Les larmes de Marc Ma­diot en pas­sant par Re­na­zé

Aujourd'hui en France - - SPORTS - De Gran­ville (manche) à An­gers (Maine-et-Loire) De l’un de nos en­voyés spé­ciaux DA­VID OPOCZYNSKI

ET, SOU­DAIN, à la sor­tie du vi­rage qui dé­bouche sur la ligne droite vers Re­na­zé, Marc Ma­diot fond en larmes. Au vo­lant de la voi­ture de la FDJ, le ma­na­geur de 57 ans craque, sub­mer­gé par l’émo­tion. « A ce mo­ment-là, tu re­vis ton pas­sé », di­ra-t-il plus tard, après avoir été fê­té par son vil­lage na­tal et beau­coup de ses 2 600 ha­bi­tants. Nous avons ac­com­pa­gné le Mayen­nais à l’oc­ca­sion de son pas­sage sur ses terres. 11 h 20. « Al­lez Marc, al­lez Re­na­zé ! » La voi­ture du double vain­queur de Pa­ris-Rou­baix (1985, 1991) passe la ligne de dé­part sous les en­cou­ra­ge­ments d’un spec­ta­teur. Fré­dé­ric Grappe, di­rec­teur de la per­for­mance de l’équipe, est son pas­sa­ger. Très vite, l’ac­tua­li­té du jour entre au coeur de leurs échanges. « Re­na­zé, c’est notre jeu­nesse », sou­pire Ma­diot. « C’était quelque chose quand même, sou­rit Grappe en re­pen­sant aux in­tenses stages de cy­clo-cross de la FDJ. Wig­gins, il était cra­mé, on l’al­lon­geait sur la ban­quette ar­rière ! Il a dû se dire qu’il était tom­bé sur des gars com­plè­te­ment cin­glés ! » 12 heures. Comme tout au long de la jour­née, le ré­seau té­lé­pho­nique ne fonc­tionne guère. Fred Grappe, le Dou­biste, chambre son com­plice. « En Mayenne, on veut être tran­quille, on ne veut pas d’em­merde ! » ré­pond Ma­diot. Un ap­pel par­vient mal­gré tout en pro­ve­nance de Re­na­zé. On dis­tingue des chants. « Ils sont prêts », glisse Ma­diot. 12 h 47. Au bord de la route, des spec­ta­teurs pique-niquent. « Ah, ça com­mence à sen­tir la sau­cisse ! » se ré­jouit Ma­diot. 13 h 10. « Sa­tis­fac­tion » des Rol­ling Stones, dont l’in­tro est la son­ne­rie de té­lé­phone de Ma­diot, tourne à fond dans la voi­ture. « Ça met dans l’am­biance pour ar­ri­ver en Mayenne ! » dit-il. 14 h 8. Une pho­to pos­tée de Re­na­zé par­vient sur le por­table de Fred Grappe. « C’est qui ? » in­ter­roge Ma­diot. « Mais c’est ma fran­gine ! » lance-t-il en dé­cou­vrant l’in­té­res­sée vê­tue d’une per­ruque bleu­blanc-rouge. 14 h 30. Ar­ri­vé dans Cuillé, Marc Ma­diot cherche en vain à aper­ce­voir la femme d’An­dré Fou­cher, 82 ans, l’an­cien cou­reur fran­çais. De­vant la mai­son du « Père Fou­cher », comme il l’ap­pelle, le ma­na­geur charge un ha­bi­tant de lui trans­mettre son sa­lut. 15 heures. Jean-Re­né Ber­nau­deau, le ma­na­geur de Di­rect Ener­gie, se porte à la hau­teur de la voi­ture de la FDJ. Ma­diot en pro­fite pour l’in­vi­ter à sa fête à Re­na­zé. 15 h 15. Ma­diot a sé­ché ses larmes quand il s’ar­rête sur le cô­té gauche de la route, à l’en­trée du vé­lo­drome Marc-et-Yvon-Ma­diot. Une foule consi­dé­rable l’at­tend. L’am­biance est cha­leu­reuse. « Il ne manque que ma femme et mon fils », re­grette-til. Son père, dis­pa­ru il y a trois ans, lui manque aus­si. Pu­dique, il n’en par­le­ra pas. Pa­trick Gaul­tier, le maire de Re­na­zé, avec qui Marc Ma­diot sprin­tait à l’is­sue des 20 km de tra­jets quo­ti­diens pour ren­trer du col­lège de Se­gré, est ému. « Les frères Ma­diot sont des gens qui sont res­tés fi­dèles à leurs ra­cines, glisse-t-il. On est des gens de la terre. On est d’ici… » 16 h 28. Comme pro­mis, Ch­ris­tian Prud­homme, le di­rec­teur du Tour, s’est ar­rê­té pour sa­luer Ma­diot, qui re­part en­fin vers An­gers. « Là, c’est ma coif­feuse ! » in­dique-t-il en tra­ver­sant Re­na­zé. Les der­niers ki­lo­mètres jus­qu’à An­gers s’ef­fec­tuent à grands coups de klaxon pour sa­luer la foule. 17 h 40. La voi­ture se gare près du bus FDJ. « Et voi­là… » lâche Ma­diot. On sait qu’il a ap­pré­cié sa jour­née. « C’était bien, oui… » conclut-il. le­pa­ri­sien.fr Re­na­zé a fê­té Marc Ma­diot

Re­na­zé (Mayenne), hier. Marc Ma­diot, le ma­na­geur de la FDJ a res­sen­ti beau­coup d’émo­tion après avoir été fê­té par son vil­lage na­tal et beau­coup de ses 2 600 ha­bi­tants.

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