome peut sus­ci­ter ou dé­clen­cher des com­por­te­ments in­ouïs, per­mettre aux joueurs de trou­ver des res­sorts in­soup­çon­nés. En 1984, en de­mi-fi­nale contre le Por­tu­gal, c’est le stade qui a por­té Jean Ti­ga­na, au­teur de la che­vau­chée du siècle pour ser­vir en re­trait Mi­chel Pla­ti­ni au­teur du but de la vic­toire (3-2) en pro­lon­ga­tion.

Les sup­por­teurs ne marquent pas de buts mais leur fer­veur trans­forme sou­vent une équipe. Les Mar­seillais de­vront éga­le­ment conti­nuer à sou­te­nir les Bleus si le scé­na­rio du match s’en­gage mal pour eux. Les Al­le­mands en ont vu d’autres mais il faut leur pro­mettre l’en­fer dès le dé­but. Les Bleus ont des re­pères au Stade-Vé­lo­drome après le France - Al­ba­nie (2-0) du 15 juin mais dans la cha­leur et la fer­veur, dans un mé­lange de 1984 et de la pas­sion vé­cue sous Biel­sa (2014-2015), les Mar­seillais se­ront les porte-pa­role des 20 mil­lions de per­sonnes at­ten­dues de­vant leur té­lé­vi­sion. Les Fran­çais rêvent de des­cendre dans la rue et Mar­seille doit mon­trer la voie ! Didier Des­champs n’est pas le seul à chan­ger d’or­ga­ni­sa­tion. Joa­chim Löw, son ho­mo­logue al­le­mand, est adepte de la mo­di­fi­ca­tion et de l’adap­ta­tion, pas­sant du 4-3-3 au 3-5-2 pour contrer par exemple les Ita­liens qui jouent aus­si dans ce sys­tème. L’Al­le­mand doit se de­man­der dans quel sché­ma les Bleus se pré­sen­te­ront jeu­di. 4-4-2 avec Sis­so­ko ? 4-3-3 avec Kan­té ? Fran­che­ment, ça change pas mal de choses même si ses pro­té­gés pa­raissent sûrs de leurs forces.

En re­vanche, ils doivent s’en dou­ter : Des­champs re­vien­dra à une char­nière Ra­mi-Kos­ciel­ny qu’il a ins­tal­lée de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion. Même si tout n’est pas par­fait avec cette paire (Ra­mi est en cause, pas Kos­ciel­ny) et qu’Um­ti­ti n’a pas dé­mé­ri­té contre l’Is­lande, elle donne le plus de ga­ran­ties.

Qu’il dé­bute avec deux pointes ou trois mi­lieux, le sé­lec­tion­neur na­tio­nal sait qu’il peut à tout mo­ment pas­ser d’une tac­tique à l’autre. C’est une force de maî­tri­ser plu­sieurs sys­tèmes alors que les Al­le­mands sont li­mi­tés par les sus­pen­sions et les for­faits.

Si le pa­tron des Bleus pend des risques et choi­sit le 4-4-2, Griez­mann se­ra dans les meilleures condi­tions, de quoi sans doute dé­sta­bi­li­ser la Mann­schaft. S’il en­clenche le 4-3-3 et que la France est me­née, il sor­ti­ra Kan­té pour Sis­so­ko. 20 ans, étu­diant Stras­bourg (67) Au­tant au Mon­dial 2014, les Al­le­mands avaient af­fron­té les Fran­çais en quart de fi­nale avec tout leur ta­lent et toute leur puis­sance, au­tant cette fois, ce n’est pas le cas. Les cham­pions du monde se­ront sans l’un de leurs dé­fen­seurs cen­traux ti­tu­laires Hum­mels, sans leur mi­lieu de ter­rain box to box Khe­di­ra, sans leur op­tion nu­mé­ro 1 en at­taque Go­mez et peut-être même sans leur ca­pi­taine Sch­weins­tei­ger.

Hor­mis le gar­dien Neuer, c’est toute l’épine dor­sale de la Mann­schaft qui pour­rait man­quer jeu­di contre les Bleus. Avec l’ab­sence de Hum­mels, les Al­le­mands ont per­du leur meilleur re­lan­ceur, un re­dou­table joueur de tête comme il l’avait mon­tré avec son but en 2014 et un vrai lea­deur. Sans Khe­di­ra, ils au­ront moins de per­cus­sion. Le Tu­ri­nois est ce­lui qui se pro­jette et crée des es­paces par ses ap­pels de­puis le mi­lieu. La bles­sure de Go­mez les prive de leur seul avant-centre de mé­tier, deux buts dans ce tour­noi. En 2014, les Bleus avaient l’es­poir de battre l’Al­le­magne. En 2016, ils en ont la convic­tion. « On res­pecte beau­coup cette grande équipe. Ils sont re­dou­tables mais nous avons des armes à faire va­loir. On peut se per­mettre de rê­ver, sans s’en­flam­mer. On sait que c’est réa­li­sable. Il y a une belle re­vanche à prendre et tous les in­gré­dients font que l’on peut faire quelque chose de grand », confie Blaise Ma­tui­di. « Bien sûr. Les Al­le­mands dé­plorent beau­coup de bles­sés. Pour ga­gner un Eu­ro, il faut une co­lonne ver­té­brale forte : un bon gar­dien, un bon dé­fen­seur, un bon mi­lieu et un bon at­ta­quant. Ils ont seule­ment Neuer. En plus, on est chez nous, il va y avoir tout un peuple pour pous­ser. Et puis, la tac­tique de Des­champs a en­fin payé en quarts. Après, la chance entre aus­si en jeu. On ver­ra. »

Une Al­le­magne di­mi­nuée Des Tri­co­lores confiants comme ja­mais

Hu­go Lloris ne parle pas de re­vanche mais il croit l’ex­ploit pos­sible : « Ce n’est pas fi­ni pour nous. On est am­bi­tieux, on a en­vie de conti­nuer l’aven­ture. Ils ont tou­jours un peu plus d’ex­pé­rience que nous, mais il ne faut pas avoir peur. On a ce qu’il faut dans toutes les lignes », sou­tient le ca­pi­taine tri­co­lore.

Mous­sa Sis­so­ko, lui, n’a pas di­gé­ré 2014. « On l’a tou­jours en tra­vers de la gorge. A nous de mon­trer qu’on a mû­ri, qu’on a gran­di. On a tous re­gar-

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