C’est le hé­ros des mo­tards

ROCK. De­puis des dé­cen­nies, « Born to be Wild » est l’hymne des bi­keurs. John Kay, du groupe Step­pen­wolf, ve­nu en France pour un seul concert, nous a ra­con­té son his­toire.

Aujourd'hui en France - - LOISIRS ET SPECTACLES - John Kay, chan­teur de Step­pen­wolf ÉRIC BU­REAU

C’EST UN CRI de ral­lie­ment. De­puis près d’un de­mi-siècle, « Born to be Wild » est l’hymne pla­né­taire des mo­tards. Ren­du cé­lèbre en 1969 par « Ea­sy Ri­der », l’épo­pée de bi­keurs de Den­nis Hop­per, il fi­gure dans un mil­lier de films, feuille­tons et sé­ries té­lé­vi­sées, mais a lais­sé dans l’ombre ses créa­teurs : le groupe de rock amé­ri­ca­no-ca­na­dien Step­pen­wolf — nom ti­ré du livre « le Loup des steppes » d’Her­mann Hesse —, son au­teur-com­po­si­teur, Mars Bon­fire, et sa voix, John Kay, der­nier membre ori­gi­nel à per­pé­tuer le mythe.

Après dix-huit ans d’ab­sence, John Kay, 72 ans, et Step­pen­wolf ont don­né leur plus gros concert fran­çais ce week-end à l ’ Ame­ri c a n Tour s F e s t i v a l , d e v a nt 8 000 fans. Et, di­manche soir, il nous a ac­cor­dé un en­tre­tien dans l’hô­tel de Rois­sy où il at­ten­dait son avion pour Los An­geles… et le match France - Is­lande. « Je suis na­tu­ra­li­sé amé­ri­cain, mais je suis eu­ro­péen dans l’âme et, donc, j’aime le foot­ball et la France. J’y suis sou­vent ve­nu avec mon épouse, Jut­ta. »

Une autre femme a comp­té dans sa vie. « Ma mère m’a sau­vé la vie plu­sieurs fois », confie-t-il. C’était à l’époque où John Kay s’ap­pe­lait Joa­chim Krau­le­dat. « Je suis né à la fin de la Se­conde Guerre mon­diale, à Til­sit, ja­dis en Prusse, au­jourd’hui en Russie, ra­conte-t-il. Mon père est mort sur le front russe un mois avant ma nais­sance. Ma mère m’a pris dans un train et nous avons fui les chars russes. En 1948, nous nous sommes éva­dés de l’Al­le­magne de l’Est. » Après dix ans à Ber­lin-Ouest et dix ans au Ca­na­da, il s’est ins­tal­lé à Los An­geles. « Step­pen­wolf est né dans un ga­rage. Nous com­po­sions des chan­sons pour notre pre­mier al­bum lorsque notre bat­teur nous a fait écou­ter la cas­sette de son frère. Le son était pour­ri, mais il y avait Born to be Wild. »

En­re­gis­tré en quatre jours, le pre­mier al­bum de Step­pen­wolf s’est ven­du à un mil­lion d’exem­plaires. Six al­bums ont sui­vi jus­qu’en 1972. « Nous étions trop po­li­tiques pour connaître le suc­cès, es­time John Kay. Mais, par bon­heur, Born to be Wild a voya­gé dans le monde en­tier. Les GI l’écou­taient au Viêt Nam, elle a été jouée sur Mars par la Na­sa lors­qu’ils ont po­sé leurs ro­bots en 2004. »

Après une tour­née d’adieux pour les 40 ans de Step­pen­wolf, en 2007, John Kay a re­ven­du tous les droits du groupe et s’est mis « à la re­traite ». « Je me consacre à ma fon­da­tion pour la dé­fense des ani­maux. Je ne veux plus faire qu’une quin­zaine de concerts par an, que je choi­sis en fonc­tion du lieu et de l’argent qu’on ré­colte pour les mu­si­ciens et ma fon­da­tion. » Re­vien­dra-til en France pour les 50 ans du groupe, l’an pro­chain ? « J’ai­me­rais re­jouer à Pa­ris. Ce que vous avez su­bi m’a bou­le­ver­sé. »

« “Born to be Wild” a voya­gé dans le monde en­tier »

Rois­sy (Seine-Saint-De­nis), di­manche. John Kay, le lea­deur de Step­pen­wolf, était de pas­sage en France à l’oc­ca­sion de l’Ame­ri­can Tours Fes­ti­val.

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