Six choses à sa­voir sur Re­na­to Sanches

Aujourd'hui en France - - L’ACTUALITÉ DES RÉGIONS - SYL­VIE DE MACEDO (AVEC A. J. EN AL­LE­MAGNE)

IL EST LA RÉ­VÉ­LA­TION de cet Eu­ro. Qua­li­fié de « phé­no­mène » et de « meilleur joueur » de la com­pé­ti­tion par Car­lo An­ce­lot­ti, son fu­tur coach au Bayern, le jeune Re­na­to Sanches a dé­jà conquis toute l’Eu­rope. « C’est un ga­min plein de ta­lent. Il vaut à 100 % les 35 M€ (NDLR : la somme in­ves­tie par le club ba­va­rois) » , s’est ain­si en­thou­sias­mé, la se­maine pas­sée, l’an­cien Man­cu­nien Ryan Giggs, à pro­pos du Por­tu­gais. Il y a en­core dix mois, le Lu­si­ta­nien évo­luait pour­tant avec l’équipe B de Ben­fi­ca. Re­tour sur une as­cen­sion ful­gu­rante. Mieux que Cris­tia­no Ro­nal­do. Agé de 18 ans et 10 mois, le jeune mi­lieu de la Se­lec­ção cu­mule les re­cords de pré­co­ci­té. Lors de cet Eu­ro, il a ain­si dé­trô­né un cer­tain Cris­tia­no Ro­nal­do en étant le plus jeune joueur du Por­tu­gal à par­ti­ci­per à une grande com­pé­ti­tion in­ter­na­tio­nale (NDLR : contre l’Is­lande), à dé­bu­ter un match et à mar­quer (contre la Po­logne). Lors de ce quart de fi­nale, Re­na­to Sanches est aus­si de­ve­nu le plus jeune bu­teur de l’his­toire de l’Eu­ro en phase à éli­mi­na­tion di­recte.

Un trans­fert à 35 M€ + 45 M€ de bo­nus. Il dis­pute son pre­mier match pro avec Ben­fi­ca le 30 oc­tobre der­nier. Sanches, dont l’agent est le cé­lèbre Jorge Mendes, comme pour CR7 et Mou­rin­ho, a très vite sus­ci­té la convoi­tise des plus grands clubs. Man­ches­ter Uni­ted le su­per­vise 24 fois. Fi­na­le­ment, le Bayern Mu­nich l’ar­rache en mai pour 35 M€. Un mon­tant au­quel il faut ra­jou­ter 45 M€ de bo­nus, soit 5 M€ à chaque tranche de 25 matchs joués et 20 M€ sup­plé­men­taires s’il fi­gure un jour par­mi les 23 nom­més au Bal­lon d’or ou dans l’équipe Fifa de l’an­née. « Il pos­sède une belle marge de pro­gres­sion, mais il est dé­jà très fort et peut al­ler très loin. Le prix de son trans­fert est jus­ti­fié », nous ex­plique Karl-Heinz Rum­me­nigge, pré­sident du Bayern Mu­nich. Cla­rence See­dorf pour idole. « C’est un joueur très dy­na­mi- que, re­dou­table dans les duels et tech­ni­que­ment très doué, dé­crit Rum­me­nigge. Il est éga­le­ment ra­pide et puis­sant. » Cer­tains le com­parent à Ed­gar Da­vids pour le style et à Cla­rence See­dorf pour la ges­tuelle. Sanches est d’ailleurs un grand fan de ce der­nier. « C’est une ré­fé­rence. Il a un style de jeu qui res­semble au mien », di­sait-il en mars. Et comme son idole néer­lan­daise, le Por­tu­gais af­fiche fiè­re­ment des dread­locks. Des cris de singe l’ef­fleurent à peine. Ses co­équi­piers s’ac­cordent à sou­li­gner sa grande ma­tu­ri­té ain­si que son sens de l’hu­mour et de la ré­par­tie. En avril, après un match de Ben­fi­ca à Rio Ave, quelques sup­por­teurs du club ad­verse l’ont ain­si in­ter­pel­lé avec des cris de singe. Le joueur n’a alors pas hé­si­té en quit­tant le ter­rain à ré­pondre à ces pro­vo­ca­tions ra­cistes en mi­mant l’ani­mal. Il au­rait pu ar­rê­ter le foot. D’ori­gine cap­ver­dienne, Re­na­to Sanches a gran­di dans un des quar- tiers les plus pauvres de Lis­bonne. Il a com­men­cé à jouer au foot dans la rue avant d’être re­pé­ré par le club du coin, As Aguias da Mus­guei­ra. « A 8 ans, il avait dé­jà de grandes qua­li­tés de vi­tesse. Mais il était aus­si très pe­tit, ché­tif, ra­conte son pré­sident, An­to­nio Qua­dros. Il se pre­nait des sa­crés coups. Un jour, il m’a dit qu’il en avait as­sez, qu’il vou­lait ar­rê­ter. Je l’ai convain­cu de conti­nuer. Un an plus tard, Ben­fi­ca le re­cru­tait. » Sa date de nais­sance a fait dé­bat. Son âge a été mis en doute, no­tam­ment par les di­ri­geants de l’autre club de Lis­bonne, le Sporting. Sur sa carte d’iden­ti­té, sa date de nais­sance est le 18 août 1997. Mais son père, par­ti en France aus­si­tôt après sa ve­nue au monde, l’a seule­ment dé­cla­ré à l’état ci­vil en 2002.

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