Di­rect Ener­gie a rou­lé pour Ro­main

Les cou­reurs de l’équipe fran­çaise avaient dé­ci­dé de rendre hom­mage à un jeune équi­pier dé­cé­dé en mars, et ils se sont mis en évi­dence grâce à Co­quard, 3e, et Voe­ck­ler, échap­pé.

Aujourd'hui en France - - SPORTS - An­gers (Maine-et-Loire) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux OLI­VIER FRAN­ÇOIS (AVEC D.O.)

I L AL­LAIT DE­VE­NIR l’un des leurs. A leurs yeux, il l’était dé­jà. Pour cer­tains, c’était même un frère. Ro­main Guyot de­vait in­té­grer l’équipe pro de Di­rect Ener­gie cette sai­son et dis­pu­ter son pre­mier Tour de France. Il avait 23 ans. Il est mort le 3 mars der­nier, fau­ché par un ca­mion sur une route d’en­traî­ne­ment.

Il était né à An­gers, où son co­pain Bryan Co­quard, de six mois son aî­né, a joué la gagne, hier. Por­té par un feu sa­cré, le sprin­teur et chef de file de Di­rect Ener­gie a ter­mi­né troi­sième der­rière Ca­ven­dish et Grei­pel, mais de­vant Sa­gan ou Kit­tel. « Après sa dis­pa­ri­tion, ça a été dur, sou­ligne le jeune homme à la mine en­fan­tine. J’ai per­du un ami, un membre de notre fa­mille. Nous sommes en deuil. Avec An­ge­lo Tu­lik, on était très proche de lui et on a dé­ci­dé de lui rendre hom­mage sur ses terres. On avait tous un li­se­ret rouge sur la manche droite avec son nom écrit des­sus. » Et Co­quard lui a of­fert un po­dium. « Je suis un peu dé­çu, car il n’a pas man­qué grand-chose, pour­suit-il. J’étais dans le vent et j’ai fait un très, très gros sprint. Ça fait du bien de sen­tir que l’équipe est sou­dée au­tour de moi et croit vrai­ment en moi. Dès que j’au­rai l’oc­ca­sion, je la sai­si­rai. »

Beau­coup d’émo­tion pour Ber­nau­deau

Tho­mas Voe­ck­ler, 37 ans, le doyen et ca­pi­taine de Di­rect Ener­gie, s’est éga­le­ment mon­tré sur les routes du Maine-et-Loire. Il a re­joint Ar­min­do Fon­se­ca (For­tu­neo), échap­pé de­puis le dé­part, dans le deuxième tiers du par­cours et leur es­ca­pade com­mune a pris fin à 8 km du but. « Je suis sor­ti parce que c’était un peu en­nuyeux pour tout le monde, ex­plique-t-il.

A au­cun mo­ment je n’ai pen­sé que ça pou­vait al­ler au bout, mais j’avais en­vie de me faire plai­sir. Je suis fier d’avoir rem­por­té le prix de la com­ba­ti­vi­té, même si peut-être qu’Ar­min­do le mé­ri­tait plus. En tout cas, ce n’était pas mon ob­jec­tif et ce n’était pas cal­cu­lé par rap­port à l’hom­mage. Nous pen­sons sou­vent à Ro­main. Nous avons ins­crit son nom sur le maillot pour nous, pour ses proches, pour mon­trer qu’on ne l’ou­blie pas, mais notre idée n’est pas d’en par­ler. »

Un peu plus l oin, ados­sé à son bus, JeanRe­né Ber­nau­deau, le ma­na­geur, re­tient dif­fi­ci­le­ment ses larmes. « Il y a beau­coup d’émo­tion, souffle-t-il. C’est dur de l’évo­quer. Les actes valent mieux que les pa­roles. Ro­main avait sa place chez nous, il at­ten­dait son tour et il ar­ri­vait. » La gorge se serre, les mots se perdent et Ber­nau­deau pré­fère re­ve­nir sur la course : « Je suis content de mes gars. Ils ont fait un sans-faute. Une troi­sième place, ce n’est pas une dé­faite. On est dans le Tour de France face à Kit­tel, Grei­pel, Sa­gan et Ca­ven­dish ! Je suis fier de Bryan. Il lui manque peut-être une an­née de tra­vail pour se re­trou­ver sur la pre­mière marche. On va re­mettre ça très vite. Quant à Tho­mas, vu son âge, il avait be­soin de se dé­gour­dir les jambes. Rou­ler 75 km en tête lors d’une étape de tran­si­tion ne va pas lui coû­ter très cher. »

On de­vrait donc ra­pi­de­ment re­voir le duo ani­mer des étapes. D’au­tant que, se­lon Ber­nau­deau, le pro­fil de l’ar­ri­vée, au­jourd’hui, convient en­core mieux à Co­quard…

An­gers (Maine-et-Loire), hier. Bryan Co­quard, le sprin­teur de Di­rect Ener­gie (ici à g., 3e de l’étape), a tout ten­té pour ga­gner à An­gers. Ville dont était ori­gi­naire son équi­pier Ro­main Guyot (mé­daillon), fau­ché par un ca­mion sur une route d’en­traî­ne­ment.

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